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Drudkh - Handful of Stars
jaquette
  • 1. Cold Landscapes
  • 2. Downfall of the Epoch
  • 3. Towards the Light
  • 4. Twilight Aureole
  • 5. The Day Will Come
  • 6. Listening to the Silence
Style:
Black metal
Label:
Season of Mist
Sortie:
2010
Cyric Publiée le : 24 Septembre 2010 Consultée 865 fois
Opinions
L'avis du chroniqueur
Cyric
8/10
L'avis de la team
[Voir le soundcheck]
7/10
L'avis des membres
[Voir les commentaires]
5/10
A l’image de la pochette de l’album aux accents très lovecraftiens – l’artwork a été réalisé par Fursy Teyssier, leader du groupe Les Discrets, qui a également travaillé sur celui du dernier album d’Alcest, Ecailles de lune – les Ukrainiens de Drudkh ont toujours su se nimber d’une aura de mystère tout au long de leurs huit années d’existence. Leur credo ? L’absence d’exposition médiatique : le groupe ne s’est jamais produit en concert et n’a réalisé aucune interview ni photographie durant sa carrière. Et mis à part un myspace, créé peu après leur adhésion en 2008 au label français – cocorico ! – Season of Mist, le groupe ne dispose d’aucun site web. Et ne comptez pas sur lui pour trouver dans les livrets d’albums les paroles de leurs chansons. Ces nombreuses zones d’ombre autour du combo ont ainsi nourri les rumeurs, lesquelles précisaient que les Ukrainiens avaient en fait adhéré à la scène NSBM – black metal national-socialiste –, propos démentis par le leader et guitariste du groupe, à savoir Roman Saenko – sur le tard, il faut le reconnaître, le bonhomme étant plutôt avare en paroles –.

Avec pas moins de huit albums à leur actif – un par année, en somme – Drudkh a largement réussi a se faire un nom au sein de la scène black metal. Fièrement attachés à leurs racines, les membres du groupe se sont évertués à transmettre par le biais de leur musique leur attachement à la nature – et plus particulièrement à la forêt, Drudkh signifiant « bois » en sanskrit – aux récits mythologiques slaves et à la poésie – les paroles étant inspirées des travaux de plusieurs poètes ukrainiens – ceci à travers des mélodies poignantes fortes d’une mélancolie sous-jacente et un soucis constant d’instaurer une atmosphère sombre et malsaine – en cela aidé par le chant black de Thurios – pour former au final un tout terriblement attachant.

Le groupe, qui se compose aujourd’hui de quatre membres, nous avait laissé en 2009 avec un album – Microcosmos – certes très agréable à l’écoute mais tellement convenu, aux mélodies ressassées et manquant cruellement d’originalité, qu’il n’en fallait pas plus pour craindre une descente aux enfers. C’était parlé bien trop vite, car avec leur dernier-né, Drudkh semble vouloir se chercher et adopter une nouvelle approche dans l’expression de leur musique. Alors on ne va pas s’en plaindre et se laisser emporter par les six morceaux qui composent ce nouvel album. En ce qui concerne la structure de la galette, ce n’est pas nouveau, l’on a droit à une intro et une outro somme toute assez classiques, très éphémères – à peine plus d’une minute chacune – et d’un minimalisme certain.

Mais on ne tarde pas à entrer dans le vif du sujet à l’écoute de Downfall of the Epoch, une pièce tout simplement remarquable – l’entrée en matière est d’une efficacité impressionnante – qui, comme son nom l’indique, signe la fin d’une époque. Pour les fans suivant le groupe depuis leurs débuts, il y a de quoi être déstabilisé. Avons-nous toujours affaire à un groupe de black metal ? Les Ukrainiens auraient-ils cédé aux sirènes de la nouveauté en axant leur musique sur un mélange subtil entre shoegaze et post-rock comme peuvent le faire aujourd’hui des groupes tels qu’Alcest ou Lantlôs, pour ne citer qu’eux ?

En effet, mis à part le chant torturé de Thurios, qui, au demeurant, n’a jamais été aussi bon que sur cet album, le groupe se détourne franchement de ses anciennes productions pour adopter un son plus propre, loin des standards du black metal, à la production soignée. La preuve avec des guitares électriques au son bien plus clair laissant de côté les guitares lourdes saturées de distorsion qui ont fait la marque du groupe. Les lignes de basse sont distinctes comme sur l’excellente Towards the Light et la batterie toujours aussi accrocheuse alternant les tempos calmes et plus rapides. Le chant extrême est une fois de plus utilisé avec parcimonie laissant la part belle à de longues plages instrumentales. Une violence contenue donc, que je qualifierai de « raffinée ».

L’atmosphère n’a pas changé pour autant. Drudkh ne fait ici aucune concession. Les compositions transpirent la tristesse et la mélancolie mais ne sont pas pour autant synonymes de désespoir – Towards the Light et The Day Will Come en sont bien la preuve –. On n’échappe pas non plus à de très bons solos, quoiqu’un peu courts. Ne boudons pas pour autant notre plaisir à leur écoute, notamment celui de Twilight Aureole et son final expérimental bienvenu.

Alors oui, l’évolution prise par le groupe ne plaira pas à tout le monde notamment à ceux qui restent farouchement attachés aux valeurs du black metal. Mais Drudkh commençait à prendre du plomb dans l’aile à force de rester ancré dans le même style et il était urgent pour eux de réagir, de proposer de nouvelles choses. Roman Saenko a ainsi réussi son pari et nous a démontré qu’il avait encore des idées à revendre. Pas de métamorphose cependant, mais un simple vent de fraîcheur. Et c'est déjà assez bien. Bien que l’album soit un cran en dessous de leurs précédents productions – je pense par exemple au mythique Blood in our Wells et à l’excellent Estrangement, deux albums aux riffs plus inspirés – je dis oui, mille fois oui au nouveau tournant emprunté par les Ukrainiens.

Tout ça pour dire que l’on attend impatiemment l’année prochaine...

8/10.
Le Groupe
Drudkh
Discographie chroniquée
jaquette
Handful of Stars - 2010
8/10 Cyric
jaquette
Forgotten Legends - 2003
9/10 Balin

Non chroniqués
jaquette
Microcosmos - 2009
Non chroniqué
jaquette
Estrangement - 2007
Non chroniqué
jaquette
Anti-Urban (EP) - 2007
Non chroniqué
jaquette
Blood in Our Wells - 2006
Non chroniqué
jaquette
Songs of Grief and Solitude - 2006
Non chroniqué
jaquette
The Swan Road - 2005
Non chroniqué
jaquette
Autumn Aurora - 2004
Non chroniqué
Soundcheck
1,984 -   AlexFullHD -   Balin 5/10
Bonobo_666 -   BubbleJune -   Chris -
Cyric 8/10   Doryan -   Dragonman -
felixbm -   Golder -   illman -
metalorion -   Nightguest -   Nola -
PapaDuck -   Rom -   Silvergm -
Sog -   Spade -   Stenka -
The Inner Circle -   wanderer -   wazbones -
Whysy -        

Commentaires

Team Heavylaw

Ma note : 5/10

Super chronique au fait :)

Le 24 Septembre 2010

J'écoute : Ross Bay Cult Eternal!

Team Heavylaw

Ma note : 5/10

Enfin la chro, je l'attendais celle là :p lml

Bon bon bon, par quoi commencer? Le fait que c'est plus vraiment Drudkh? Ou que l'album est quand même sympa?

Allez les bonnes choses d'abord! Drudkh sait se renouveler, et le fait avec brio. Ce n'est plus du tout du Black Metal, le côté post-Rock est trop affirmé à mon goût mais les fans du genre devrait y trouver leur compte.
Comme d'habitude on a un son titanesque, mention spéciale à la basse et à la batterie! Excellente performance vocale également, j'adore la voix de Thurios, une des plus puissantes de toute la scène BM.

Bon allez maintenant ça va chier! P**** de B***** de C***** ! Où est passé le Drudkh des premiers albums? Certes c'est bien composé mais je sens plus le folkore des pays de l'Est comme c'est le cas sur Autumn Aurora par exemple (quel album celui là d'ailleurs).
Ce qui faisait la force du groupe c'était cette patte unique, cette atmosphère à la fois malsaine et mélancolique, cette sensation de se balader dans une fôret entre Kiev et Donetsk. La pochette de Blood In Our Wells représente tout à fait le sentiment que procure (procurait) une écoute d'un album de Drudkh

image

C'est certes important d'évoluer mais maintenant la musique est plus convenue! Pour tout dire le deuxième album de Blood Of Kingu (side project de Roman Saenko) sonne plus Drudkh que cet album, un comble!

J'ai déjà un peu décroché du groupe depuis Estrangement (et Songs of Grief & Solitude accessoirement mais pour d'autres raisons) mais j'ai peur que la suite de la carrière des Ukrainiens ne me parle guère. Tant pis pour moi et tant mieux pour les nouveaux fans qui découvriront le groupe avec cette galette.

Tant pis il me reste les quatres premiers albums absolument sublimes et c'est déjà pas mal!

Le 24 Septembre 2010

J'écoute : Ross Bay Cult Eternal!

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