Qui aurait pu imaginer, il y a encore deux ans de cela, voir deux légendes du Metal que sont Opeth et Cynic partager une tournée européenne commune ? Avec des dates en France qui plus est... Inimaginable, incroyable, invraisemblable, et pourtant !
En ce Mercredi 3 Décembre, direction le Transbordeur à Lyon pour assister à cette affiche alléchante et d'ores et déjà culte ! Après de longues minutes à négocier tant bien que mal au guichet afin d'obtenir nos accréditations qui sont mystérieusement absentes des listes (Heavylaw ? Ah non je n'ai pas sa sur ma liste...), nous parvenons finalement par entrer dans la grande salle de Transbo où The Ocean a déjà entamé son set.
The Ocean
Le collectif allemand de 'mathcore', ou de Prog' extrême selon la définition de chacun, débute la soirée devant un parterre déjà bien fourni mais quelques peu statique (nous n'aurons d'ailleurs aucun mal à nous faufiler vers les premiers rangs). Les musiciens (notamment les deux guitaristes et le bassiste) se montrent particulièrement surexcités : ils bougent sans cesse, sautent dans tous les sens, et se battent littéralement comme des diables avec leur instruments, comme si ces derniers étaient possédés par le démon !!! Le chanteur du combo se donne également à fond et s'implique totalement dans l'interprétation de son chant extrême.
Malheureusement, l'énergie déployée par le groupe ne suffit pas à faire réagir le public quelque peu inerte (hormis quelques têtes qui bougent ici et là). Mais ce dernier ne connait certainement pas encore tous les titres du combo dont la musique, qui ne paraît pas très accrocheuse de prime abord, demande de nombreuses écoutes pour être pleinement appréciée... A la fin de son set (de courte durée d'ailleurs - une petite vingtaine de minutes tout au plus), le groupe se retire tout de même sous les applaudissements sincères de la foule.
Un groupe à revoir dans des conditions plus favorables donc... Mais il ne fait aucun doute qu'avec cette tournée et la qualité de son jeu, The Ocean fera parler de lui et gagnera en popularité, lui permettant ainsi de revenir prochainement sur les routes devant une fan-base plus importante et plus réceptive. C'est tout le mal qu'on lui souhaite !
Cynic
Les américains débarquent sur scène devant un public un poil plus nombreux et plus actif... Bien que la musique du combo soit loin d'être propice au slam ou au pogo (favorisant plutôt l'introspection et l'écoute), la foule se montre plus enthousiaste que pour le groupe précédent et lui réserve un accueil chaleureux. Certes, ce n'est pas non plus une débauche de folie dans la salle, mais il semble tout de même que quelques fans aient fait le déplacement pour voir Cynic ce soir...
La setlist du concert fait la part belle aux morceaux du dernier opus en date "Traced In Air" (Nunc Fluens, Evolutionary Sleeper, Integral Birth, The Space For This, ...). Et c'est un régal de les apprécier sur scène, car ces nouveaux titres passent merveilleusement bien l'épreuve du Live. Par contre, choix assez curieux, seul Veil of Maya, issu de "Focus" (leur album culte sorti il y a 15 ans), sera joué ! Étrange, d'autant que "Traced In Air" est sorti il y a très peu de temps et qu'une part du public connait probablement mieux les classiques du groupe...

La maitrise technique du groupe, déjà impressionnante sur album, l'est encore plus quand ils s'exécutent en direct. Paul Masvidal (guitare et chant) combine parfaitement vélocité et mélodie, enchainant les soli avec un naturel déconcertant sur sa Steinberger (une guitare sans tête). Toujours aussi humble et mesuré dans son attitude scénique (pour ne pas dire timide), il échangera tout de même quelques mots avec le public et le remerciera d'être présent ce soir. Il se montrera d'ailleurs très disponible après le concert, en discutant tout naturellement avec des fans à coté du stand merchandising... Recruté récemment pour la tournée, Tymon Kruidenier, qui joue également sur une Steinberger, assure à la perfection ses parties (qui ne consistent pas qu'en la rythmique, loin de là) et se charge également des growls. Quant à Robin Zielhorst (basse), remplaçant Sean Malone sur les concerts, il parvient à retranscrire les parties complexes de ce dernier (ce qui n'est pas donné à tout le monde), et insuffle ainsi le groove caractéristique du combo américain. Dernier membre du quatuor, et pas des moindres, le monstrueux (par sa technique) batteur Sean Reinert nous délivre une performance en tout point remarquable, aux vues des incessants changements de rythme et autres contre-temps, gimmicks du groupe et de la mouvance Prog' technique. Chapeau bas messieurs !

Seule déception : le set s'avère étonnamment court !!! A peine une trentaine de minutes... Le concert est passé à une vitesse impressionnante et laisse un petit goût d'inachevé tant on aurait aimé avoir un titre ou deux supplémentaires. Et malgré la demande répétée de quelques fans, le groupe se retire définitivement de la scène, non sans promettre qu'il reviendra nous voir très bientôt. Ô joie !
Opeth
Ceux qui s'imaginent que les membres d'Opeth sont à l'image de leur musique, c'est-à-dire torturés, mélancoliques ou dépressifs, se trompent lourdement ! Il n'y a pas plus moqueur et jovial que Mikael Akerfeld... En témoigne son joli T-shirt "Conan le barbare" qu'il arbore fièrement en montant sur scène. Très communicatif et chaleureux avec le public, il y va de ses nombreuses pointes d'humour et autres anecdotes : tantôt il nous narre son passé 'traumatisant' d'ados dans les pogos en concert, tantôt il fait part de son anatomie avantageuse susceptibles de complexer les mâles présents, en réponse aux fans qui lui crient « A poil! ».

La setlist se montre judicieuse et équilibrée... Assurant la promotion du petit dernier, "Watershed", le groupe se fend des morceaux les plus accrocheurs issu de cette galette (Porcelain Heart, Heir Apparent, Lotus Eater, ...). Mais il n'oublie pas pour autant ses précédentes réalisations et nous gratifie de titres récents avec The Grand Conjuration (Ghost Reveries), Hope Leaves (Damnation) ou Deliverance (Deliverance), mais également de morceaux bien plus anciens comme Godhead's Lament (Still Life) ou Demon of the Fall (My Arms, Your Hearse) pour le plus grand bonheur des die-hards présents. En guise de rappel, lors de la présentation des membres par Mikael, les suédois assureront tour à tour, et à la demande du public, un petit solo de leur instrument respectif (à l'exception du claviériste). S'ensuit alors le "classique" du groupe, Drapery Falls (Black Water Park), qui clôt de façon magistrale le concert de ce soir.

Avec un visuel assez sobre (un simple backdrop à l'effigie du groupe est placé au fond de la scène) et sans aucun effet pyro ou vidéo, les suédois parviennent tout de même à instaurer une ambiance particulière au Transbo, notamment grâce à un jeu de lumière assez bien pensé et efficace. L'interprétation sur scène se montre dynamique même si, dans l'ensemble, les musiciens semblent assez statiques, en particulier le claviériste, très en retrait visuellement et dans le mix. La dynamique générale du concert se retrouve également dans la fosse où l'on décèle quelques slams et autres pogos "à la con" (c'est-à-dire qu'on se jette sur ceux qui ne demandent rien plutôt qu'entre pogoteurs).

Près d'1h45 de show intensif, pour une prestation remarquable des suédois qui alternent moments de pure furie et passages ambiants avec une maestria qui laisse admiratif. Il ne fait aucun doute qu'ils sont passés maitres dans l'art de mêler la puissance pachydermique du Death Metal à une atmosphère mélancolique chargée en émotion. Le tout avec fluidité et virtuosité ! Impressionnant et magique, que dire d'autre... Si ce n'est qu'on souhaite revoir le(s) groupe(s) au plus vite dans notre belle contrée avec une affiche aussi alléchante et un concert du même acabit !
Vivement la prochaine fois .png)













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J'aimerais bien avoir le même tee-shirt .....
Le 10 Décembre 2008