| Kells - Leaves' Eyes - Tarja Turunen | ||
|---|---|---|
| Lieu : Karlsruhe, Allemagne | Reporter: Nightguest | Date : 07-05-2011 |
| Votre reporter préféré est parti s’exiler en terres teutones pour une bien jolie affiche (pour les adeptes du genre). Ce sont les français de Kells, les allemands de Leaves’ Eyes et la diva Tarja qui se sont regroupés pour un grand nombre de dates en Allemagne (et, notons le bien, aucune en France). Pour faire un peu d’historique, la salle fait aussi restaurant traditionnel, et a plein de fenêtres sur l’extérieur. Comment ça on s’en fout ? Ben non, ça change les luminosités ! Les premières parties souffraient par exemple d’un éclairage hybride, mi spots mi lumière naturelle. Quoi qu’il en soit, la France est sur-représentée sur cette date quasi-frontalière, Winterstorm France s’est déplacé en masse, et a rejoint d’autres français, pour truster les premiers rangs. Mais passons plutôt aux choses sérieuses. Kells Reminescence Avant que tu Mes Rêves Le Manège Déchanté Sans Teint L’heure que le Temps va Figer La Sphère Lueur Se Taire Le set des français est assez classique, mais intègre une nouvelle chanson bien punchy pour terminer le set : Se Taire. Le groupe est en pleine forme, boosté par leur succès sur les dates précédentes en Allemagne. L’énergie et la bonne humeur sont présentes, Virginie pousse le public à réagir, comme à son habitude. Si sur certaines dates (avec Epica et ReVamp à Paris par exemple) les interactions se faisaient trop nombreuses, cherchant à accrocher un public difficile, ici au contraire le courant passe parfaitement, et l’assistance réagit vivement à tous les appels. Le groupe a plaisir à jouer, et tous ces français devant là ont montré aux allemands qu’ici aussi on savait metaller. AH MAIS ! Malgré le peu d’espace disponible sur scène (les batteries des trois groupes étaient déjà montées, donc Laurent et Pat ne pouvaient pas vraiment se déplacer), Kells arrive à transmettre son énergie. Un son très propre complète le tableau, permettant aux frenchies de convaincre une nouvelle salle pleine d’allemands, et la pression ne retombe jamais, chacun des titres étant d’une rare efficacité en live ! Le groupe met le feu avec des titres comme Avant que tu, ou son single La Sphère, qui font toujours leur petit effet. Virginie s’aventure dans les registres plus extrêmes en growlant sur les nouveaux titres, puis en alternant avec des passages à fleur de peau, comme sur l’Heure que le temps va figer, le Manège Déchanté ou Se Taire. Le troisième album des lyonnais promet de taper fort, et bien. Après un set d’une demi heure, Kells quitte la scène pour laisser la place à Leaves’ Eyes, venus représenter leur nouvel album Meredead. Leaves’ Eyes Spirit’s Masquerade Velvet Heart Take the Devil in Me My Destiny Etain Melusine Elegy To France Freya’s Theme Mot Fjorne Land Il semblerait que le côté droit de la scène ait subi ce set, puisqu’il n’entendait, paraît-il, que la batterie. Depuis le milieu, tout allait pourtant bien ... La grande question qui se posait était : est-ce que Leaves’ Eyes arrivera à donner une dimension live aux morceaux de Meredead qui sont a priori moins punchy et efficaces que ceux de Njord ? La réponse et oui. Et, miracle, Alexander Krull est absent de la scène lors des morceaux où il n’intervient pas. Oui oui vous avez bien lu, il n’était présent que sur Take the Devil in Me, My Destiny, Melusine et Freya’s Theme. Ainsi le plus gros point noir du groupe (à savoir sa volonté de mettre de l’ambiance à tout prix, au point d’empêcher le public d’entendre correctement le filet de voix de Liv Kristine) n’existe plus ! On en vient même à le regretter (ou presque) : Liv Kristine a encore quelques progrès à faire en tant que solo-lead. Le public réagit bien à ses timides appels, mais elle n’arrive pas à mettre autant d’ambiance que son chevelu de mari. Leaves’ Eyes aurait donc trouvé un équilibre, permettant à la fois de jumper et de profiter parfois plus calmement de la musique ! Concernant la musique justement, le choix des pistes est judicieux, on enchaîne ainsi les titres tubesques. Mention particulière à Melusine, extraite de l’EP du même nom, qui malgré son titre de ballade se révèle être détonante d’énergie. La plus grosse faiblesse de la setlist se révèle finalement être l’introduction, Spirit’s Masquerade ne permettant pas de capter l’attention du public déjà bien réveillé par Kells. Heureusement, les morceaux suivants ont vite fait de convaincre. Et puis, les allemands jouaient en territoire conquis ! Liv Kristine est étonante de justesse, et montre par exemple sur Etain qu’elle est aussi tout à fait capable de puissance. C’est finalement sur l’hymne Freya’s Theme de Njord (on regrettera un peu Sigrlinn) que le groupe tire sa révérence. 45 minutes, c’était un peu court ... Mais pour beaucoup, les choses sérieuses commencent maintenant. Tarja Anteroom of Death My Little Phoenix I Feel Immortal Dark Star I Walk Alone Drum Solo (William Tell Overture) Band Solo Little Lies Underneath The Siren Medley Acoustique (Higher than Hope, We Are, Minor Heaven, the Archive of Lost Dreams) Ciaran’s Well In for a Kill Rappel End of All Hope Die Alive Until my Last Breath Comme Tarja nous y a habitués sur sa précédente tournée, un voile portant la couverture de What Lies Beneath se dresse entre la scène et le public. Les premières notes de If you Believe s’élèvent dans l’obscurité (oui, il fait enfin nuit), et les membres du groupe rentrent un par un sur scène. Finalement, ce sont les notes au clavecin d’introduction à Anteroom of Death qui résonnent, et la belle fait enfin son entrée. Le morceau fonctionne d’autant mieux que Kevin Chown, son bassiste de session, fait les choeurs masculins habituellement gérés par Van Canto. On retrouve d’ailleurs son brin de voix sur plusieurs morceaux : sur the Siren (où il n’arrive pas tout à fait à faire oublier Marco, mais s’y essaye plutôt bien), et sur le set acoustique particulièrement. Malgré sa maladie des derniers jours, Tarja a balayé les inquiétudes en assurant, non seulement vocalement, mais aussi scéniquement: elle débordait d’énergie, et transmettait son émotion au public. C’était en effet la première fois qu’elle revenait à Karlsruhe après y avoir étudié, et la nostalgie était bien présente. La setlist était pas loin d’être parfaite aussi (il manque toujours des titres comme Enough ou Stargazers), ratissant large parmi les fans de Nightwish (trois chansons, et pas de Where Were you Last Night) et parmi ses propres fans. Finalement, le moment le plus ennuyeux est le solo de batterie de Mike Terrana, autrement appelé Tagada Tsoin Tsoin, parfois connu sous le glorieux sobriquet de “the Mom Song”. Pourquoi ne change-t-il pas un peu de morceau ? Là, plus aucune surprise. Sauf quand il commence à boxer son instrument. Autre point positif : Tarja a échangé ses tenues d’inspiration poubelle (les aurait-elle brûlées ?) contre un corset très travaillé, et une jolie robe sobre. Après un the Siren très réussi, le groupe s’assoit en rond pour le désormais classique medley acoustique. L’occasion de remarquer que Tarja ressemble de plus en plus à un groupe qu’à un projet solo. Le set acoustique dure une quinzaine de minutes après lesquelles Tarja reprend deux chansons pour mettre le feu, et s’eclipse avant de revenir dans sa belle tenue blanche. Le rappel est, comme à son habitude, constitué de trois tueries : End of All Hope, Die Alive, et Until my Last Breath. Après ses dernières respirations, un salut cabaret-style, et tout ce beau monde repart en coulisses, laissant le public désemparé. Tout ça était trop court. Malgré ses quelques petits défauts (un set assez prévisible pour Tarja, une température caniculaire dans la salle, des choix de jeux de lumière discutables), la Dream Team du soir a bien fait son travail, pour peut-être le meilleur concert de Tarja que j’aie vu. Reste plus qu’à faire la même chose en France … |
||
Le 14 Mai 2011
Le 12 Mai 2011