Tous ceux ayant déjà assisté à un concert d'Edguy vous le diront : un show des allemands est un événement à ne surtout pas rater ! Car dynamisme et bonne humeur sont toujours au rendez-vous... Chacun de nous trois les ayant déjà vu au moins une fois, mais dans des conditions différentes (lors de la tournée suivant « Rocket Ride », ou lors d'un Hellfest mitigé), nous n'allions pas rater l'occasion de les croiser à nouveau, ce 20 Janvier, au Transbordeur de Lyon. D'autant que le groupe partage l'affiche, pour l'occasion, avec André Matos (que nous n'aurions voulu rater pour rien au monde) et le jeune groupe HEAT (que nous étions curieux de découvrir).
Peu avant le concert, notre reporter de choc, Gounouman, eut la chance de rencontrer en personne André Matos, l'une des ses plus grandes idoles. Imaginez-le, dans un état d'excitation mêlé de timidité, bredouillant péniblement pour tenter de lui manifester l'étendue de son admiration... Mais fidèle à sa réputation, le talentueux brésilien manifesta une gentillesse totale, se montrant accessible, chaleureux, disponible, et remerciant très aimablement notre envoyé spécial dans un français impeccable !
Et maintenant, place au spectacle...
H.E.A.T.
Quand les suédois de H.E.A.T. débarquent sur scène, il ne nous semblerait même pas incongru de croiser un savant fou et un jeune ado au bord d'une DeLorean volante... Pourquoi? Parce qu'avec ce groupe, c'est « Retour vers le Futur » en direct live ! A croire que le combo, profitant d'une faille dans le continuum espace-temps, s'est échappé de la scène américaine des années 80 pour arriver devant nos yeux ébahis (NB : et maintenant, amis lecteurs, devinez quand et devant quel film fut écrit ce report).


Visiblement fans des vieux Motley Crue, Van Halen, ou Bon Jovi, les joyeux lurons de H.E.A.T. balancent un bon vieux Hard Rock FM aux relents Glam (notamment niveau costumes ; ça vaut le détour : un véritable défilé de tous les gimmicks vestimentaire de cette scène et de cette époque). Leur musique, si on peut lui reprocher d'être un peu trop 'sucrée', a au moins l'avantage d'être très accrocheuse dès la première écoute ; les refrains font mouche et la bonne humeur est omni-présente et communicative. Le frontman, fort de son joli chapeau de cowboy et de sa veste à frange, sait d'ailleurs s'y prendre pour motiver le public et instaurer une ambiance chaleureuse et conviviale...


Les morceaux extraits de leur premier album éponyme alternent entre Rock énergique et ballades mielleuses. Ils se montrent festifs et entrainants, suscitant chez une partie du public l'irrépressible envie de secouer la tête ! Niveau scénique, l'éclectisme est de mise entre un gratteux poseur à souhait, un autre qui semble s'ennuyer ferme, un bassiste au visage de jouvenceau, un batteur pour le moins excité, et un claviériste bien imbibé (dont les doigts effleurent d'ailleurs plus souvent la bière posée sur son pupitre que les touches de son instrument) !


Loin d'être révolutionnaire, et jouant même sur le côté 'cliché' de la chose, le groupe va a l'essentiel : il se fait plaisir et nous fait plaisir par la même occasion... une entame de concert simple, joyeuse et efficace qui a eu le mérite de chauffer la salle comme il se doit !
Un groupe à voir et à revoir sur scène donc, en souhaitant qu'il repasse très bientôt par la France.
ANDRE MATOS
Le temps aux roadies de HEAT d'enlever leur matos, pour que prenne place sur la scène l'autre Matos, André de son prénom (je sais elle était facile celle-là! ). Et d'entrée, la soirée monte d'un cran en intensité (et en volume également...). A l'évidence, une partie du public s'est déplacé pour voir le chanteur brésilien et c'est une ovation qui l'accueille quand il apparaît sur scène.

Bien qu'il ne possède pas de décors spécifiques, et que le jeu de lumière s'avère assez sobre, André Matos (le groupe) fait forte impression. Son unique album, « Time to be free », est bien entendu mis en valeur ce soir avec les titres phares que sont « Letting Go », « Rio » ou « How Long ». Mais, pour le plus grand bonheur des fans qui n'attendaient que ça, le groupe nous gratifie également de trois classiques d'Angra (« Carry On », « Nothing To Say » et « Lisbon ») qui verront le public se déchainer et reprendre en cœur les refrains (et de voir par la même occasion notre ami Gounouman passer en mode 'groupie'! A deux doigts de l'orgasme sur « Lisbon »). Par contre, aucun morceau de l'ère Sha(a)man ne sera offert ce soir, dommage... Cependant, les brésiliens se fendront d'une reprise de Journey (« Seperate Ways ») présente sur l'édition japonaise de l'album. Ce titre étant interprété de façon magistrale, ne boudons pas notre plaisir...

André Matos (l'homme) est au meilleur de sa forme: il joue constamment avec son pied de micro, se dépense et met beaucoup d'énergie et de conviction dans sa prestation ; par ailleurs, sa voix s'avère toujours aussi superbe et son interprétation, ce soir, est sans faille. Un vrai bonheur ! Frontman charismatique, sa présence scénique est hors-norme et une partie du public lui mange littéralement dans la main ! S'adressant en français au public, il n'a aucun mal à se le mettre dans la poche en un rien de temps...


Mais les autres membres du combo ne sont pas en reste pour autant ! Les frangins Mariutti assurent avec brio; Luis est un bassiste doué d'un groove exceptionnel et Hugo s'en sort brillamment sur les soli de guitares qu'il partage avec un Zaza Hernandez en grande forme également. Quant au batteur... Quel batteur ! Le jeune Eloy Casagrande (17 ans seulement) martyrise son kit comme un beau diable et les mimiques qu'ils arborent au fur et à mesure du set témoignent de la concentration extrême et de la hargne qu'il met au travail... réellement impressionnant !


Seul déception de ce show intense et de qualité, la trop courte durée du concert... 45 minutes et puis s'en vont ! Et pas de rappel malgré l'insistance du public... Fort heureusement, André nous rassure en promettant de revenir très prochainement, et en tête d'affiche cette fois-ci, après la sortie de leur second album prévu pour la fin de l'année. Inutile de vous dire que nous les attendons avec impatience...
Setlist André Matos :
1. Intro (Menuett)
2 Letting Go
3. Rio
4. Nothing to say (Angra)
5. How Long (Unleashed away)
6. Lisbon (Angra)
7. Seperate Ways (Journey cover)
8. Unfinished Allegro/Carry On (Angra)
EDGUY
Après l'agréable découverte HEAT et la tornade Matos, place au gros morceau de la soirée : les allemands d'Edguy ! Les joyeux drilles se produisent devant un public conquis d'avance ; il faut dire que le groupe bénéficie d'une belle côte de popularité en France depuis déjà un bon nombre d'années et, bien que leur dernier album n'est pas fasse pas l'unanimité, l'affluence est bonne en ce Mardi soir, avec environ 700 personnes présentes dans la salle (d'après les chiffres glanés sur le net, mais nous confirmons, de visu, que la salle du Transbordeur était bien remplie).


Découvrant un décor superbe, bien que plus sobre que lors des tournées précédentes (panneau géant sur le thème de château fort, pochette de Tinnitus Sanctus avec un éclairage circulaire intégré, ...), le groupe arrive sur scène, le sourire aux lèvres, sous des applaudissements nourris. Et sans perdre un instant, il enchaine avec deux titres du nouvel album qui, quoi qu'on en dise, passent plutôt bien sur scène ! Leur aspect plus direct et « rock'n roll » colle parfaitement aux conditions lives. Une partie du public reprend même en cœur les refrains... Mais bien évidemment, les avis divergeront selon les sensibilités de chacun (Gounouman, par exemple, n'est pas réellement convaincu par ces morceaux). Il est vrai que l'ambiance ne sera véritablement explosive que sur les titres plus anciens, et notamment sur les « classiques » du groupe. A ce titre, Edguy nous offre une setlist revue et corrigée par rapport aux premières dates de l'actuelle tournée. C'est ainsi que les titres « Nine Lives » et « Until We Rise Again » se voient remplacés par... Babylon et Tears Of A Mandrake ! Autant dire que le public était aux anges d'entendre à nouveau ces hymnes en live...

Edguy est indéniablement un groupe rôdé à la scène, peut-être même un peu trop car certains passages semblent prévisibles voire 'préparés'... Mais qu'importe, le plus important est de passer du bon temps, et c'est bien le cas de cette soirée ! On retrouve donc, avec toujours autant de plaisir, les sempiternelles pitreries et autres plaisanteries du sieur Tobias (la simulation d'un slow langoureux sur « Save Me », la réponse “No, I'm Tobi” à l'encontre d'un fan qui lui crie “You're wonderful”, l'auto-dérision sur l'aspect 'commercial' du groupe, etc...), le traditionnel concours de chant entre parties droite et gauche du public (les fameux “sing along” ) et les habituels traits d'humour qui émaillent toujours les shows du groupe (dont un oubli dans la setlist de la part de Tobi qui s'en sort comme il peut)...

Mais le public, chauffé à blanc, réserve également une surprise au groupe en entamant, entre deux morceaux, « La Marche des Gendarmes » (un clin d'œil que les allemands avaient offert à ses fans français à la sortie de Mandrake). D'abord surpris, puis hilares, les membres du combo en profitèrent pour pousser encore plus loin la participation du public en l'incitant à chanter de plus en plus fort...

La setlist du concert se montre équilibrée, malgré l'absence de vieux titres issus des premiers albums ou d'autres 'classiques' (difficile toutefois de pouvoir contenter tout le monde, la discographie des allemands devenant très fournie). La symbiose entre le groupe et son public est totale sur les hits que sont Headless Game, Babylon, Superheroes ou King Of Fools, et le magnifique titre épique qu'est The Pharaoh donnant lieu autant à l'explosion des fans sur les refrains, qu'à leur extase sur les breaks (avec le jeu de basse d'Eggi) ou les interludes instrumentaux (et les soli de Jens)... Durant le concert, Felix ira même de son traditionnel petit solo de batterie, entamé sur l'air de « Pirates des Caraïbes », pas fondamentalement extraordinaire, mais tout de même bien sympathique.

Même si certains ont connu des concerts du groupe plus déjantés que celui de ce soir, la prestation des allemands s'avère toujours autant jouissive. Loin d'être prétentieux ou hautains comme certains le prétendent (Tobias se montrera très accessible après le show en acceptant une petite séance de dédicace à l'extérieur de l'enceinte), les musiciens ont affiché une bonne humeur constante durant tout le set, et ils semblent avoir vraiment pris plaisir à jouer ce soir devant leur public. En tout cas, du côté du public, le bonheur était visiblement présent sur tous les visages en fin de soirée... Et rien que pour cela, nous vous disons un grand MERCI messieurs !
Setlist Edguy :
Dead Or Rock
Speedhoven
Tears Of A Mandrake
Babylon
The Pharaoh (live extended version)
Ministry Of Saints
Drum solo
Pride Of Creation
The Headless Game
Save Me
Superheroes
----------
Out Of Control
Lavatory Love Machine
King Of Fools
PS: cadeau de la maison... quelques photos supplémentaires de cette belle soirée .png)
H.E.A.T.


André Matos




Edguy







 |
Le 04 Février 2009