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Opeth - Orchid
jaquette
  • 1. In Mist She Was Standing
  • 2. Under The Weeping Moon
  • 3. Silhouette
  • 4. Forest Of October
  • 5. The Twilight Is My Robe
  • 6. Requiem
  • 7. The Apostle In Triumph
Style:
Death mélodique
Label:
Candlelight
Sortie:
1995
Extrait:
Cliff Publiée le : 09 Mai 2006 Consultée 518 fois
Opinions
L'avis du chroniqueur
Cliff
8/10
L'avis de la team
[Voir le soundcheck]
8/10
L'avis des membres
[Voir les commentaires]
8/10
1995. En se replaçant dans le contexte de l’époque, la scène death metal mélodique est tout juste à un état embryonnaire, et c’est le speed qui règne d’une main de fer sur le métal international. Mais voilà, il y a quelques irréductibles vikings pour contester cette suprématie, et Mickael Akerfeldt en fait partie. Alors que son précédent groupe, Eruption, vient de splitter, il monte aussitôt un nouveau groupe avec un ami de longue date, groupe qui va se nommer Opeth. La belle aventure commence donc ici.

En 1995, le black métal commence à perdre son rayonnement dans les pays scandinaves, mais la musique fétiche du nord de l’Europe qui a fait couler tant d’encre va cependant inspirer musicalement parlant un certain nombre de formations. A commencer par Opeth. Car le défi principal est d’arriver à décrire le plus fidèlement possible leur musique. Pour cela, rien de tel que d’écouter la première offrande des suédois, Orchid.

Première indication de taille, le format des chansons : 7 titres c’est peu, mais presque 70 minutes de musique, c’est beaucoup. Par un savant calcul, on en arrive à 10 minutes en moyenne, ce qui à l’époque est déjà un défi en soi. Mais loin d’être incohérent. En écoutant simplement la chanson d’ouverture, In Mist She Was Standing, on peut estimer déjà avoir tout vu et tout compris de la musique du groupe. Réducteur me direz vous, pas tant que cela au final. Avec une ouverture directe, sans fioritures, on plonge directement dans l’ambiance si particulière que Opeth s’attache à créer : des riffs gorgés de mélodies, une lead guitare pleine d’à propos et de subtilité, un travail rythmique incroyable emmené par des parties batterie d’une technique impressionnante pour l’époque, entre vélocité et toucher, mais avec une souplesse enivrante. On est rapidement entraîné par cette facilité déconcertante et cette justesse évidente, puis la partie plus sombre vient déjà bouleverser cet équilibre : les riffs se durcissent, plus compacts, plus brutaux, et le vocal fait son apparition. C’est là que l’on peut se rendre compte de la similitude avec le black par exemple, Mickael Akerfeldt (guitare lead et chant) nous gratifie d’un chant death très rugueux, très profond mais avec des modulations continuelles entre grave et aigu. Evidemment, un temps d’adaptation est nécessaire, et les erreurs de justesse sont présentes bien que rares, mais n’altèrent pas la qualité des compositions.

A ce moment, on se dit qu’on a compris, c’est du death assez brutal mais relativement accessible. Encore raté. C’est là que le silence se fait, et puis une petite guitare acoustique fait son apparition, toute discrète qu’elle est. On croit nager en plein surréalisme, mais on écoute bien du Opeth. Cette capacité à passer d’un death métal très dur, brutal, à des passages acoustiques d’une sensibilité, d’une finesse qui contrastent complètement avec le reste, c’est véritablement la marque de fabrique du combo suédois. Toujours déstabiliser l’auditeur, leur devise. Et force est de constater que ça marche, on se prend rapidement au jeu, découvrant à chaque écoute de nouvelles choses.

Pour en apporter une preuve plus concrète, Silhouette, instrumentale piano (du vrai piano), nous mystifie complètement : en 3 minutes seulement, Opeth nous montre tout son talent de composition, toute la profondeur et la beauté qu’il sait insuffler à chacun de ses morceaux, peu importe les instruments utilisés. Et puis il y a le chant clair : on pourrait penser aussi qu’il y a un autre chanteur, mais c’est bien le même Mickael qui se charge de cela, tout en contraste lui aussi, entre puissance et brutalité sur le chant death et tout en subtilité et richesse sur le chant clair. Voilà clairement le gros point fort de Orchid et du groupe en général, cette ubiquité de styles qui peut arriver à tout moment, sans que l’on s’y attende le moins du monde.

Opeth sait très clairement créer des ambiances très froides, très personnelles, très lourdes, dans lesquelles il faut savoir rentrer pour en apprécier l’essence. Sans passer en détails sur chaque titre, Opeth ne se répète pas, nous étonne à chaque minute, sait faire la part entre parties métal et acoustiques. Le chant, perfectible sur bien des points, se fait finalement assez discret, laissant la place aux parties musicales pures. Même si l’ennui est absent, il y a quelques longueurs sur certains titres, mais rien de vraiment étonnant pour un premier album. De manière générale, l’ensemble est savamment construit, avec intelligence et finesse, et le résultat s’en ressent.

Le problème majeur que l’on peut rencontrer avec Opeth, c’est de retranscrire leur musique avec des mots. Vraiment difficile, il faut écouter pour le comprendre. Tout comme il faut entrer dans la musique et dans les ambiances élaborées par les suédois pour en apprécier pleinement la saveur. Mais passé ce cap, on prend vraiment un plaisir énorme à écouter Orchid. Certes, tout n’est pas parfait, entre autres le vocal qui peut s’améliorer et les quelques longueurs qui se dissimulent de ci de là, mais l’ensemble est tout de même d’une maturité impressionnante. Mickael Akerfeldt, qui deviendra le gourou de la secte, fort de son bagage musical et de son talent indéniable de composition et d’écriture (le song writing est de grande qualité lui aussi), nous livre pour son coup d’essai un album qui frise le coup de maître. Sans prétention, mais avec génie, tout simplement.
Le Groupe
Opeth
Discographie chroniquée
jaquette
Watershed - 2008
9/10 Cliff
jaquette
Ghost Reveries - 2005
7/10 Cliff
jaquette
Damnation - 2003
10/10 Cliff
jaquette
Deliverance - 2002
9/10 Cliff
jaquette
Blackwater Park - 2001
10/10 Gounouman
jaquette
Still Life - 1999
7/10 Cliff
jaquette
My Arms, Your Hearse - 1997
6/10 Gounouman
jaquette
Morningrise - 1996
8/10 Cliff
jaquette
Orchid - 1995
8/10 Cliff

Non chroniqués
Soundcheck
1,984 -   aerendil -   AlexFullHD -
Balýn -   Bonobo_666 -   Chris -
Cliff 8/10   Cyric -   darkpoupou -
Denis -   Doryan -   Dragonman -
felixbm -   Golder -   Gounouman 8/10
guill647 -   idrisanara -   ludo -
mammuth -   Maxwell -   metalorion -
Nola -   PapaDuck -   Quetzalcoalt -
Roune -   Spade -   Spirit Of Gaïa -
TeRyX -   The Inner Circle -   wanderer -
Whysy -        

Commentaires

Team Heavylaw

Ma note : 8/10

Orchid est un album qui m'a longtemps laissé une impression globale mitigée. Inclassable, encore plus que les autres, fourre-tout, incroyablement changeant, mais proposant de nombreux moments de grâce...

Tout d'abord, je trouve qu'au niveau musical, Orchid ne s'inscrit pas encore vraiment dans la scène death. Le style pratiqué est étrange, mélodique, enivrant, inclassable. Presque plus proche du black que du death, l'orientation proprement death n'arrivant que plus tard, sur My arms your hearse.

Quoiqu'il en soit, cet album se différencie des autres par ses titres aux structures extrêmement variées. J’en veux pour exemple, « Silhouette », trois minutes de bonheur pour un morceau dont la ligne conductrice semble bien mal définie. Il ne cesse de varier, ce piano virevolte vraiment de façon magistrale. C’est si beau, mais si complexe aussi !!

Et prenons le magnifique « Under the weeping moon ». Et bien, la première partie du morceau varie sans cesse, alors que la seconde, électro-acoustique, est feutrée, très répétitive au contraire. Ce n’est pas gênant, cela rend une ambiance magnifique. Mais c’est tout de même bien surprenant !!

Les ambiances justement. Bien que profondément immature (chant approximatif et surtout en clair, production correcte mais sans plus, technique déjà bonne mais imparfaite, composition souffrant d’un léger manque de cohésion…), Orchid semble avoir été touché par la grâce. Cet album est comme un rêve. Les visions de paysages sombres, bucoliques, lugubres et magiques qu’évoque Opeth n’ont que rarement été aussi bien rendues.

Cet album possède une atmosphère qui lui est propre, même s’il est très très difficile à aborder au début. Jamais le groupe ne m'a semblé si proche de la nature, je peux même aisément effectuer des parallèles entre cet album et "The Mantle" d'Agalloch ou "Omnio" d'In The Woods..., autres références absolues et intouchables.

Un début plus que prometteur, et avec les années, cet album est devenu mon troisième préféré d'Opeth, juste derrière "Deliverance" et le somptueux "Blackwater Park".

Un 8/10 un peu sévère, donc.

Le 25 Mai 2008

J'écoute : Empyrium, Agalloch, Sabaton, Kiss, Saturnus, Die Apokalyptischen Reiter, Menhir, While Heaven Wept, Angra, Nightwish, Arkona, Samael, Epica, Blind guardian, Uaral, Opeth, Rhapsody, Lumsk, Tuatha de Danann, Dream theater, Moonsorrow, Sonata Arctica, Megadeth, Falkenbach, Battlelore, Summoning, Haggard.

Membre

Ma note : 8/10

Un premier album de grande qualité. Le son et le chant sont moyens mais les compos sont déja très riches et complexes, plusieurs dépassant sans problème les 10 minutes. Peu de groupes font des compos aussi élaborés dans un 1er album...

Le 24 Mai 2007

J'écoute : Anathema, Antimatter, Daylight Dies, Dream Theater, Edguy, Epica, Evanescence, The Gathering, Hammerfall, Iced Earth, Iron Maiden, MetallicA, Opeth, Porcupine Tree, Riverside, Saturnus, Scorpions, Sonata Arctica, Stratovarius, Swallow The Sun, Symphony X,, Within Temptation, .....

Membre

Ma note : 8/10

Très belle chronique, en effet !

Cependant, je ne trouve pas qu'Orchid soit brutal, ni qu'on puisse le rattacher au death metal en général. Le style est en effet très particulier, inclassable, le travail de composition est énorme, tout est cohérent, l'ambiance qui s'en dégage unique en son genre, et le style du groupe est identifiable entre mille. La musique est tour à tour enlevée et très touchante; on s'imagine vraiment se promener dans une forêt au crépuscule...

Le 13 Mai 2006

J'écoute : Opeth, Evoken, Estatic Fear, Shape Of Despair, Emperor, Deinonychus, Summoning, While Heaven Wept, My Dying Bride, Children, Hypocrisy, ...

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