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Motley Crue - Girls, Girls, Girls
Auteur : Van Belag Note : 8 / 10
Des groupes de rock avec des looks pas possible, cheveux colorés et collants en vinyle, on en a vu passer des tonnes. Mais quand Motley Crue sort cet album en 1987, on est un peu à l’apogée de la tendance. Aux US, les groupes de glam sont alors les ladys Gaga du moment. Nikki Sixx se shoot à l’héro tout en écrivant les textes du groupe. Vince Neil se tape tout ce qui bouge à LA, installe un jacuzzi dans sa limousine et commande un Jack Daniels par minute. Mick Mars, le guitariste maudit, s’enferme dans un monde chimérique et souffre en silence, tandis que Tommy Lee erre de soirée en soirée tout en gérant son premier mariage avec une star de la télé.
Oui, en 87, à la sortie de « Girls, Girls, Girls », Motley Crue est devenu le groupe de musique le plus dangereux et rock and roll de la planète.
Même si le succès commercial est au rendez-vous, cet album est souvent critiqué et placé en marge de la discographie du Crue. Nikki Sixx lui-même, avoue dans les pages de « The Dirt » son manque de satisfaction quant à ce disque. Il faut bien l’avouer, avec tous les problèmes auxquels le groupe devait faire face à l’époque, quelques défauts sont à relever.
Si certains titres sont des tubes en puissance (Girls, girls, girls ; Wild Side) la qualité se fait très inégale tout au long du disque. On sent que dans l’urgence, certains morceaux ont plus été choisis par défaut que pour leur apport à la scène musical américaine. On peut vraiment se demander ce que fout une balade comme « Nona » au milieu du disque par exemple. Ou même ce morceau de hard FM « Sumthin' for Nuthin' », loin d’être indispensable.
Deuxièmement, comparée aux autres albums du groupe, la production de « Girls, Girls, Girls » fait pâle figure. Vu la concurrence cette année là, les producteurs auraient pu faire un petit effort et nous sortir un son un peu moins crasseux. La reprise du Jailhouse Rock d’Elvis, en plus d’être complètement superflue, s’essouffle comme un radio en maque de piles.
Pourtant, malgré ses défauts, ce disque restera un témoignage percutant de la culture pop américaine. Un titre comme « Dancing On Glass » vous plonge dans la dépendance à l’héroïne de Nikki, tout en vous faisant danser sur des riffs blues-rock de génie. D’autres morceaux comme « All In The Name Of... » n’aspirent à rien d’autre que d’être des pépites de vieux rock boostées à la sauce heavy. « Five Years Dead » vous raconte les petites histoires de la vie californienne de l’époque, un peu de meurtre, un poil de drogue, pas mal de cul… Le tout est direct, dansant, stupide et rock’n’roll. Un disque comme on n’en fait plus !
Alors non, « Girls, Girls, Girls » n’est pas le meilleur disque de Motley Crue, mais c’est mon préféré. Si vous avez besoin de vous offrir 40 minutes de rock jubilatoire, respirant la fureur de vivre, n’oubliez pas les 4 dingues de LA ! Et le son à fond dans la 206, ma parole que vous n’allez pas voir passer le temps sur l’autoroute A10…
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