La voilà la deuxième journée, placée sous le signe du thrash ! Car entre Destruction, Sodom ou Kreator, il y a de quoi faire pour le thrasheux en manque de circle pit...
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SAMEDI
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Crucified Barbara

Doryan : Quoi de mieux que quatre charmantes donzelles pour se réveiller un samedi matin ? Franchement rien. Qui plus est le soleil est au rendez-vous ce matin contrairement à la veille ! “Y’a du soleil et des nanas, darlidadada...”, voici l’air qui me vient directement en tête donc. Mais, c’est le heavy/hard-rock complétement décomplexé qui me happe juste après. Trente de minutes de musique vaginale (le contraire de couillu s’impose ici) réalisés par quatre filles sexy mais qui, fort heureusement, mettent plus en avant la plastique de leur guitare que la leur. Car musicalement parlant, elles en ont à dire des choses les petites suédoises. D’excellents refrains agrémentés de rythmiques efficaces et furieuse envie de réveiller Clisson en ce samedi matin. Un petit “Hé, les garçons vous êtes prêt, elle est pour vous celle là” avant d’entamer “Sex Action”, il n’en fallait pas moins pour donner un coup de fouet à tous les hommes en rut devant la main stage 2 (et il y en avait beaucoup !). Les demoiselles nous ont fait le plaisir de jouer un morceau inédit de leur prochain album qui sortira fin 2011 ! Un titre qui m’a franchement convaincu, dans la même veine que leur dernier album “Til Death Do Us Party”, c’est à dire direct, puissant, mélodique et percutant. Comme leur prestation au Hellfest !

Cyric : Difficile de se lever en ce samedi matin, d’autant plus que l’affiche de la journée n’est pas des plus géniales. Et ce ne sont pas mes camarades qui diront le contraire ! Pourtant, me voilà qui déboule en pleine main stage pour aller voir les Crucified Barbara. Hé oui, on ne saurait résister à l’appel de quatre nanas charmantes prêtes à en découdre avec leur hard rock décomplexé. C’est sympa, c’est loin d’être compliqué, c’est mélodique et les compos font mouche. Alors, on est pas bien, là ?

Total Fucking Destruction

Nola : Avec un nom pareil il était impossible pour Balin et moi de louper ce groupe de bon matin sous la Rock Hard Tent. Et grand bien nous en a pris puisque le groupe de grind américain nous a permis d’ouvrir la journée sous les meilleures auspices possibles. C’était frais, enlevé et absolument pas prise de tête. Malgré les éternelles problèmes de son de la Rock Hard, les trois musiciens, visiblement heureux d’être là (ils mentionnent d’ailleurs le Hellfest sur le site), ont donné la pêche à la foule de curieux venus les applaudir. Au programme des titres courts dans la plus pure lignée du grind (la set-list affichée sur les amplis faisait bien six pages de long) qui décrasse les oreilles et pas mal de déconnade. Mention spéciale à la dernière chanson (écrite par le chien du batteur) d’une mesure qui met fin à ce concert déjanté annonçant une journée exceptionnelle sur le site de Clisson. Chouette découverte !

Balin : Un peu la tête dans le seau au levé je décide d’aller voir Total Fucking Destruction sous la Rock Hard Tent histoire de se réveiller les esgourdes. En effet quoi de mieux qu’un groupe de Grind des familles pour faire redémarrer la machine? Des titres courts, efficaces et humoristiques qui font mouche sans connaître ne serais-ce qu’un accord de la musique des américains. En tout cas le trio donne tout ce qu’il a pour les spectateurs qui ont fait (le bon) choix de se lever un peu plus tôt. Le batteur déchaîné n’hésite pas à se lever pour haranguer la foule notamment sur un "I Want to be Alone" qui fait son petit effet. Les trente minutes se terminent sur une note d’humour et une chanson d’une seule et unique mesure qui clôt le set comme il avait commencé : avec le sourire.

Mazette ! Z'avez vu la longueur de la set-list ?
Whiplash

Nola : Premier concert de thrash pour Balin et moi pour ce samedi presque à thème (d’ailleurs les allergiques au genre apprécieront). Les américains délivrent une performance honorable et entraînante qui, hélas, a du mal à ressortir par rapport au reste des concerts. Mais en attendant, Whiplash met du cœur à l’ouvrage et entraîne les festivaliers présents avec lui. Conscient de la longue journée du s’annonce pour les fans de thrash, le chanteur, Tony Portaro, encourage le public à lancer des ovations pour les groupes à venir. Et on a hâte d’y être !
Golder : J’avais déjà entendu parler de Whiplash comme étant les dignes successeurs du thrash et je dois avouer que j’ai pris une bonne tarte, c’est frais, c’est énergique et ça nous donne envie de headbanguer comme des dingues, belle entrée en matière pour la journée.
Balin : Ayez’ les choses sérieuses commencent pour les amateurs de Thrash avec le concert de Whiplash. Malheureusement si les américains ont une côte d’enfer auprès des amateurs du style je ne suis pas certain que ce concert en terre française leur fasse exploser leur fanbase. En effet l’impression d’un show en roue libre se fait vite ressentir, sans oublier beaucoup de blabla pour seulement 30 minutes de show. Bref ça se laisse écouter mais c’est loin d’arriver à la cheville de l’intensité des groupes qui suivront.

Angel Witch

Nola : Sans transition direction la Mainstage 01, pour retrouver les anglais de Angel Witch pour quarante minutes de NWOBHM. Au milieu de cet océan de metal extrême dans lequel nous allons baigner toute la journée, c’est agréable de changer de crémerie et de varier les plaisirs. Sobre et efficace, le show des anglais est sympathique à souhait à l’image d’”Angel Witch”, avec lequel le concert se termine dont le refrain est repris en chœur par le public motivé.

Balin : Là par contre c’est une autre paire de manche! Je mourrais d’envie de voir les anglais de Angel Witch sur scène, en effet leur opus éponyme sorti la même année qu’un certain Iron Maiden est, à l’image de ce dernier, une perle d’album de NWOBHM. Et bien sur scène le groupe le défend plus que bien puisque pas moins de 7 titres sur les 8 que compte la setlist sont tiré du dit opus! Que du bonheur pour moi, pour ne rien gâcher le son est bon et le groupe heureux d’être là! Notamment le seul membre du groupe d’origine Kevin Heybourne qui rend une copie parfaite à la guitare et au chant. Mention spéciale à un certain Bill Steer, plus habitué à jouer de la guitare lead chez les mythiques Carcass que de la guitare rythmique, qui se fond dans l’entité avec une facilité déconcertante et jamais ne tire la couverture à lui. Le concert se conclut sur la mythique Angel Witch repris en cœur par un public conquis par la prestation des anglais.

Set-list :
1. Gorgon
2. Confused
3. Sorceress
4. White Witch
5. Atlantis
6. Angel Of Death
7. Baphomet
8. Angel Witch
Hammerfall

Doryan : Je dois vous avouer avoir été sceptique avant le début du show. D’un côté les suédois ont participé à mon intégration dans le monde du métal et certains de leurs albums me trottent encore en tête (“Crimson Thunder” entre autres) et d’autre côté, je n’écoute presque plus de power et leur dernier album m’a quelque peu déçu. Donc je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre. Et bien, il a fallu pas plus d’une chanson pour que je rajeunisse de 8 ans, période où je découvrais le métal. J’ai eu l’impression, pendant tout le show, de retourner dans ce power addict que j’ai vécu pendant plusieurs années. Et tout compte, les morceaux tirés d’Infected passent très bien en live. Je dirais même plus, des morceaux tels que “Bang Your Head” ou encore “One More Time” sont littéralement taillés pour le live. Et pour aller plus loin, en réécoutant l’album dans le train du retour, l’album studio est, ma foi, fort agréable en fait. De plus scéniquement, le groupe est à l’aise avec Joacim Cans en totale communion avec son public. Un groupe avec la banane et qui enchaînent des titres aux refrains dévastateurs. Le couple gagnant pour le live. Le final “Hearts On Fire” et “Let the Hammer Fall” chanté à l'unisson par le public terminent un show carré, intense et franchement jouissif. Le marteau n’a pas encore fini de faire parler de lui !

Cyric : Aïe, moi qui ne suit pas ce que l’on pourrait appeler un fana de power/metal, je me laisse de nouveau entraîner pour assister au live des Suédois. Bien m’en a pris ! Le frontman est un sacré bavard et échange de nombreuses paroles avec le public, l’invitant à reprendre les paroles. Le public étant réactif, l’alchimie opère et l’on passe un agréable moment.
Golder : On ne peut pas dire que Hammerfall soit le groupe qui m’a fait me déplacer au Hellfest cette année et c’est tout à fait par hasard que je me suis trouvé là, au début de Bang Your Head et j’ai passé un moment fort agréable. En particulier la vanne de fin de show pour ceux qui n’avaient jamais vu Hammerfall live (moi y compris) : “Mais vous étiez où ces 15 dernières années ?” et l’inévitable Let The Hammer Fall pour conclure un show carré, professionnel et distrayant.

Setlist :
Patient Zero
Renegade
Bang Your Head
Last Man Standing
Bloodbound
Hammerfall
One More Time
Heart’s On Fire
Let The Hammer Fall
Hail Of Bullets

Nola : La Rock Hard Tent accueille à présent Hail of Bullets pour un show vitaminé placé sous le signe du death metal. Si le groupe semble familier c’est parce que le frontman n’est autre que le chanteur d’Asphyx qui a foulé les planches de cette même Rock Hard l’année dernière. Toujours aussi motivé et énergique, le chanteur prend en main le set des hollandais et on ne voit pas le temps passer pendant les quarante minutes allouées aux musiciens. Les autres membres du groupe sont un peu en retrait mais ce n’est pas vraiment dommageable. Pour changer, le son est plutôt bon et permet d’apprécier complètement le concert.

Balin : Enfin du Death Old School à se mettre sous la dent! J’avais loupé une grand partie du show d’Asphyx l’année dernière et je ne voulais pas renouveler l’expérience cette année, on met donc de côté Hammerfall pour se rendre sous la Rock Hard Tent où les fans de mid tempo et de riffs lourds se sont données rendez-vous. Les Hollandais arrivent sur scène sous les vivas de la foule, nul doute que les deux opus du combo ont été, et ce n’est que justice, grandement apprécie. Le show tourne vite à la boucherie tant le combo domine son sujet et notamment le frontman Martin Van Drunen qui écrase la scène par sa présence comme c’est le cas avec Asphyx, les groupes changent mais l’effet reste le même en somme! 40 minutes qui passent à vitesse grand V grâce notamment à un son de meilleure qualité (le groupe avait son propre ingénieur son) et des compositions aux petits oignons! Vivement une tournée en tête d’affiche.

UFO
Golder : Dire que UFO est le groupe qui m’a fait venir au Hellfest serait un peu exagéré mais ce fut l’un des groupes qui a motivé ma décision en tout cas. UFO est quand même un de ces groupe de rock mythique que l’ont se doit de voir une fois dans sa vie et oui, c’est mérité. Après toutes ses années, UFO a toujours la pêche, ça bouge bien, les musiciens sont toujours au top et Phil Mogg a toujours cette putain de voix, reconnaissable entre tous, surtout quand il chante Rock Bottom ou Doctor Doctor
Balin : Après la guerre de Hail of Bullets il est temps de se reposer les oreilles avec quelque chose de plus soft mais tout aussi intéressant. Il n’empêche que les “papys” d’UFO ne sont pas là pour amuser la galerie avec leur plus de 40 ans de carrière qui a notamment influencé Iron Maiden. Je ne suis pas un grand connaisseur de la carrière des anglais mais l’ensemble m’a paru tout à fait intéressant pour un quasi-profane du groupe, pas mal de titres rentre dedans qui ne semblent pas sentir la poussière et des morceaux plus calme pas trop gnangans. Le tout est très bien exécute, bien chanté et laisse une impression des plus agréables. Et puis bon finir par “Doctor Doctor” c’est quand même la classe.

Municipal Waste
Nola : Deuxième groupe de thrash de la journée, Municipal Waste va tout retourner sur la Mainstage 02. Dans la bonne humeur et les mosh pits, les américains vont enthousiasmer les foules. Il faut dire que le groupe a en stock des titres efficaces taillés pour le live qui peuvent réveiller les plus endormis. Si le temps n’est pas optimal, l’ambiance, en revanche, est au top. Le public réagit avec entrain et s’amuse avec Municipal Waste dont le nom de certaines représente parfaitement l’esprit qui semble animer les quatre compères (“The Art of Partying”). D’ailleurs, Tony Foresta, plein d’humour, dédicace le titre “Drunk As Shit” à l’assemblée qui semble heureuse de cet hommage somme toute bien mérité. Le concert se termine par “Born To Party” durant laquelle tout le monde reprend en chœur “Municipal Waste is gonna fuck you up” ! Même si ce n’est pas très subtil, on ressort du concert avec le sourire et l’énergie d’en découdre. Tant mieux car la journée n’est pas encore finie !
Balin : Voir Municipal Waste si haut sur une affiche est la preuve du succès grandissant des doux dingues américains. Il faut dire que leur tournée sont souvent de très gros succès et que la qualité de leur albums plaident leur faveur. Et le moins que l’on puisse dire c’est que Municipal Waste a marqué de très gros points en terre française. Ambiance de fou furieux, circle pit sur circle pit, setlist énorme, son carré et humour pas toujours très fin, tous les éléments étaient présents pour passer un bon moment. Les compositions du groupe prennent tout leur sens en live et cela se ressent à la réception du public, le ciel de Clisson se transformant rapidement en un gigantesque nuage de poussière. Pas mal d’anglais sont là pour donner de la voix lors des refrains puissants et souvent scandés par des choeurs. 45 minutes c’est le temps parfait pour une prestation de ce type, assez longtemps pour s’amuser et pas trop long pour éviter de s’ennuyer. Municipal Waste Fucked Clisson Up!
Set-list :
Terror Shark
Headbanger Face Rip
Divine Blasphemer
Beer Pressure
The Thrashin' of The Christ
Wolves of Chernobyl
Drunk as Shit
Sweet Attack
Wrong Answer
Sadistic Magician
Black Prez
I Want to Kill the President
Unleash the Bastards
The Art of Partying
Born to Party
Skyforger

Cyric : Il me tardait de revoir les Lettons après leur passage remarqué au Cernunnos Pagan Fest en début d’année. Leur musique m’avait ensorcelé, notamment lors de leur show acoustique, de toute beauté. Les musiciens sont là, prêts à en découdre dans une rock hard tent au son... dégueulasse. Mais ne boudons pas notre plaisir à l’écoute d’un “Kauja pie Plakaniem, kauja pie Veisiem”, d’un Son of the Mare” (tiré du dernier album) ou d’un “Long Dance” (un titre joué très rarement en live par le groupe, paraît-il). Et c’est sur scène que le groupe y démontre tout son potentiel. Le black metal ne s’est jamais aussi bien marié aux sonorités des instruments traditionnels : une réussite !

Apocalyptica

Doryan : Un des rares groupes à avoir été en retard lors de ce Hellfest. Un quart d’heure d’attente supplémentaire pour voir les violoncelles monter sur scène et nous jouer une setlist fortement composée de reprises (Metallica et Sepultura). Et franchement heureusement que Apocalyptica nous les jouent car sinon, en live, leurs propres compositions paraissent bien fades. Sympa donc mais sur une courte durée. Le problème avec Apocalyptica, c’est que sans voix, on s’ennuie et qu’avec une voix, c’est franchement moyen. Le mieux est d’écouter leurs albums studio tranquillement chez nous... Reste les reprises de Metallica, bien retravaillées pour le violoncelle, sur lesquelles le public chante aisément et se fait plaisir.

Cyric : On ne peut en vouloir à Apocalyptica d’avoir repris pas moins de trois titres de Metallica, le groupe s’étant formé initialement pour reprendre les titres du mastodonte américain. C’est plutôt bien réalisé, le métal symphonique des Finlandais fait du bien aux oreilles. Mais malheureusement, le choix des autres morceaux est loin d’être aussi enthousiasmant, les albums tels “Cult” ou “Reflections” étant passés à la trappe. Bien dommage, ces derniers (uniquement instrumentaux, je précise) n’ont vraiment rien à voir avec les derniers. Et que dire de l’intervention du chanteur lors du set ? Pas grand-chose, c’était juste mauvais. On reste un peu sur sa faim.

Setlist :
Grace
Masters Of Puppets (Metallica Cover)
End of Me
Bring Them to Light
Nothing Else Matters (Metallica Cover)
Last Hope
Seek & Destroy (Metallica Cover)
Inquisition Symphony (Sepultura Cover)
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I Don't Care
Hall of the Mountain King
1349

Nola : Petit détour pour aller voir 1349, représentant isolé de la scène Black Metal. En ces moments de disette black, il est agréable de voir les norvégiens, tous corpse paints dehors, déambuler sous la Rock Hard avec leur musique froide. N’ayant jamais eu la chance de voir 1349 en live avant (la faute à pas de chances et surtout à des running order foireux), je saisis l’occasion de voir ce que vaut en live un groupe que j’aime beaucoup sur cd. Enfin, une partie de leur discographie seulement, la partie la plus récente de 1349 me passant un peu au dessus. La set-list contient tout de même trois titres du dernier album Demonoir ce qui refroidit un peu mes ardeurs. Enfin, on peut presque tout pardonner à un groupe qui joue “I Am Abomination”. Au final, 1349 propose un concert correct mais un peu distant, dans la logique du genre de métal qu’il joue finalement.

Set-list :
Riders of the Apocalypse
Psalm 7:77
Maggot Fetus...Teeth Like Thorns
I Am Abomination
Chasing Dragons
Serpentine Sibilance
When I Was Flesh
Sculptor of Flesh
Atomic Chapel
Sodom
Nola : Il est 19h55 sur la Mainstage 02 quand Sodom monte sur scène pour son concert de 50 minutes. Le show commence fort et même quelques gouttes de pluie mouillent les nombreux festivaliers présents pour applaudir les allemands, Sodom est accueilli avec tout l’honneur qui lui est dû. A peu près serrés comme des sardines, k-way contre poncho de fortune, nous assistons, pour notre plus grand plaisir, à un concert de très grande qualité qui file à la vitesse de la lumière (ou presque). Plus “subtil” que son confrère Destruction, Sodom, mené par le dynamique et charismatique Tom Angelripper, ne fait toutefois pas dans le compromis et balance hit après hit. On sent l’enthousiasme qui monte parmi la foule et sans difficulté aucune les allemands remportent tous les suffrages. Bien sûr le Thrash metal ne s’y prête pas vraiment, mais quand, entre les gouttes, un arc-en-ciel fait son apparition au dessus du site, on touche presque à la poésie. J’insiste sur le presque quand même. Il ne faut pas exagérer. “Agent Orange” et “Remember The Fallen” ne font quand même pas dans la dentelle. Mais après tout ce n’est pas ce qu’on attend de Sodom et le moins qu’on puisse dire c’est que ce jour-là, avec leurs musique crue et efficace, les allemands nous ont vraiment vraiment vraiment plaisir !
Balin : Première fois que j’ai la chance de voir Onkel Tom et ses comparses sur scène, et l’excitation qui monte de minute en minute laisse présager d’un grand concert. Le groupe ouvre son set sur “In War and Pieces” une des rares chansons intéressante du dernier album qui fait déjà son petit effet dans la fosse mais c’est surtout les chansons les plus anciennes qui remportent le plus gros succès, des tubes comme Agent Orange ou Outbreak of Evil déclenchent une belle réaction du public. Et même si la musique du combo est moins sujette au circle pit ou autre braveheart que celle de Destruction le public ne rend pas moins hommage à Sodom. Une première fois qui sonne comme une totale réussite en terme d’ambiance mais aussi de son, il parait que c’est assez rare pour être souligner quand on parle de Sodom. 50 minutes qui passent, là encore, beaucoup trop vite et connaissant les hits que le groupe a en stock on peut regretter de n’avoir pas 50 minutes de plus!

Set-list :
In War and Pieces
The Vice of Killing
Outbreak of Evil
The Saw is the Law
Sodomized
M-16
Agent Orange
The Art of Killing Poetry
Blasphemer
Remember the Fallen
Black Label Society

"Sioux" soon !
Doryan : Un très bon show si il n’y avait pas eu cette masturbation personnelle de Mister Zakk Wylde. Un solo de guitare de plus de 8 minutes composé de la même suite de note (5 maximums) répétée au minimum une bonne centaine de fois et ce 4 fois !!! Evidemment, une fois au milieu de la scène, une fois à droite et une dernière fois à gauche avant de revenir une deuxième fois au milieu. Zakk doit penser que seul le public présent en face de lui peut l’entendre, du coup il répête 3 fois son solo. Mais attendez ? Il n’a pourtant pas joué ses compositions 3 fois chacunes... ! On peut donc en conclure que ce passage démontre un égo assez grand qui casse la dynamique d’un show pourtant bien rodé et puissant. Bref, je ne parle que de cet “incident” mais ce passage a tellement été abominable (et encore je suis gentil) qu’il en a pris une place énorme et qu’au final, on ne retient presque que ça (et le changement de guitare de Zakk pratiquement sur toutes les chansons). Bref regarder un mec se branler pendant presque 10 minutes, ça vous gâche un show... Sinon “Parade of the Death” était bien sympa.
Golder : Dire que j’ai été déçu par Black Label Society n’est pas tout a fait exact, disons qu’on m’en avait incessament parlé comme étant un groupe énorme sur scène et que la réputation est usurpé. Les passages où ça chante sont vraiment bien, mais quand ça chante pas (le tiers du show, en plein milieu) c’est franchement, mais alors *franchement* lourd, gonflant et surtout soporifique. Mr Wylde fait du remplissage avec ses solos et ça, ça laisse un drôle de goût amer dans la bouche.
Cyric : Je vais être moins méchant que mes collègues. Ok, le solo de Mr Wylde a été sacrément éprouvant. Mais mis à part ça, je dois dire que le bonhomme a bien assuré. Je retiendrais surtout de ce show l’excellente “Godspeed Hell Bound” : ce riff, bordel !! Franchement, la set-list était idéale, piochant pas mal dans le dernier album (ça tombe bien, ce dernier est génial) notamment le titre d’ouverture ‘Crazy Horse” où Wylde se la joue carrément chef Sioux avec sa coiffe d’indien ! Le show se termine avec un “Stillborn” décapant. Un show survitaminé qui touche malheureusement à sa fin une petite heure plus tard. Zakk se la joue King Kong en se martelant la poitrine avec ses poings (ahah, quel ego “monstre” !) : un des temps forts de la journée, donc.

Setlist :
Crazy Horse
Funeral Bell
Bleed for Me
Overlord
Parade of the Dead
Fire it Up
Guitar Solo
Godspeed Hell Bound
Suicide Messiah
Concrete Jungle
Stillborn
Kreator
Nola : Il y a beaucoup à dire sur le concert de Kreator mais en même temps pas tant que ça. En effet, pour faire court et concis, les allemands, attendus de pied ferme en terre clissonnaise, ont tout renversé sur leur passage. Presque littéralement en plus. Meilleur concert de la journée et un des meilleurs du festival, Kreator a su répondre à l’attente et à la ferveur en enchaînant les titres qui font mouche et en déclenchant circle pit sur circle pit. Dernière de la trilogie Thrash allemande, Kreator a su, à lui tout seul, donner ses lettres de noblesse au genre (si tant est que le Thrash en ait besoin). Peu importe si on ne voit pas la scène depuis la fosse (de toute façon il a tellement de mouvements au sein de cette dernière qu’on ne reste jamais tout à fait à la même place), le show est presque uniquement dans le public. On s’y amuse tellement que ça fait plaisir à voir. Mille Petrozza, qui adresse “Enemy of God” au public français, encourage les “débordements” et les défoulements de toutes sortes. Les drapeaux flottent au rythme des mosh pits, les headbangs se multiplient comme des petits pains. C’est donc un joyeux bordel poussiéreux qui règne sous la Mainstage 02 et c’est presque avec tristesse que vers 22h55, le Hellfest laisse repartir Kreator. Ce fut beau, ce fut grand. Ce fut surtout, hélas, trop court.
Golder : Après un Black Label Society en demi-teinte, ça fait franchement plaisir d’avoir Kreator qui préfère laisser parler la poudre plutôt que nous abreuver de solos sans fins et putain, ça déchire bien, ça décrasse les cages à miels et on en sort avec une sacré banane. Les morceaux s’enchaînent comme des boulets de canons, faisant à chaque fois plus de victimes. Un très grand moment !
Cyric : BLS suivi de près par Kreator, quel enchaînement de folie ! Je m’empresse de rejoindre la fosse pour me placer idéalement durant ce show. Quelle claque ! Kreator en live, c’est un véritable rouleau compresseur. Dès les premières notes de “Hordes of Chaos”, il faut se rendre à l’évidence : Mille Petrozza est bien en voix et le son est juste parfait. Et quelle ambiance... le public ne ménage pas sa peine et enchaîne les circle pit. Comment résister à un “Pleasure to Kill”, à un “Violent Revolution” ou à un “Reconquering the Throne” ? Des hits en puissance qui ne peuvent que soulever les foules en live. Un concert magistral !
Set-list :
Hordes of Chaos (A Necrologue for the Elite)
Warcurse
Endless Pain
Pleasure to Kill
Coma of Souls / Destroy What Destroys You
Voices of the Dead
Enemy of God
Phobia
Terrible Certainty / Reconquering the Throne
The Patriarch
Violent Revolution
Flag of Hate
Tormentor
Scorpions

Nola : Avec tout ça, Scorpions qui concluaient presque la journée faisait office de groupe calme et reposant. Ce qui n’en faisait pas moins un événement important, les allemands étant en pleine tournée d’adieu, après une carrière longue et riche pleine de hits connus partout à travers le monde. Klaus Meine et ses musiciens n’ont pas à rougir du chemin parcouru et de la trace qu’il ont laissé dans le monde du métal et du hard rock. Ils ont, cependant, plus à rougir de leur performance mi-figue, mi-raisin dont ils ont gratifié les festivaliers en ce samedi 18 juin. Alors que le concert commence plutôt bien, devant une foule assez concernée, le set se perd bientôt en longueur. Les chansons mettent des plombes à se finir et on perd un temps fou. Sans parler des soli (de batterie et de guitare) qui bouffent encore quinze minutes de concert et on frise la supercherie. Un titre joué après les soli, un rappel sans “Winds of Change” et puis au lit. C’est un peu dommage pour une dernière tournée. On aurait aimé plus : moins de fioritures et plus de dynamisme. Plus de morceaux aussi mais tant pis, il faudra s’en contenter. Scorpions n’a pas été au meilleur de sa forme au Hellfest, il n’empêche que c’est triste de les voir partir.

Doryan : Voici une des premières raisons de ma venue au Hellfest 2011. Scorpions m’a bercé plus jeune grâce à mon père. Je me devais de les voir au moins une fois et sachant que c’est leur dernière tournée, il était temps... Et bien contrairement à ma chère collègue, j’ai été pris par dans le show. Je ne sais pas si le fait d’avoir été presque tout devant y à jouer mais j’étais vraiment dedans et ce sur toutes les chansons avec en point culminant “Holiday” qui m’a pris aux tripes. Une belle présence scénique, des musiciens souriant et impliqués, un Klaus Maine bien en voix (chose dont je doutais grandement), un Scorpions en forme donc. Quelques défauts à relevé tout de même : Un Klaus Maine légèrement titubant (l’alcool doit être bon au hellfest), des refrains trop souvent laissés au public (mais bon ils peuvent se le permettre) et, surtout, deux oublis énormes que sont “Winds of Change” et “Send Me An Angel” ! Omettre ces deux titres pour une tournée d’adieu, c’est vraiment moyen, surtout que le groupe est parti de scéne 15 minutes avant la fin du show programmé... Mais bon occultons cela car dans ma tête, ça y est, j’ai vu Scorpions .png)

Golder : Tout comme Doryan, c’est un groupe que je me devais de voir en live, au moins une fois. Un groupe qui a tant influencé et donné à la musique. Certes, quand c’est la première fois qu’on voit un tel groupe, on ne voit pas les divers défauts qui jalonnent le show et comme l’ont dit Nola et Doryan, j’aurais aussi aimé un Winds of Change (même si j’ai espéré pendant Kottak Attack en entendant le sifflement familier). Enfin, j’ai sorti ma liste à la fin du show : voir Scorpions : check.

Setlist :
Sting In the Tail
Make it Real
Bad Boys Running Wild
The Zoo
Coast to Coast
Loving You Sunday Morning
The Best is Yet to Come
Holiday
Raised on Rock
Tease Me Please Me
Dynamite
Kottak Attack
Blackout
Six String Sting
Big City Nights
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Still Loving You
Rock You Like A Hurricane




Converge
Cyric : Mer il et fou ! Il va rater Scorpions pour aller voir du... hardcore ? Et oui, j’assume complètement, j’aime bien Scorpions mais l’idée d’aller me briser la nuque dans la fosse à l’écoute du hardcore mélodique des Américains me fait diablement envie. Alors direction la Terrorizer Tent pour un show sulfureux !
Converge, c’est la violence incarnée. Une violence subite qui prend à la gorge et qui ne vous quitte plus. Les morceaux sont courts, bien trempés à l’image d’un chanteur qui ne cesse de gesticuler et de parcourir en long et en large la petite scène. Dans le public, ça bouge, les corps
se fracassent les uns les autres. Le bonheur total, quoi !
Je n’ai plus de cervicales et c’est en miettes que j’assiste aux dernières minutes du show de Scorpions. Deux univers bien à part !
Set-list :
Concubine
Dark Horse
Heartache
Hellbound
Lonewolves
Runaway
Bitter and Then Some
The High Cost of Playing God
Reap What You Sow
Cutter
Worms Will Feed/Rats Will Feast
On My Shield
Axe to Fall
Wishing Well
Damages
First Light
Eagles Become Vultures
The Broken Vow
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Last Light
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Le show de Scorpions touchant à sa fin, une petite pause est de mise afin d'assister à l'hommage du Hellfest rendu à Patrick Roy, qui nous a quitté le 2 mai 2011. Un bien bel hommage car le feu d'artifice qui lui était réservé était digne d'un 14 juillet. En parallèle, l'écran géant diffusait les photos prises lors de l'édition 2010 du Hellfest, avec quelque-uns de ses admirateurs.
Un moment lourd d'émotion qui nous fait regretter encore un peu plus sa disparition.
Merci au Hellfest pour cet hommage vibrant.
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Coroner
Doryan : Bon après Scorpions, me voilà bien fatigué et prêt à suivre Coroner sur l’écran géant tranquillement assis dans la pelouse. Le show commence... *1 minute plus tard*... Mais, MAIS CA BUTE ! … * direction debout devant la scène à headbanguer*. Vous l’aurez compris donc, la voilà, la seconde surprise du Hellfest ! Surprise pour moi bien entendu car bon nombre de personnes connaissent déjà le groupe vu que cela fait, déjà, des années qu’ils se sont formés. Ils sont que trois, ne bougent presque pas mais, bizarrement, possèdent une présence scénique énorme. Leur thrash prog très technique m’a foutu une mandale en pleine poire. C’est puissant tout en étant intelligent et c’est destructuré tout en étant fluide. Une alliance de riffs percutants et de solos inspirés portées par une voix thrash pleine d’émotions. Bref, je ne connaissais aucuns morceaux mais cela ne m’a empêché de prendre un plaisir énorme. Une prestation qui me donne vraiment envie de me pencher sur la discographie du groupe (comme pour My Sleeping Karma). Merci Coroner d’avoir reformé le groupe sinon je serais passer à côté de votre musique et cela aurait été fort dommage...

Balin : Après un Scorpions loin d’avoir fait l'unanimité il était du devoir de Coroner de remettre les pendules à l’heure et de montrer que les têtes d’affiche du festival étaient là pour mettre le feu! D’ailleurs c’est assez bizarre d’écrire tête d’affiche et Coroner dans la même phrase, en tout cas lors du split de la formation dans les années 90 pas beaucoup de suiveurs n’auraient parié que le groupe aurait l’occasion de jouer en headliner sur un gros festival! Toujours est-il que Ben Barbaud a été convaincant avec les suisses et que le trio débarque sur les planches pour clore de la plus belle des manières cette journée du samedi placée sous le signe du Thrash! C’est bon les touristes venus seulement pour le Roi Scorpions ont regagné leur pénates on peut commencer les choses sérieuses? Parfait! Parce que Coroner va délivrer une grande leçon de technicité musicale ce soir là, comme si le groupe ne s’était jamais arrêté le trio semble uni comme un seul homme et leur cohérence affiché n’a rien d’un groupe n’ayant joué que deux concerts depuis leur reformation. Tommy Vertterli est un grand guitariste ce n’est pas une nouveauté mais quels riffs incisifs et soli impressionnants, Ron Royce n’a rien perdu de sa superbe et sa voix reste tout aussi impressionnante qu’il y a 15 ans et Marquis Marky derrière les fûts abat un travail impressionnant pour un homme qui avait laissé tombé la batterie pendant 10 ans! Comme se fut le cas lors de la date de Lausanne et celle du Maryland Deathfest ce sont les albums Grin et Mental Vortex qui ont la place la plus importante dans la set list du groupe, les compositions plus alambiquées et moins brut de décoffrage que celles des premiers albums passent sans problème l’épreuve des planches et la fosse devient vite une aire réservée au headbang! Malheureusement la durée du set empêche le groupe de jouer leur reprise de Jimi Hendrix Purple Haze que j’aurais aimé entendre, qu’importe l’intérêt est ailleurs même si j’aurais bien signé pour un Serpent Moves. On dit que les absents ont toujours tord et ce concert de Coroner n’est définitivement pas l’exception qui confirme la règle, malgré une audience loin d’être impressionnante (entre 5000 et 10000 personnes tout au plus) le groupe a livré une performance de haute volée qui montre que cette reformation rime à quelque chose musicalement parlant. Merci en tout cas à Ben Barbaud et à l’équipe du Hellfest d’avoir été le point de départ de ce retour (comme ce fut le cas avec God Flesh l’année dernière), qui, j’en suis sûr, a fait plaisir à un paquet de monde ce Samedi 18 Juin 2011! A commencer par moi!

Cyric : Ce concert-là, je l’attendais avec une impatience non dissimulée ! Déjà que sur album, le thrash technique des Suisses m’avait séduit, en live, je dois dire que c’est carrément monstrueux ! La fatigue était pourtant bien présente, mais Coroner a ravivé la flamme du metalleux quelque peu fatigué après une dure journée de labeur. Cette reformation, annoncée depuis longtemps (Coroner aura été le premier groupe annoncé sur l’affiche 2011 du Hellfest) n’aura pas rassemblé beaucoup de monde et je dois dire que je plains ces personnes qui ont loupé un concert haut en couleur ! Difficile de ne pas headbanger à l’écoute de riffs si inspirés et addictifs ! La musique peut paraître un peu décousue mais l’émotion est bien là. Le chant éraillé de Ron Royce fait mouche et la virtuosité du guitariste est à souligner : le moment ne pouvait qu’être fameux. L’heure est passée malheureusement trop vite... un groupe à revoir, en espérant qu’ils se produisent de nouveau à l’avenir !

Setlist :
Golden Cashmere, pt.I
Internal Conflicts
Masked Jackal
Status: Still Tinking
Metamorphosis
D.O.A.
Semtex Revolution
No Need to Be Human
Divine Step
Grin
Reborn Through Hate
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Le 07 Juillet 2011