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Anathema + Riverside + Methodica (2 Days Prog Festival)
Lieu : Veruno (IT) Reporter: Spade, The Inner Circle Date : 03-09-2011

2 DAYS PROG +1 FESTIVAL


2e jour : Samedi 3 septembre


Nous voici en Italie dans Veruno, un village perdu au milieu de la forêt à 50 kilomètres de Milan. Pourquoi donc ? Pour communier avec la nature et conter milles aventures au écureuils ? Pour tourner un clip en hommage à Immortal ? Et bien non ! La raison de notre présence est toute simple. Le 2-Days Prog Festival qui s'y tient et qui présente l'avantage fort accommodant d'être gratuit. Alors bon, c'est bien joli un festival gratuit, mais s'il faut aller jusqu'en Italie...certes mais cette année et plus particulièrement le samedi les groupes présents répondent aux noms de Riverside et Anathema. Et oui, rien que ça.

Veruno remplit le cahier des charges du village un peu perdu : calme, peu fréquenté, aussi vite rentré que déjà ressorti et disposant d'un petit bar accueillant où il fera bon se reposer et s'abriter de la pluie durant l'après-midi. Car oui, l'Italie a choisi que de tous les jours de la semaine où il aurait pu pleuvoir, ce serait le samedi, faisant ainsi se déverser des trombes d'eau sur Veruno et sa minuscule "Piazza della Musica" où sont installés scène, points de restauration et un mini market (qui propose des centaines de dvd bootlegs...bienvenue en Italie...) sous une tente qui sera du coup trustée par des "festivaliers" trempés.


Methodica :


Si les cordent se déchainant sur Veruno auront été très virulentes, elles seront de courtes durée, disparaissant sur le coup des 19h, horaire du coup d'envoi de ce festival exécuté par un groupe italien du nom de Methodica. Démarrant un peu en retard du fait des conditions météos et évoulant sur un espace réduit occupé par les instruments des autres groupes (deux batteries et deux assortiments de claviers, ça prend de la place !), Methodica fait dans un prog "à l'ancienne" mais joué avec un son puissant et moderne rappelant Dream Theater par moments. Si le chanteur a un peu de mal à se défaire de son accent italien et ne fait pas de folie, sa voix demeure juste et ne vient pas entacher la prestation de ses acolytes, en particulier un guitariste plutôt doué qui subira malheureusement tuile sur tuile. Tout d'abord, au bout de quelques minutes une des cordes rendra l'âme, le contraignant de passer sur une guitare 7 cordes en plein morceau, guitare qui, capricieuse passera son temps à se désaccorder.

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Qu'importe, long de 15 minutes, le premier morceau joué par le groupe impressionne et remporte un vif succès dans une audience encore un peu frileuse. S'en suit une reprise de Genesis ("peut-être" Firth of Fith) nous faisant remonter aux années 70, fort bien exécutée et une fois de plus acclamée comme il se doit. Mais la guitare faisant encore des siennes, ne semblant pas tenir l'accordage et, pâtissant d'un démarrage tardif, le groupe se voit forcé d'interrompre son concert après seulement 20 maigres minutes. Dommage pour une formation qui avait l'air plus que prometteuse...

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Riverside :


C'est au tour des polonais de Riverside d'investir la scène alors que le soleil commence à se faire de plus en plus discret. Avouant ne connaître que très vaguement le groupe (un album doit traîner sur mon ordinateur), mes attentes sont surtout fonction de leur réputation, donc on se fixe sur la barrière et on attend patiemment de se laisser emporter. Et emportés nous le serons, oh que oui ! Démarrant sur un morceau plutôt lent et atmosphérique, Riverside a le don d'hypnotiser ses auditeurs tout en chargeant d'émotions ses morceaux. Mais le talent du groupe et de ne pas se cantonner à un seul style, se faisant psychédélique voire rageur par moments, connaissant des embardées épiques (merci l'orgue Hammond !) d'une intensité incroyable. Chaque musicien apporte sa pierre à l'édifice faisant jeu égal, la basse ressort particulièrement et donne un sacré relief à la musique, bref ça joue, ça joue bien et ça nous envoute, d'autant plus que progressivement (ahah) la nuit s'installe et au bout d'un quart d'heure nous sommes plongés dans le noir avec la scène comme seule source de lumière, histoire de rentrer encore plus dans la prestation du groupe.

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Avec un temps de jeu plutôt confortable (1h15), Riverside alterne morceaux relativement longs bien prog comme il faut avec d'autres pièces plus courtes et immédiates, variant les plaisirs et invitant le public à chanter, non sans une pointe d'ironie ("Alors on a aussi des morceaux courts et bon alors là il va falloir chanter, les paroles sont "Oooooooooo..." enfin vous verrez..."). Dommage cependant que sur scène, les musiciens semblent souffrir d'un son de clavier trop fort, ce qui causera de nombreuses colères du batteur Piotr Kozieradzki et un Michał Łapaj (claviers) tout penaud qui n'osera dire mot. Seulement voilà, une fois le problème réglé, c'est lui qui ne s'entend plus et le cercle vicieux continue. Malgré cela et des conditions que l'on suppose délicates les musiciens récitent leur partition sans broncher une fois les morceaux lancés (non sans lancer quelques regards noirs vers les claviers) preuve de professionnalisme.

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Au final, une très bonne surprise, une prestation incroyable qui donne envie de se plonger dans la discographie du groupe. Bien joué les mecs !



Setlist :


After
Living In The Past
Ultimate Trip
Conceiving You
Egoist Hedonist
Left Out
02 Panic Room
Second Life Syndrome


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Anathema :


Et on ne présente plus Anathema, groupe culte anglais dont le style n'a eu de cesse de s'épurer au fil du temps, partant d'un doom presque death pour aboutir sur un rock planant de toute beauté avec leur dernier album en date, le chef d'oeuvre "We're Here Because We're Here". Il est vrai que cela semble improbable de les retrouver au milieu de nulle part pour un concert gratuit et on en vient à se demander si nous n'avons pas affaire à un homonyme mais non, quelques frères Cavanagh ont été aperçus dans l'après-midi donc pas de doute, c'est bien l'Anathema que l'on connaît qui va se produire dans quelques minutes dans le petit village de Veruno pour notre plus grand plaisir.

Une musique calme et mystérieuse accompagne le changement de plateau, chose appréciable d'autant plus que l'intro du concert sera enchaînée en fondu, ne faisant donc aucune coupure, comme si nous avions eu le droit à un prélude d'une demie heure avant le concert même. Et c'est sans grande surprise que "Thin Air" ouvre les hostilités, démarrant de façon feutrée avant d'exploser et d'envoyer les décibels, ici avec un son très puissant nous scotchant sur place. Et c'est toujours un régal de voir ces musiciens vivre leur musique comme personne tout en interagissant avec le public. Car Anathema rime à chaque concert avec partage, un partage entre portes paroles et adorateurs d'une musique divine où chaque note est empreinte d'émotions.

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Ceci dit, Lee Douglas n'est pas ce soir de la partie pour des raisons familiales, donc la voilà sur bande pour accompagner le groupe, bien que cela ne s'entende quasiment pas. Enfin bon, si son absence se ressent sur des morceaux comme "Summernight Horizon" ou "Everything", la fête n'en est pas gâchée pour autant puisque deux tiers du set se passe généralement de sa présence, bien qu'il faille du coup se passer d' "A Natural Disaster" ou encore "Parisienne Moonlight". Pas grave, avec seulement deux heures au compteur, cela laissera de la place à d'autres morceaux.

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Car niveau setlist, le groupe s'est une fois de plus fait plaisir, balayant tous les albums post Eternity même si la part belle est ici faite au petit dernier, dont 7 extraits seront joués. Jouant comme à l’accoutumée les 4 premiers morceaux de cet album en ouverture de concert, l'inconnue se porte toujours sur le reste du set. Et bien voilà "Closer" qui vient s'immiscer rapidement puisque le groupe nous propose la doublette "Balance/Closer" sitôt les 4 morceaux précédents terminés. Et "Closer" avec le vocoder placé en fond de scène entre les claviers et la batterie, ben ça fait un effet monstre. A vous en coller des frissons. Imaginez alors la décharge émotionnelle quand Vinnie lâche son clavier pour aller triturer sa guitare. D'un autre monde je vous dit. D'ailleurs, comme pour mieux nous faire reprendre nos émotions, "Angels Walk Among Us" fait son apparition, un peu isolé car amputé de sa "suite" "Presence" mais c'est pour la bonne cause puisque ce qui arrive n'est autre que l'entame de "Judgement", à savoir "Deep/Pitiless/Forgotten Hopes/Destiny is Dead" exécuté comme s'il ne s'agissait que d'un seul morceau. Inutile de vous dire que le fan reste pâmé devant tant de beauté musicale, devant le son cristallin de Danny sur le solo de "Deep", devant la violence contrôlée de "Pitiless", devant le refrain beau à pleurer de "Forgotten Hopes" et la conclusion légère que constitue "Destiny is Dead". Quatre parties pour un monument de musique mélancolique.

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Et alors que nous en avons déjà bien pris pour notre grade nous aurions tort d'abaisser nos défenses puisque nous ne sommes qu'à la moitié du voyage. Et pour la deuxième partie on peut réellement parler de voyage puisque le groupe va jongler en ses cinq derniers albums, proposant un enchaînement inédit "Lost Control/Empty" tiré d'Alternative 4 qui remportera la palme du duo le plus intense de la soirée. Entre un "Lost Control" jouant avec les émotions et voyant le public donner de la voix et un "Empty" où le groupe est déchaîné, nos oreilles pleurent, mais de joie. Avec Anathema, tout est émotion et voyage à l'intérieur de soi, nous faisant planer le temps d'un "Universal" incroyable et nous émouvant avec un "One Last Goodbye" que Vinnie vit les larmes aux yeux comme si sa mère (ainsi que de Danny et Jamie donc) n'était décédée que la veille.

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Heureusement que des morceaux comme "Fragile Dreams" sont là pour faire relâcher la pression et voir le public remuer et chanter à tue tête. On remarquera d'ailleurs Mariusz Duda (chant, basse) de Riverside prendre son pied à côté de la scène. Dommage par contre que cela soit déjà fini. Nous ne sommes pas dans le cadre d'un concert standard en tête d'affiche donc il va falloir se contenter de deux heures de temps de jeu, ce qui est déjà miraculeux pour des tas de groupes mais trop peu quand on parle d'Anathema. Traditionnelle musique de fin aux sonorités russes, tout le monde applaudit en espérant un petit quelque chose en plus. Si ? Non ? Ça s'affaire du côté du roadie...alors ? Et bien oui ! Le groupe revient et nous offre le "Comfortably Numb" de Pink Floyd, planant et superbe avec un solo fort bien exécuté histoire d'apaiser les esprits. Et si on fait abstraction de cet espèce de fan bourrin chantant fort ET faux ET avec son accent italien insupportable ET à dix centimètres de mon oreille, nous sommes aux anges et savourant la fin du concert en douceur sur ce qui sera bel et bien le dernier morceau.

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En conclusion, un cadre bucolique pour une affiche assez improbable et au final une soirée magique animée par trois groupes talentueux. Belle initiative que ce festival intimiste (environ 350 personnes à vue d'oeil) qui pour la petite histoire avait entre autres accueilli "Gazpacho" et "Pendragon" l'année dernière.




Setlist :


Thin Air
Summernight Horizon
Dreaming Light
Everything

Balance
Closer

Angels Walk Among Us
Deep
Pitiless
Forgotten Hopes
Destiny Is Dead

Release
A Simple Mistake
Lost Control
Empty
Universal
Flying
One Last Goodbye
Fragile Dreams
================
Comfortably Numb


Team Heavylaw
Rhooooooooo.... c'pô juste ! :(

Bon, pas grave, j'ai les DVDs des deux principaux groupes, je me ferai ma "One night Prog" à la maison pour compenser !


Un report qui fait envie !
Et de jolies photos aussi !!

Le 06 Septembre 2011

Membre
Rah je confirme, Riverside en live c'est magique (l) Surtout quand ils font des pièces sublimes comme Panic room, conceiving you, ou Second life syndrome

Dis donc Spade, tu as compté le nombre de fois que tu as vu Anathema depuis le début de l'année? Ca commence à en faire pas mal non? ^^

Le 07 Septembre 2011

Team Heavylaw
Juste 3 je crois :) :)

Le 07 Septembre 2011

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