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7/10
Gounouman
17 septembre 2006

Si jamais d’aventure on vous parle de Metal celtique ou bien folklorique, quels noms de groupes sont les premiers à jaillir de votre bouche ? Mago de Oz, Finntroll, Tuatha de Danann peut-être ? Autant d’excellentes références ! Mais savez vous nommer les fondateurs de ce genre musical unique, où se mélangent allégrement mélodies traditionnelles et puissance métallique ? Peut-être les plus anciens et les plus sages d’entre vous, murmurent alors d’un air pensif : « Avant tout, vint Skyclad… »

Aperçus à plusieurs reprises en première partie de Manowar au début des années 90, Skyclad est une bande de joyeux troubadours anglais ayant réalisé leur premier album en 1991. A la base dépositaire d’un thrash puissant et mélodique, le groupe suivit ensuite la voie d’un Metal folklorique original et même…captivant pour peu que l’on choisisse de s’y intéresser sérieusement. Alors, êtes vous prêts à suivre le récit passionné du début des aventures de ces pionniers que je m’en vais vous conter ?

Autrefois chanteur dans le groupe de thrash Sabbat, Martin « Troll » Walkyer, à l’heure de fonder Skyclad, conserva plusieurs éléments qui avaient contribués au relatif succès de son premier groupe, qui s’était progressivement taillé une bonne réputation parmi les amateurs de thrash metal. Une imagerie médiévale (encore un groupe aux tenues désopilantes !) et un goût prononcé pour des vocaux éructés (chant clair tout de même, hein), crachés vindicativement sur une musique rapide, à la fois dépouillée et incisive mais non démunie d’un certain aspect mélodique lui donnant plus de force et d’impact (tout de même bien plus important chez Skyclad que chez Sabbat), voici les caractéristiques communes aux deux projets de notre jeune leader.

Et pour un premier album, les Fils Rebelles de Mère Nature (traduction approximative du titre de l’album) nous pondent déjà une réussite ! Cet album, bien plus thrash que folklorique, à néanmoins un statut à part dans la longue discographie du groupe, car nos troubadours n’y affirment pas encore leur vrai style. Bien que violon et claviers viennent ajouter de la personnalité et de la mélodie à quelques morceaux, l’album est avant tout un album de bon thrash, à la fois accessible et puissant, comme le prouvent des morceaux comme « Our dying island » et son superbe riff d’intro, « Cradle will fall », l’un des morceaux les plus rapides et violents du groupe, ou encore « The sky beneath my feet » et son break au violon torturé. Steve Ramsey, principal compositeur des musiques, est en tout cas bien inspiré, capable de proposer des riffs efficaces et accrocheurs aussi bien que des parties plus mélancoliques, conférant au disque une assez forte personnalité.

Autre élément essentiel qui définit Skyclad : ses textes. En effet, c’est aussi le talent d’écriture et la plume acerbe de Martin qui forgent l’identité du groupe. Truffés de très bons jeux de mots (A minute’s piece se traduit par « un morceau d’une minute » mais en anglais, c’est un calembour à partir d’une minute de silence : « a minute’s peace » ; « Terminus » qui dénonce les armes nucléaires et parle de « new-clear way » pour dire « nuclear way » ! Et j’ai pris ces exemple mais il y en a bien d’autres, et d’excellents !), satyres sociales ou dénonciations plus ou moins masquées, une grande partie de l’âme du groupe se cache derrière ses paroles, qu’elles soient corrosives et dénonciatrices ou légères et amusantes (« Moongleam and meadowsweet », fausse déclaration, où Martin parle effectivement d’amour, mais pour son pays…)

A noter également que la production est correcte, on entend distinctement tout. D’ailleurs la basse est mixée très en avant sur tout l’album, comme dans l’introduction de l’excellente « The Widdershins jig » et assurant même le lead sur la douce instrumentale « A minute’s peace ».
Autres forts moments de l’album, le break d’ « Our Dying island » où se mélangent violon et guitares, la magnifique montée en puissance de la ballade « Moongleam and meadowsweet », très touchante, l’introduction de « Terminus »... On remarque aussi que sur certains morceaux comme l’hymne « Skyclad », la voix de Martin fait vraiment corps avec la musique, collant à merveille ensemble.

Enfin, je vais mettre l’accent sur un morceau que j’ai volontairement choisi de ne pas mettre en avant plus tôt : l’excellent « The Widdershins jig », l’un de mes morceaux préférés sur toute la carrière du groupe. En fait, ce morceau est le seul qui soit complètement typé metal folklorique sur ce disque ! Avec son tendre duel guitare violon si excellent au début, ses percussions originales, et ce violon qui revient nous flatter les oreilles parfois à l’avant, parfois en retrait de la rythmique ! Et aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est ce morceau et cet unique morceau seulement qui décidera de l’orientation musicale qu’allait à jamais conserver le groupe par la suite ! C’est donc le seul morceau de l’album qui soit complètement marqué par la patte du groupe, à 200% Skyclad, Metal folklorique vraiment terrible !

Pour conclure cette chronique, je dirais donc que malgré le fait que le groupe se cherche un peu (Martin ne varie pas beaucoup son chant, et l’album n’est pas encore vraiment folk) et propose quelques passages plus faibles (« Terminus » dont le final, ennuyeux et laid, nuit selon moi à l’écoute de tout l’album), ce premier opus est vraiment des plus convaincants ! Attention, je ne parle pas ici de chef d’œuvre, juste d’un album profondément original et fort plaisant qui aura marqué son époque et qui supporte très bien d’être réécouté à l’infini, car n’ayant vraiment pas vieilli ! Que demander de plus donc ? A découvrir, par un public le plus large possible !

Gounouman

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