| Sa Meute: "50 contre 1" | ||
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| Auteur : Van Belag | Note : 10 / 10 | |
| Le black métal est exclu de Heavylaw, une musique si noire et brutale ne peut figurer sur ce webzine réservé à l'élite, à la crème du public métal français. Ses membres ont juré devant le panthéon nordique de toujours respecter ce dogme: ne traiter que le métal mélodique. Pourtant le site évolue, les modes passent. Beaucoup de chroniqueurs ont maintenant tendance à reconnaître la qualité de certains morceaux tirant plus vers le folk, voir la pop et le rock, c'est-à-dire à privilégier l’aspect mélodique au côté métal. Tant mieux, les lecteurs peuvent découvrir avec plaisir et se délecter de nouveaux horizons musicaux. Par contre l’inverse reste impensable, tabou: le métal brutal, true ou underground reste prohibé. Comment faire confiance à des musiciens qui n’utilisent même pas de synthé dans leurs compositions ? Un morceau sans chœurs grandiloquents peut-il être considéré comme de la musique ? Pourtant certains groupes dits « underground » peuvent encore surprendre et sortir de véritables œuvres, la scène black métal française n’est pas dénuée de subtilités. Je serais le dithyrambe qui tente de prouver que certains de ces groupes ont suffisamment de potentiel mélodique pour figurer sur Heavylaw. Sa Meute, groupe rôdant sur les hauteurs des montagnes pyrénéennes, a sorti un vinyle qui justifie à lui seul l’achat d’une platine. Certains ont sûrement déjà entendu parler du groupe grâce à un célèbre webzine concurrent, ce dernier l’ayant classé dans sa sélection. Peut importe, « 50 contre 1 » est un vinyle qui mérite votre écoute, et ce pour plusieurs raisons. La musique tout d’abord : en plus de chanter Daniel s’occupe des guitares, de la basse, du travail de composition. Au niveau des guitares, Sa Meute mélange harmonieusement des riffs empruntés au heavy métal, lourds et appuyés, avec les suites de doubles croches typiques du black métal. Le groupe joue beaucoup sur les dissonances pour rendre une ambiance sombre, épique. Grâce à une très bonne production le rendu est excellent : pesant et extrêmement puissant, tout en restant très mélodique, fidèle à la base heavy des morceaux. La basse accompagne la guitare, sans surenchère de technique, se frayant son chemin parmi le mur de son et accentuant toute la profondeur des compositions. La batterie de Matthieu joue un rôle fondateur, chaque coup résonne de manière prodigieuse. C’est le genre de son organique et vaste qui vous prend aux tripes. La timbale dont se sert le batteur ajoute encore une dimension à la musique la rendant plus vaste et plus imposante, tout comme pour le groupe grec Nocternity. Le chant très spécial apporte toute l’originalité, le timbre est absolument unique. C’est peut être la principale critique qui risque d’être faite à l’encontre du groupe : c’est un parti pris, un choix dangereux qui risque de profondément diviser les auditeurs. Pour moi, elle est parfaite, c’est même, je pense, la plus originale et touchante du style. Elle s’écarte d’ailleurs beaucoup des traditionnels vocaux éraillé du black, s’approche parfois de la voix clair, pour toujours surprendre et ne jamais lasser. Les textes sont à son image, assez originaux, en français. Tout l’album semble construit autour du thème de la chute des atlantes, de la perte d’un âge d’or ou de la décadence du monde actuel. Si la plupart des titres restent très sombres le groupe s’accorde tout de même quelques folies comme sur « l’éternelle récurrence » aux textes décalés. Quant à la dernière chanson « 50 contre 1 » elle nous plonge en pleine bataille, va jusque à énumérer les forces en présences. Bien plus puissante et épique qu’un Turisas par exemple, et plus lumineuse et entrainante que le reste (quelques riffs font presque punk) : elle nous laissant sortir de l’album sur une note plus joyeuse alors qu’elle raconte justement l’ultime bataille d’un peuple, la fin d’une ère. Sa Meute offre donc un vinyle qui sort du lot de productions underground crasseuses. Et même si beaucoup sont retissant devant ce genre de disques catalogués « black métal underground » quelques uns valent vraiment la peine de s’y pencher (d’ailleurs classer Sa Meute dans ce style serait réducteur, certains parlent de war-métal épique et occulte). Ces disques offrent plus que de la musique ou du son : de l’art. Merci à Heavylaw pour le boulot et pour héberger cette chro, j’aurais ainsi apporté une petite contribution ! |
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Le 16 Juin 2008
Le 16 Juin 2008