Metallica, 2e prise, action ! Après le chaudron nîmois, me revoilà au rendez-vous pour accueillir Metallica en France comme il se doit. Cette fois-ci, c'est la ville de Lyon qui a été retenue, et sa gigantesque (il n'y a pas d'autre mot) Halle Tony Garnier. En effet, la salle ressemble plus à un hangar qu'autre chose, et si quelques timides gradins (1000 personnes à tout casser) sont dressés en bout de salle, tout l'espace restant consiste en la fameuse scène centrale de Metallica, plantée en plein milieu et une énorme place tout autour en guise de fosse, prête à être foulée par quelques 17000 personnes. On le répète peut-être à chaque fois, mais voilà une disposition unique qui distingue chaque concert de Metallica de celui de n'importe quel autre groupe. Alors oui, il faut être un poids lourd pour se permettre d'imposer un tel dispositif, mais Metallica n'est pas le seul grand nom dans le domaine du Hard-rock (pour faire large)...
Enfin bref, après une attente caniculaire, une place revendue et 2 petites heures à l'intérieur, "High On Fire", premier groupe de la soirée est prêt à s'élancer.
High On Fire :
Pour le coup, pas de bol. Le groupe n'ayant visiblement aucun retour sur le côté droit (si tant est qu'il puisse y avoir des côtés quand parle d'une scène circulaire...), et le matériel de ce même côté n'étant de toute façons pas allumé, j'aurais le droit à voir un groupe de dos. En encore, entre les batteries des autres groupes disposées sur scène et la tonne de matos, je verrais le batteur et c'est tout. C'est à peine si le chanteur viendra de temps en temps se tourner vers nous histoire de dire coucou et de recevoir des insultes de la part de la moitié d'un fosse qui ne voit rien en fin de compte.
Musicalement, nous sommes en présence d'un mélange thrash/heavy/un poil doom, avec un chanteur qui grogne. Si l'entame est plutôt efficace, la voix devient vite pénible, le son évolue en purée sonore de niveau 3 et les 30 minutes allouées se révèlent alors bien longues. Ajoutez à ça la perte visuelle, et vous comprendrez que je n'ai rien à dire si ce n'est que je me suis bien ennuyé...
Volbeat :
En deux mots : grosse claque. Pour commencer, les danois de Volbeat ont accès à toute la scène, à 4 micros placés dans les coins et peuvent faire profiter tout le public de leur show. Et pendant leurs 45 minutes, vont être propulsés les morceaux les plus directs de leur répertoire, à commencer par le monstrueux "The Human Instrument" en ouverture, introduit par une batterie au son destructeur, morceau qui démontre en 4 minutes que Volbeat n'est pas constitué de rigolos, que les mecs savent jouer de façon simple mais efficace, tout en sonnant bien plus metal que nombreuses formations le prétendent. Ici, nous avons affaire à un gros melting-pot : heavy, punk, country, rock, rockabilly, tout y passe, même si le cocktail est dilué dans une grosse dose de métal, pour ce soir du moins.
Cette date étant la dernière de la tournée indoor, les musiciens ont eu le temps de bien s'adapter à la scène et l'arpentent en n'oubliant personne, tout en balançant leur gros rock n' roll avec bonne humeur et précision.
Sans être un expert de leur discographie, nous avons eu le droit entre autres à "Sad's Man Tongue", dédié à notre ami Ronnie James Dio, le terrible "Halellujah Goat", "Guitar Gangsters & Cadillac Blood" ainsi que "Still Counting" en final un peu décalé. Le son était peut-être un poil brouillon par instant, mais globalement correct et surtout très massif, nous permettant d'apprécier la musique proposée à sa juste valeur.
En conclusion, un très bon moment proposé par un groupe qui a su rallier le public à sa cause et le fera même se déchaîner en exécutant le riff de "Rainin Blood" de Slayer en guise de clôture. Le groupe sort acclamé, et il nous faut maintenant attendre la grande star du soir.

Setlist (d'après setlist.fm) :
The Human Instrument
Radio Girl
Sad Man's Tongue
Hallelujah Goat
Mr. & Mrs. Ness
I Only Want to Be With You (Dusty Springfield cover)
Boa [JDM]
Pool of Booze, Booze, Booza
Guitar Gangsters & Cadillac Blood
Rebel Monster
Still Counting
Rainin Blood (intro) (Slayer Cover)
Metallica :
Metallica se fait un poil désirer, puisque les lumières s'éteindront un quart d'heure après l'horaire "initialement prévu", mais qu'importe : dès ce moment, la foule crie, hurle, pour ne plus s'arrêter 2 heures durant. La fameuse intro "The Ecstasy of Gold" retentit et l'on sait déjà que ça va être magique, car, au fond, comment pourrait-il en être autrement ?

Les lumières restent imperturbablement éteintes lorsque s'élève dans la sono l'entame de "Death Magnetic", dernier album de la bande, et qu'un impressionnant jeu de laser fait son apparition. Bam, "That Was Just Your Life" retentit, les apparitions de chacun des Horsemen déclenchent ovations et mouvements de foules colossaux, tandis que le groupe joue toujours avec pour seule lumière celle des lasers virevoltant sans cesse. Et pour faire simple, c'est une véritable guerre qui se livre en fosse. Tout le monde pousse, et pas forcément vers l'avant... Dans un bon esprit certes, mais il faut tout de même jouer des coudes pour ne pas se faire écraser tel le pauvre hérisson croisé quelques heures plus tôt au bord de la route...

Logiquement, "End of The Line" suit la marche et prend une dimension supérieure en live, faisant de son riff principal un rouleau compresseur mettant tout le monde d'accord. Les Mets sont maintenant éclairés de manière plus traditionnelle et l'on se rend compte du petit footing auquel ils se livrent, bougeant sans cesse pour ne léser aucune frange du public. Une fois ces deux blocs massifs enchainés, James s'adresse au public et lui demande si il est prêt à entendre une vielle chanson. Et c'est parti pour "For Whom the Bell Tolls", ambiance garantie !

Alors, il est difficile pour moi d'être objectif, étant d'une part un fan ultime, et de l'autre part dans un fosse en ébullition, donc avec aucun recul sur les détails de la prestation de Metallica. A ce niveau là, on se laisse porter par la musique tout en bataillant sec avec son voisin, donc on repassera pour une analyse en précision. Toujours est-il que le son est parfait, les mets en forme, James en voix et Kirk semble ne planter aucun solo (en tout cas, "One" sera fort bien exécutée cette fois-ci...). Et on ne compte plus les grands moments de ce concert, que cela soit l'épique "One" à l'intensité inégalée, "Fade to Black" et son final en apothéose, le pachydermique "Sad But True", "Master of Puppets" et son twin solo, ou le discret hommage s'il en est à Dio avec la mélodie de "Heaven & Hell" exécutée brièvement, mais impossible de me souvenir à quel instant...

Les membres sont souriants et n'hésitent pas à communiquer avec le public, qui leur rend bien il faut le dire, en leur mangeant dans les mains. Et à propos de main, je devais replacer mes cheveux (qui auront beaucoup soufferts durant cette soirée...) lorsque je sens un petit picotement dans ma main droite (qui me servait donc à me recoiffer) et qu'en fait le médiator de James venait juste de m'atterrir dans la main... Bon ben ça c'est fait...et au moins moi il aura vraiment joué avec, pas comme les 10000 qu'ils jettent par poignée à la fin, nananèreuh...

Pour les personnes les ayant vus à Nîmes, la surprise viendra du fait qu' hormis les classiques évidents ("Sad But True", "Enter Sandman", "Master of Puppets",...) et "Fade to Black", dégainée pour mon plus grand bonheur, le reste des morceaux proposés (c'est-à-dire un total de 11) sera intégralement différent de la setlist nîmoise. Jugez un peu, le primitif et incisif "Through The Never", le culte "Battery", mettant à feu et à sang la fosse, "Whiplash", ou comment tout casser avec un riff ne comportant qu'une seule note, "Wherever I May Roam", et j'en passe...

Pour dire, les morceaux issus de "Death Magnetic" seront justement ceux n'ayant pas été de la partie à Nîmes, exception faite de Judas Kiss, privée de sortie (et ce n'est pas plus mal). Bel effort de renouvellement (hein AC/DC ? hein ? hein ? Comment ça je l'ai déjà dit plein de fois ? Ouais ben pas grave, je répète pour ceux du fond qui ont pas suivi), et preuve que ce dernier album est parfaitement à l'épreuve de la scène. Car, franchement, qui aurait cru voir sur scène "Unforgiven III" ? Et pourtant, la ballade atypique de la dernière offrande répond présente et passe comme une lettre à la poste. On peut en dire autant de "My Apocalypse", pas très fin mais débouchant bien les oreilles.

Après le classique "Enter Sandman", monstrueux une fois de plus, le groupe se carapate pour revenir et entamer le début de "Suicide & Redemption" en début de rappel. En clôture, hormis l'inévitable "Seek & Destroy" et son lâcher de ballon, c'est donc "Whiplash" qui nous est livré, précédé de "Helpless", reprise de "Diamond Head". Alors bon, si il devait être fait un reproche, ce serait celui-là, mais c'est juste à titre personnel. "So What" ou "Am I Evil ?" (aussi de Diamond Head celle là) ne m'auraient pas déplus...

En conclusion, concert absolument énorme, ambiance survoltée, surprises relatives au niveau des morceaux joués, que voulez-vous de plus ? On les dit fatigués, has-been. Lars n'est plus aussi puissant. Il est à la peine dans "One". Trujillo est ridicule. Hein ? Quoi ? Qu'ouis-je ? Je ne sais pas ce qui me retient de sortir mon canon à "LOL" et de retapisser les murs des chambres des détracteurs. Trouvez-moi beaucoup de groupes assurant un show de 2H, se déplaçant en permanence, possédant un tel répertoire et se révélant aussi proche du public malgré leur stature de plus grand groupe de métal au monde (il faut le reconnaître).
Vous voyez, le dispositif scénique était assez impressionnant. D'énormes cercueils accrochés au plafond détenant les spots et s'inclinant différemment tout au long du concert, des lasers, une batterie qui tourne, une immense scène, plusieurs micros. Et pourtant, quand Metallica joue, ils jouent, ils jouent et c'est tout, ils jouent simple, n'en font pas des tonnes, ne se réfugient pas derrière de superflus artifices scéniques. Loin de moi l'idée de critiquer des mises en scène à la Rammstein (je suis fan absolu de ce genre de spectacle), mais il est tellement appréciable de voir ces légendes, peut-être bien les plus grandes, se donner sans compter et ne cherchant pas à en mettre plein la vue à tout prix.
Enfin bref, mission accomplie pour les Mets, qui sont décidément loin d'être détrônés dans mon palmarès live. Et bon, il va falloir qu'ils reviennent, et vite ! Avec un peu de chance, leur tournée spéciale (qui pour le coup devrait être démesurée en terme de mise en scène, "Notre The Wall" qu'ils disent...vlà que ça fait mentir mon paragraphe d'il y a 3 lignes...) de 2011 passera pas dans le coin.
En tout cas, une pensée aux absents, aux absentes, à Guy Carlier ("Toi qui n'aimes pas le "hard-rock mou", ça t'aurait plus, ahahah...") et à Ronnie James Dio, qui doit être tranquillement assis à boire un verre de vin et bien se marrer à nous regarder suer comme ça n'est pas permis...
Setlist :
That Was Just Your Life
End of The Line
For Whom the Bell Tolls
Through the Never
(peut-être bien la mélodie d'"Heaven & Hell")
Fade to Black
Sad But True
My Apocalypse
Wherever I May Roam
Unforgiven III
No Remorse
One
Master of Puppets
Battery
Nothing Else Matters
Enter Sandman
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Suicide & Redemption (début)
Helpless (Diamond Head Cover)
Whiplash 
Seek & Destroy (avec le trüe lâcher de ballons of steel)
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Ils pourraient avoir la tête grosse comme une pastèque mais ça n'est pas le cas, toujours en contact humain avec le public
Je m'attendais même pas à prendre un tel pied, groupe légendaire qui est fait pour la scène !!!!!
Juste pour être chiant un ptit motorbreath ou creeping death aurait été bienvenu
Le 25 Mai 2010