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Chronique - Nightmare, Dead Sun

Heavy Power / AFM Records / Novembre 2016


Quand Sog m'a mis sur le coup du nouvel album de Nightmare, ma première réaction fut " Ouais, ouais, Nightmare, je vois, les vieux avec le chanteur à la Dio...". Dissimulant derrière cette affirmation ma méconnaissance affligeante de ce groupe français, j'étais démasqué par un SOG perspicace qui répliqua " Es-tu fou ?! Ils sont moins vieux que toi et ils osent le renouvellement avec une chanteuse, en plus Magali Luyten envoie du lourd, ça va être à coup sûr l'album de l'année ! ". La présence surprise de cette chanteuse, dont je me rappelai la performance de haute volée dans Beautiful Sin,  était suffisante pour me convaincre, en tout cas bien plus qu'une énième annonce par Sog d'un nouvel album de l'année 2016. Et puis, moi qui attendais religieusement depuis 7 ans le nouvel album d'Heavenly en faisant abstinence de tout autre nourriture sonore d'origine France, je pris tout-à-coup conscience que ce coup de téléphone de Sog était un signal, un appel à nul autre destiné. C'était décidé, j'allais chroniquer le nouvel album de Nightmare ! " D'accord, je prends ! " lançai-je d'un ton si déterminé à un Sog qui n'osa pas me contredire, même si confier la chronique d'un potentiel album de l’année à quelqu'un qui ne connaissait pas trop Nightmare ne le réjouissait sans doute pas plus que cela...

Quelques écoutes plus tard, il s'avéra que le bougre avait raison, Magali Luyten envoie du lourd, c'est même tout l'album qui catapulte du lourd. Section rythmique au rendu très puissant sachant conserver clarté et précision, peu de place laissé au groove, le résultat impressionnant de puissance me donne l'impression d'écouter du Triosphere mué en machine de guerre.

Sur le fond Dead Sun a aussi beaucoup de choses à dire et s'avère être un album bien vivant, fait d'espoir et de désespoir, où la musique possède une identité à 2 facettes, une sorte de message sonore tentant de démontrer à l'auditeur que toute chose sur cette Terre renfermerait sa part de lumière et d'ombre, et pourrait ainsi être vue de différentes manières. La chanson "Dead Sun" en est un exemple des plus marquants, par son introduction vous immergeant dans un parc en présence d'enfants, vous offrant ainsi quelques derniers moments d'innocence qui ne sont autres que prémices à l'apocalypse (vous savez un peu comme les visions apocalyptiques de Sarah Connor dans Terminator 2), le titre alternant riffs pachydermiques et refrain plus aéré. L'ambiance très "dark" du schizophrène "inner sanctine" alterne aussi avec un refrain salutaire, comme lorsqu'un solo de guitare super sympathique emboite le pas d'un passage instrumental thrash qui en impose.

Mais ces alternances de pénombre et de clarté n'auraient pu être les images rémanentes de cet album sans l'apport de Maggy Luyten, dont les mélodies vocales sont impeccablement interprétées. Elle sait être malicieuse ("sleepess minds"), grave ("seeds of agony"), revendicative ("infected"), ou encore fédératrice, rageuse et plaintive.

Dead Sun réussit ainsi à conserver, durant ses 11 titres qui durent tous environ 5mn, cette dualité qui en fait le vecteur principal, et réussit parallèlement à éviter l'écueil d'un album trop homogène grâce à des titres qui revêtent chacun une forte et singulière personnalité. Nightmare doit cette réussite à de petits riens qui relèvent du génie, comme le refrain de "tangled in the roots" au tempo ralenti qui vous prend à contrepied, à ces touches de rock mélodiques dans "indifferrence", de hardcore dans "infected", ou à cette chorale d'enfants qui clôt d'une magistrale fragilité "seeds of agony" (idée sans doute empruntée à Bloodbound et son titre "Nightmares From The Grave" ) .

Si l'album peu paraître répréhensible sur le fait qu'il ne contienne aucun véritable hit, il faut comprendre que l'objectif de Nightmare semble autre. Son heavy/power/thrash très travaillé, au premier abord pas assez tubesque pour les power-metalleux, pas assez old-school pour les thrasheux, pas assez hymnesque pour les heavy-metalleux, révèle au fil des écoutes du fond et de la forme, et laisse une empreinte certaine à quiconque lui donnera sa chance.


Line-up :

  • Magali Luyten (chant)
  • Yves Campion (basse, chœurs)
  • Franck Milleliri (guitare)
  • Matt Asselberghs (guitare, chœurs)
  • Olivier 'piv' Casula (batterie)
  • Édouard Verneret(claviers)

Tracklist :

01. Infected

02. Of Sleepless Mind

03. Tangled In The Roots

04. Red Marble & Gold

05. Ikarus

06. Indifference

07. Dead Sun

08. Seeds Of Agony

09. Inner Sanctum

10. Serpentine

11. Starry Skies Gone Black

0 Comments 21 February 2017
Chris

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