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Opeth + Burst
Lieu : Toulouse Reporter: Cliff Date : 07-12-2005
Deux heures seulement après avoir fait la causette avec Peter Lindgren, le guitariste du groupe, me voilà de retour dans cette salle si particulière qu’est le Ramier. Les portes s’ouvrent avec 30 minutes d’avance, le temps d’aller lorgner sur le stand merchandising installé non loin de la scène et de se placer convenablement pour la première partie du concert, assurée par un groupe qui m’est inconnu, Burst.

Burst

A 21h pétantes le concert démarre et de quelle manière : on est tout de suite dans l’ambiance avec le groupe suédois qui ouvre Opeth ce soir, à savoir Burst. Les scandinaves pratiquent un death mélodique assez bien fichu parsemé de ci de là de quelques touches de hardcore. Cela nous donne un mélange explosif, accentué par un son ultra puissant mais un peu brouillon qui ne permet pas de bien mettre en valeur les parties plus calmes proposées malgré une évidente qualité. Le chanteur et le bassiste sont bien présents scéniquement parlant et après 5 titres et 30 minutes d’un set de bonne prestance, malgré un accueil assez frileux du public, Burst quitte la scène et laisse place aux roadies pour les balances.

Opeth

Il semble évident que les 500 ou 600 personnes présentes sont venues voir les sorciers suédois, et l’attente est longue. Après 30 minutes de balances et réglages en tous genres, la musique de fond s’éteint, la fumée envahit la scène et les lumières deviennent rouges. On commence à percevoir des sonorités electronico-orientales, synonyme implicite que nous allons avoir droit à un titre du dernier rejeton des Suédois, Ghost Reveries. Et en effet c’est bien le cas.
A peine arrivé sur scène, Opeth nous projette en guise d’entrée un énorme Ghost Of Perdition à la tête, première chanson de Ghost Reveries. Si on peut trouver des choses à redire à Ghost Reveries au niveau de l’album studio, il est évident qu’en live, ces chansons passent superbement bien, insufflant une énergie incroyable au concert. Petite note négative, le son ne s’est pas sensiblement amélioré depuis Burst, et gâche les subtilités musicales qui ont fait la renommé de Opeth. On s’aperçoit également que le batteur habituel, Martin Lopez, n’est toujours pas là et se fait donc remplacer par Gene Hoglan.

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Après cette bonne décharge d’adrénaline, Opeth replonge dans ses albums plus anciens en nous proposant When (My Arms, Your Hearse) et White Cluster (Still Life). En prenant des décibels plein dans les oreilles, on se dit que Opeth a décidé de frapper fort avec des titres extrêmement énergiques, puissants à souhait. Le chanteur, Mickael Akerfeldt, est très en voix autant dans les parties death qu’il exécute avec une violence et une facilité déconcertantes que dans les parties calmes où il fait preuve d’un groove et d’une sensibilité sans faille. Le passage plus atmosphérique de White Cluster passe plutôt bien, malgré un effet de longueur qui se fait sentir sur la fin du titre.
Avec 3 chansons de plus de 10 minutes chacune, Opeth a du culot mais cette recette fonctionne bien et le public en redemande. On en arrive alors au tournant du concert : Opeth nous a mijoté une surprise des plus détonantes, en enchaînant un Closure (qui a bien été rallongé de 2 minutes pour l’occasion) et un Bleak de toute beauté. S’il était vrai que ces deux titres étaient parmi les plus intéressants en studio, l’alliance d’une chanson planante et arabisée comme Closure et d’une chanson plus sombre et intense comme Bleak fait des étincelles sur scène et comble le public.
Les Suédois enchaînent ensuite avec The Grand Conjuration, deuxième titre de Ghost Reveries et deuxième claque de la soirée. Décidément, ces titres de Ghost Reveries passent des lettres à la poste sur scène pour notre plus grand plaisir.

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Ensuite, autre surprise de taille puisque le groupe nous ressort un Under The Weeping Moon du fond des tiroirs (de Orchid plus précisément, le premier album du groupe) qui n’a pas été souvent joué en live. C’est avec d’autant plus de plaisir que les puristes et les néophytes découvrent ou redécouvrent les premières pièces d’orfèvrerie qui datent de 1995 quand même.
The Baying Of The Hounds, troisième titre de Ghost Reveries proposé ce soir, finit d’achever les sceptiques et les critiques sur le dernier album des Suédois. Et arrive pour conclure un show d’une intensité rare A Fair Judgement, titre calme avec quelques envolées électriques, et qui vient finir « en douceur » le concert.
Les musiciens quittent précipitamment la scène et le public s’en donne à cœur joie pour les rappeler : après quelques (longues) minutes d’attente, les Suédois réapparaissent et nous envoient le titre que l’on attendait pas là, un Deliverance de 13 minutes, sûrement le titre le plus radical et brutal de la soirée, mais quelle énergie déployée par les musiciens et le public, surtout sur cette partie finale tout simplement jouissive, où tous les coups de double caisse vous font l’effet d’une balle de fusil de chasse en plein torse.

Au final que retirer de ce concert : malgré un son qui n’a jamais été excellent et qui nous a empêché de saisir toutes les petites subtilités qui font la beauté de la musique de Opeth, le groupe a déployé une énergie incroyable, aidé en cela par une setlist équilibrée et représentative des albums anciens et plus récents, et a mis le public du Ramier à genoux. L’absence de Martin Lopez derrière la batterie s’est faite sentir par un manque de souplesse dans le jeu surtout dans les parties acoustiques, mais son remplaçant s’en est finalement bien tiré. Pour finir, on aurait aimé des hymnes du groupe comme Demon Of The Fall ou The Drapery Falls.
Mais Opeth a réussi avec brio son pari, à savoir de promouvoir son nouvel album et de ressortir quelques raretés qui se révèlent très efficaces en live. Avec un Mickael Akerfeldt de plus en plus ouvert au public (on se souvient il y a quelques années où il osait à peine saluer le public) et de plus en plus à l’aise dans son costume de leader (grosse présence scénique agrémentée de quelques blagues et injonctions au public qui lui a répondu comme un bon petit soldat), Opeth a pris incontestablement de l’ampleur ces dernières années et se positionne comme un des groupes les plus en vue du métal actuel.
En 2h et 10 titres à peine, la messe est dite. Les Suédois sont bien les souverains du death mélodique, et m’est avis que leur ravir cette couronne sera bien difficile.

Setlist

-Ghost of Perdition
-When
-White Cluster
-Closure
-Bleak
-The Grand Conjuration
-Under the Weeping Moon
-The Baying of the Hounds
-A Fair Judgement

Rappel
-Deliverance
Membre
Superbe concert ! à couper le souffle ! comme toujours...

très bonne chronique ;)

Le 10 Septembre 2006

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