Pour fêter cette nouvelle édition du PaganFest, trois reporters d'HeavyLaw se sont rendus sur place, uniquement pour mieux vous conter cette superbe soirée. Note : les deux premiers groupes ont joué une demi-heure, les deux suivants 45 minutes, Unleashed 1heure, et Korpiklanni 1h20 environ. Enjoy ! .gif)
Gounouman :
Même si je venais de faire ma rentrée à Marseille une semaine auparavant, je ne pouvais pas rater ce qui serait sûrement l’un des événements musicaux de cette fin d’année : Le Pagan Fest, à la programmation particulièrement attractive. Sur cette deuxième et dernière étape française de cette tournée européenne, pas moins de six groupes se partagent l’affiche ; cela promet d’ors et déjà une soirée exceptionnelle !
Malgré l’impossibilité, au vu de mes horaires de cours, d’effectuer une interview avec l’un des groupes présents et de me pointer tôt dans l’après-midi, je suis cependant fermement décidé à en manquer le moins possible… Mon train arrive à Lyon vers 18h45, je raterais sûrement le début des festivités, l’ouverture des portes étant annoncée trois quart d’heures plus tôt. Bah, soyons philosophes : tant que je ne loupe pas l’essentiel, tout va bien !
Balýn :
Deuxième édition de la célèbre tournée qui fait la part belle aux groupes festifs. Malgré l'affiche alléchante, peu de Lyonnais se sont déplacés jusqu'au Transbordeur...
Swashbuckle

Les hostilités commencent avec Swashbuckle. Le groupe, qui nous sert un Thrash / Death à l'imagerie pirate, se voit la lourde tache d'ouvrir la soirée. Les 30 minutes offertes au groupe nous permettront de voir que la musique du combo fait assurément mouche sur les planches. L'imposant bassiste / chanteur assure le show d'une main de maître et nous entraîne dans sa douce folie. Les membres d'Alestorm déguisés en plongeur et en requin viendront rendre une petite visite à leurs compagnons. Assurément bon enfant! Le groupe vient de signer avec Nuclear Blast, à suivre donc.

Ex Deo

Ex Deo... Même si je n'ai pas été tendre avec nos cousins Québécois pour leur premier opus Romulus, je dois reconnaître que certaines de leurs chansons ont un potentiel live assez évident. C'est équipés comme des soldats de l'armée Romaine que Iacono et ses acolytes de Kataklysm arrivent sur scène. A leurs côtés, des fanions estampillés SPQR, un poil cliché mais efficace. Musicalement, rien à dire ; les musiciens sont bien en place et le frontman réalise un sans faute. Moins foufou qu'avec Kataklysm, ce dernier harangue quand même la foule à des moments clés. En tout cas, la musique du combo ressort beaucoup mieux en live avec notamment les passages symphoniques du meilleur effet. Malgré tout j'ai du mal avec la batterie qui manque de puissance. Une bonne surprise néanmoins.

Gounouman :
Et malheureusement, malgré tous mes efforts, je n’arrive dans la fosse qu’à la fin d’Ex Deo, et retrouve avec joie mes amis Kamal (cf report du SummerBreeze), Balýn, MacBrandy et The Inner Circle (et aussi, un petit coucou à Zezze, avec qui nous discutons en fin de concert… HeavyLaw, le site qui rapproche ses fans !) alors que nos québécois n’ont plus que deux chansons à effectuer… Cependant, comme je suis un incroyable veinard, il s’agit de mes deux titres préférés du groupe, les très efficaces « Legion XIII » (le chiffre est même inscrit sur la cuirasse du guitariste), et « Romulus » ! Et autant le chant de Maurizio m’aura rebuté sur album, autant sur scène, je m’incline respectueusement devant César… Qui, en frontman digne de ses lauriers, assure une prestation du tonnerre, secondé à la perfection par ses armées conquérantes ! Honnêtement, je suis surpris, car c’est un vrai coup de glaive que nous assène sans ménagement la formation ! Maurizio, volubile et très charismatique, s’exprime dans un très bon français (avec un fort accent chantant qui séduira sûrement les demoiselles), et les samples symphoniques achèvent de parer de majesté cette impériale prestation. Vraiment, on sent les musiciens aguerris à l’art de la scène, car franchement, Ex Deo, en live… Ca déchire. Un show carré, efficace, qui fait vraiment ressortir la qualité des riffs et rythmiques du groupe. Je ressors de ce court concert encore plus frustré de n’en avoir vu que la fin… A rattraper dès que possible !
Alestorm

Balýn :
Au tour d'Alestorm de fouler la scène du Transbo'. C'est fort de deux sorties en deux ans et d'une réputation live bien établie que le combo écossais investit l'arène. Le public clairsemé mais chauffé à blanc répond bien à la musique du combo et les premiers pogo et Wall of Death se forment. Le frontman passablement imbibé semble prendre plaisir avec le public. Musicalement par contre je suis moins enthousiasmé, je suis loin d'être un fan du groupe sur CD et en live je trouve que ça reste correct même si il manque le petit plus pour me conquérir définitivement.

Gounouman :
J’attendais beaucoup de nos pirates préférés, dont la musique est, sur album en tout cas, d’une rare énergie. D’autant plus que j’avais raté le groupe à deux reprises par le passé, et que j’étais ravi de pouvoir enfin remédier à ça. Première petite déception lorsque le groupe s’installe sur scène : l’attitude et les tenues des musiciens sont très ordinaires, banales même, et n’illustrent pas du tout leur dimension pirate. Quitte à exploiter un bon délire, c’est vraiment dommage de ne pas les voir allez jusqu’au bout, contrairement à leurs potes de Swashbuckle, par exemple ! Deuxième souci : Dani Evans, guitariste de la formation (avec qui je suis en contact par Internet depuis que je l’ai interviewé pour notre beau webzine, héhé), ne semble pas très motivé… Il faudra attendre la moitié du show pour le voir enfin bouger et sourire un peu ! Il nous confiera après coup avoir très peu dormi les nuits précédentes, et souffrir de migraines récurrentes…. Dur, la vie en tournée !
Mais mis à part ces quelques petits défauts qui entachent l’ensemble, Alestorm reste très sympa sur scène. Chris, chanteur-claviériste, à l’air de beaucoup s’amuser, et raconte beaucoup de conneries au public entre les morceaux, public qui se montrera très réceptif. Et les hits s’enchaînent : à l’ouverture « The Quest », succède « Wenches & Mead », « That Famous Ol’ Spiced »… C’est surtout à partir de l’excellente « Nancy the Tavern Wench » que Dani se lâche, et que le public commence à chanter. Moment fort et déluré du show : sur l’ultra-énergique « Keelhauled » (qui fait vraiment fureur sur scène), les mecs de Swashbuckle débarquent sur scène pour mettre un peu de folie dans la prestation ! Un affreux perroquet géant est poursuivi par un pirate énervé et volette en tout sens (quel costume ridicule, lol !), et le capitaine vient chanter un refrain de « Nancy… » avec Chris. Preuve que l’ambiance est très bonne sur cette tournée, et qu’apparemment, les pirates de chez Napalm Records arrivent à voguer sur les mêmes océans que ceux de chez Nuclear Blast en toute amitié… C’est bon à savoir !

Final épique de cette prestation, un requin de plage lancé dans le public (un slammeur fou ira jusqu’à monter dessus pour mieux profiter de la marée humaine), et une brillante conclusion avec l’enchaînement de « Captain Morgan’s Revenge », « Over the Seas », et l’inattendue mais cocasse reprise de « Wolves of the Sea ». Alors, okay, j’attendais encore plus d’Alestorm et je ne suis donc pas aussi fou d’enthousiasme que je l’espérais, mais franchement, cela reste un bon moment de live, et la réaction chaleureuse du public fait vraiment plaisir à voir. Messieurs, ne négligez pas ainsi vos fidèles, et sortez les tricornes pour votre prochain débarquement, c’est un ordre !
Mais à présent, les choses sérieuses vont commencer ! Depuis le temps que j’attends d’admirer Die Apokalyptischen Reiter sur scène… Mon ami Guill647 m’a tellement loué leurs prestations… Que franchement je boue d’impatience ! D’autant plus que le décor de scène semble assez particulier, et que j’aperçois au loin le chanteur Fuchs, qui observe discrètement ce qui se passe et se prépare à enflammer les planches.
Die Apokalyptischen Reiter


Balýn :
Gounou nous entraîne au premier rang pour ne rien manquer du show de Die Apokalyptischen Reiter. Les teutons, véritables prophètes en leur pays, jouissent d'une moins bonne réputation dans nos vertes contrées. La faute à des chansons en allemand et au faible nombre de concerts donnés dans l'Hexagone. Ce soir, les Reiter veulent mettre les pendules à l'heure et marquer quelques points dans l'auditorat français. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est réussi: Show professionnel, son parfait et bonne humeur communicative. Les grands classiques du groupe s'enchainent à vitesse éclair devant un parterre acquis à la cause de Reiter. Le frontman n'hésite pas faire participer le public et fait monter une jeune fille sur scène pour une ballade où il ne prive pas de laisser traîner les mains. Bien évidemment le groupe finit sur son hit Reiter Mania où le fameux canot de sauvetage est de sortie. Les Reiters ont marqués les esprits ce soir.


Gounouman :
Un concert que j’attendais énormément… Et qui m’a emballé, quoique frustré par sa courte durée ! C’est sur une très belle introduction que le groupe fait son entrée, un membre à la fois, masqués par la fumée, tandis que se présente devant nous Doktor Pest, claviériste torturé au look sado-maso d’un goût douteux… Et qui accomplira le concert assis sur une balançoire dans un portique métallique, de profil par rapport au public, tout contre la batterie, bref, de manière assez étrange…. Celui-ci vient faire claquer son fouet devant les fans des premiers rangs en attendant que notre héros, Fuchs, fasse son entrée ! Celui-ci, pieds-nus et tout sourire comme à son habitude, salue la foule avec chaleur, et fait directement monter l’ambiance d’un cran avec son charisme et sa voix d’or. Je pense que beaucoup de personnes qui ne connaissaient pas du tout Reiter auront été conquises ce soir… Pour ma part, au premier rang, je suis le seul à chanter les paroles, et à ma très grande satisfaction, le groupe me remarquera, puisque je recevrais une chaleureuse poignée de main de Fuchs pendant l’introduction de « Revolution », et que Sir G. m’offrira sa baguette à la fin du show ! Mais n’anticipons pas et revenons à cette magnifique prestation.

Même s’il fait l’impasse sur ses trois premiers albums (qui sont pourtant excellents), le groupe assure un show absolument sans tâche, avec folie et énergie. Volk-man et Ady headbanguent de façon synchronisée avec un enthousiasme visible, et Fuchs ne cesse de remuer. Haranguant la foule, escaladant le portique du claviériste, ou même s’élevant dans les airs grâce à une soufflerie qui se déplie sous ses pieds (et agitant fièrement un drapeau lors de l’explosif « Revolution ») ! La prestation est impeccable, et, comme pour les sets précédents, le son est de parfaite qualité. Et puis, ce Fuchs, quelle voix… Difficile de résister ! Les titres s’enchaînent pour le plus grand bonheur des fans présents, et les morceaux tirés du dernier album prennent une toute autre dimension sur scène. Le groupe fera son final sur l’hymne « We will never die », accrocheuse en diable, « Reitermania », qui pioche dans un répertoire plus ancien et fait pogoter la fosse, et enfin « Seeman », ou Fuchs invitera une jeune fille sur scène pour danser avec lui, et la fera finalement repartir dans le public sur un canot pneumatique porté par la foule ! Cela rappelle Tobsucht, l’excellent DVD du groupe, où ils avaient déjà invité une fan sur scène. Bref, du début à la fin, un excellent concert, que l’on aurait voulu ne jamais voir finir !

Furent joués (setlist désordonnée, mais…complète, je pense) :
- Wir Sind Das Licht
- Revolution
- Nach Der Ebbe
- Riders on the storm
- Es Wird Schlimmer
- We will never die
- Adrenalin
- Reitermania
- Seeman
Unleashed

Balýn :
C'est maintenant à Unleashed d'investir la scène. Le groupe de Death Metal suédois fête ses 20 ans de vie et nous sert des morceaux de toutes les époques. La fosse est moins garnie que lors du passage de Die Apo mais qu'importe le groupe ne fait pas de quartier. Mais même si l'envie est là le résultat est un peu décevant ; Unleashed a assurément des morceaux accrocheurs (The Longships are Coming) mais la présence de quelques titres moins réussis ne permet pas de passer un excellent moment. Dommage car les musiciens sont en place, un peu trop peut être à cause de cette impression de show en roue libre. Le groupe sera de retour sur les routes prochainement selon les dires de Johnny Hedlund le chanteur / bassiste.

Gounouman :
Unleashed, de loin le groupe le plus extrême de la soirée, possède une excellente réputation sur scène. Même si j’avais raté leur prestation au Ragnarök Festival en Allemagne, je sais qu’une bonne partie du public s’était déplacée pour eux. Et effectivement, je dois avouer que leur Death Metal guerrier passe plutôt bien sur scène. Si la prestation est solide, et les musiciens vraiment à fond (notamment le chanteur, qui présente les morceaux et fais tout pour motiver la foule), je dois avouer que je resterais en arrière, faisant des allez et retours pour discuter avec les membres des groupes précédents. Le Death Metal n’est pas tout à fait mon style de prédilection, à vrai dire… Cependant, je pense que les fans auront très certainement apprécié cette très bonne prestation et ces riffs qui arrachent tout !

Korpiklaani


Balýn :
Dernier groupe à jouer ce soir Korpiklanni, le groupe finlandais a vraiment explosé ses dernières années grâce à des excellentes critiques des albums du combo et à des prestations lives qui ne laissent personne indifférent. Mais moi Korpi' je peux pas... trop de Youpi Metal tue le Youpi Metal. Je reconnais les qualités de la musique des finnois mais je ne suis pas du tout dans le "show". Les chansons les plus anciennes sont assurément celles qui passent le mieux l'épreuve du live et ce que j'ai entendu tiré du dernier album ne m'ont, en revanche, pas convaincu du tout. Le rappel du groupe composé de "Beer, Beer" et "Hunting Song" met la fosse en trance et finit de belle manière cette édition du Paganfest.


Gounouman :
Et pour finir gaiement ce sympathique fest., voici Korpi !! Même si j’ai déjà vu le groupe deux fois auparavant, c’est toujours un plaisir de voir nos joyeux finlandais enflammer la fosse grâce à leurs irrésistibles et si joyeuses ritournelles. Mais je serais moins enthousiaste cette fois-ci que pour leur excellent show à Marseille avec Battlelore : moins de surprises, et force est de constater que les nouveaux morceaux ne rendent pas un effet terrible sur scène. Autant j’ai été le premier à défendre leur orientation plus lente et plus Heavy sur Karkelo, autant lorsque Jonne annonce ses titres comme « plus sombre, plus heavy, plus profond », je ne suis pas convaincu : ces morceaux, plus lents et nuancés, rompent avec l’ambiance festive du reste du set. Et si le son est très bon, il n’a pas cette magie unique qui m’avait ébloui à Marseille. A l’époque, Tuli Kokko m’avait subjuguée par ses ambiances shamaniques incroyables. Ici, je resterais davantage dubitatif… Heureusement, Jonne est toujours aussi souriant, le violoniste est toujours un zombie (plus impassible et inexpressif, tu meurs), le guitariste et le bassiste toujours facétieux, bref : c’est du Korpi. Et comment résister à « Cottages and saunas », « Journey Man » et autres « Vodka » ?! Même un Korpiklaani moins convaincant qu’à l’accoutumée reste un bon Korpiklaani, joyeux et divertissant comme il se doit ! Sympathique, donc, surtout que le public semble ravi !


Je conclurais ce petit report en évoquant maintenant notre fin de festival. Après avoir acheté un tee-shirt, je discute longuement avec Fuchs, de Die Apokalyptischen Reiter, qui me parle de l’album qui sortira probablement l’été prochain, ainsi qu’avec Dani, d’Alestorm, qui me parle un peu des joies (ou pas) de la vie en tournée, et confie à chacun de ses deux musiciens un album de mon groupe. C’est un honneur pour moi de les voir partir avec ! Puis, The Inner Circle, Kamal et moi allons à la pêche aux souvenirs : rencontres, photos… Quelle magnifique soirée ! D’autant plus que nous parlons pas mal avec Maurizio d’Ex Deo, un gars vraiment gentil et chaleureux qui se débrouille très bien en français et a déjà hâte de revenir !
Lorsque nous attendons près des tourbus pour profiter de l’ambiance magique de cette fin de soirée, voilà qu’il se passe quelque chose d’extraordinaire : les fans se sont maintenant dispersés, il y a donc plus de musiciens que d’amateurs ! Compréhensifs, les types de la sécurité nous laissent volontiers franchir les barrières. The Inner Circle pourra ainsi poser avec le beau Maurizzio, Kamal avec le volubile et vraiment gentil Johnny d’Unleashed, et moi avec Die Apokalyptischen Reiter au grand complet ! Sans compter la gentillesse d’un Dani d’Alestorm bien bourré, et la générosité de Jonne de Korpiklaani qui nous offre gentiment des bières…
Bref, un festival plein de bons moments, et nous reprenons la route des étoiles dans les yeux et des chansons folk dans le cœur. C’était, une fois de plus, le plus beau jour de ma vie…Et cette fois, aucun fan présent ce soir ne me contredira !!
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Fin assez émouvante ceci dit! Sa a du être une bien belle fin de soirée!
Le 21 Octobre 2009