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Nenia C'alladhan - Nenia C'alladhan
Auteur : La Dame à la Licorne Note : 10 / 10
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Année : 2004
Origine : Allemagne
Label : Apocalyptic Vision Records

Tracklist :

1. An die Sterne
2. Die Stimme im Sturm
3. Schwarzer Spiegel
4. Schattengesang
5. Der See des Vergessens
6. Sternblumennacht
7. Schwarzer Spiegel II
8. Lied der Todesfee
9. Sternblumennacht (a little closer to the original version)


S’il est un personnage énigmatique dans le petit monde de l’underground, c’est bien celui d’Anna-Varney Cantodea. Cette mystérieuse déesse gothique attire, effraie, repousse ou fascine le commun des mortels et se plaît à jouer de sa divinité auprès de ses fans. Anna-Varney est surtout connue pour ses travaux avec Sopor Aeternus & The Ensemble of Shadows, mais c’est son autre projet que je compte vous présenter ici.
Nenia C’alladhan est née de l’union des talents de Constance Fröhling qui compose et interprète, et d’Anna-Varney qui s’est chargée des arrangements et d’une partie du chant. Le duo nous offre donc une musique folk, sobre, aux forts accents médiévaux, et surtout, à l’univers beaucoup plus accessible que celui de Sopor Aeternus.

En effet, la douce voix de Constance se marie à merveille avec le timbre grave de Anna-Varney et contribue grandement à rendre l’œuvre de Nenia C’alladhan appréciable par tous. Certes, il reste l’obstacle du chant allemand mais nous sommes à des kilomètres du chant martial de Rammstein ou de oomph ! et la langue germanique sortant de la bouche de Constance et d’Anna se révèle très douce, très coulante. D’autant plus que la déesse transsexuelle a l’air comme apaisée et son désespoir, sa douleur de vivre ne transparaissent pas dans son chant. Les voix sont donc en parfaite harmonie et mettent au mieux en valeur la musique.
Alors si mes paroles précédentes ont pu vous donner une impression de joyeuse sarabande médiévale, je m’en excuse car en réalité, il n’en est rien. Au contraire, la musique de Nenia C’alladhan est profondément dépressive. Mais c’est là que tout le génie d’Anna-Varney intervient ! Elle qui a l’art et la manière de jouer sur différents tableaux, de décrire avec un humour subversif le désespoir lié à sa condition, se sert ici des mélodies douces et tristes de Constance pour offrir à l’auditeur un tout magnifique, poignant et triste… De cette tristesse qui rend les choses plus belles qu’elles ne pourrait jamais l’être s’il en était autrement…
Mais la musique de Nenia C’alladhan n’est à aucun moment oppressive, lourde… Le ton est posé, léger, presque dansant parfois (Sternblumennacht), et magique. Et contrairement aux travaux habituels de la Maîtresse d’œuvre qui sont très riches, très chargés, Nenia C’alladhan propose une musique éthérée, simple, directe et efficace. Les différents instruments se mêlent les uns aux autres, le hautbois avec le basson, la clarinette avec la viole, la guitare sèche avec le violoncelle, pour un rendu final féerique et divin.
Mais alors comment s’exprime la tristesse que j’évoquais plus haut ? Impossible à dire… C’est la magie d’Anna-Varney ! Bien sûr certains titres sont plus sombres que d’autres, comme Schattengesang, Lied der Todesfee ou An die Sterne, et ces pointes ponctuelles de noirceur contribuent évidemment à cette atmosphère mélancolique. Et de temps à autre, le côté torturé d’Anna-Varney refait surface (Schwarzer Spiegel), Mais c’est aussi au-delà de ça… L’album entier baigne dans cette douceur triste et émouvante qui à la fois serre le cœur et le réconforte.

Mes préférences sur cet album ? Sans hésitation, Schattengesang, Lied der Todesfee et la dernière version de Sternblumennacht… Pourquoi ? Je ne l’explique pas vraiment… Ces titres me parlent encore un peu plus que les autres voilà tout… Mais chaque morceau possède son propre charme, son lot d’émotions…

Pour terminer, Nenia C’alladhan nous offre pour son seul et unique album une œuvre d’une qualité exceptionnelle, à la mesure du génie de notre bien-aimée Déesse, véritable maîtresse dans l’art de transfigurer les émotions dans la musique. Musique par ailleurs originale, terriblement bien pensée et aux mélodies vraiment sublimes ! Quant au chant je ne reviendrai pas dessus, il est tout simplement divin, au sens propre du terme !
Un album de toute beauté, à posséder absolument pour tout amateur d’art…
Je vous rends grâce Déesse Anna-Varney pour ce chef d’œuvre… Merci de tout cœur…



~ La Dame à la Licorne ~
Team Heavylaw
Merci pour cette chronique ! Cette dernière m'a poussé à réécouter cet album, que je n'hésitais pas à écouter il y a quelques années de cela.

Je vais dans le sens de ta chronique. Je ne vais toutefois pas jusqu'à la note ultime, c'est à dire 10/10, l'ensemble étant peut-être trop homogène. Enfin, je dois dire qu'on tient assurément là une petite perle de la musique gothique... une fois de plus, Anna Verney réalise là un travail remarquable, accompagnée au chant par Constance Fröhling. Leurs voix sont douces et mélodieuses et s'allient très bien ensemble. Et cette ambiance médiévale, non pas oppressante mais mélancolique, quasi féérique et empreinte d'une tristesse profonde : quelle beauté ! Je regrette d'ailleurs de ne pas avoir appris l'allemand ou d'avoir ne serait-ce que des rudiments, tellement la langue me paraît ici attrayante.

Mon coup de cœur ? Sans aucun doute la version originale de Sternblumennacht : magnifique !

8/10.

Le 04 Janvier 2010

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