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Marillion
Lieu : Lyon - Transbordeur Reporter: Dreamer Date : 17-04-2007
La journée s’annonçait rude. Votre serviteur, ambitieux qu’il est, avait décidé en cette chaude journée lyonnaise du 27 Avril de couvrir en totalité l’évènement Marillion à Lyon. Pour cela il fallait que je me lève suffisamment tôt car ayant été prévenu la veille de l’interview et de ses conditions je n’avais encore rien préparé, ni matériel, ni questions.

En SDF officiel de l’internet je vais donc en ce samedi matin consulter internet depuis la fac pour en savoir plus sur Ian Mosley que je devais interviewer à 14H15. Une fois une douzaine de questions rédigées je m’arrête, faisant confiance à mon sens de l’improvisation et la loquacité du batteur pour rendre l’interview consistante. Je me dirige alors vers la fnac, où selon le quartier général je dois m’acheter un dictaphone numérique Phillips le moins couteux possible pour pouvoir enregistrer l’interview de manière audible et en évitant bien sûr les lecteurs cassettes qui foirent. Voulant coûte que coûte briser la malédiction qui frappe régulièrement les grandes interviews face to face de heavylaw ou peut-être seulement celles de Duck, je me procure l’attirail délaissant la tv qui diffusait le débat entre Ségolène Royal et François Bayrou sur BFM TV. Quel choix difficile. Je vous fais au passage part de ma difficulté de trouver un vendeur pour savoir si je pouvais utiliser directement le dictaphone, en ce samedi surchargé. Mais je ne me suis pas laissé faire, je sentais bien que des adversaires avaient envoyé leur grand-mère acheter une tv pour squatter les vendeurs de la Hifi.

Sur ce j’enchaine, il me reste quelques minutes encore avant que je rejoigne Perrache où je dois rejoindre Siraxta pour récupérer l’appareil à photo. Un petit tour chez Gibert Joseph, rien de bien attirant, la concurrence internet se faisant tellement rude que je fais la fine bouche sur Deadwing de Porcupine Tree à 9E, et deux Pain Of Salvation à 10E. Je décide avant de prendre le métro de céder à la faim et d’aller prendre une petite frite dans un fast food américain dont je tairai le nom pour la simple et bonne raison qu’il est contraire à mes sympathies politiques et diététiques.

Arrivé à 13H environ chez Siraxta, je fais connaissance avec mon matériel, appareil à photo, dictaphone, tout semblait bon, j’avais le numéro de mon contact, j’étais confiant et toujours ce soleil tapant qui avait tendance à me ramollir et donc à atténuer le stress pour cette première expérience.

14H devant le Transbordeur. Désert humain s’il en est, un soleil de plomb et un numéro de téléphone pour lancer la machine. Mon contact me dit de pénétrer à l’intérieur, je galère un petit peu pour le trouver mais au final entre deux mots dans la langue de Shakespeare et les méandres des backstage, je le retrouve. Mon arrivée était apparemment pas tout à fait prévue, une petite recherche dans les mails pour vérifier ma présence et c’est bon. Les défenses sont alors passées, le batteur est alors sous la douche et moi on me place là où en temps normal j’aurais fait une razzia, soit vers la cuisine. Mais le stress et la bouffe curative américaine ont eu raison de mon appétit. Cependant je vais étancher ma soif. Raisonnablement je prends seulement de l’eau et du café et je ne tombe pas dans le piège grossier des litres de bières qui se trouvent juste à coté de moi, stockés dans le frigo à ma droite.

Quelques minutes passent il doit être 14H30 si la pression n’a pas affecté mon horloge interne, tout semblait réglé comme du papier à musique. On me conduit alors à la loge de Ian Mosley. Bientôt 57 ans, par conséquent fort d’une expérience incroyable et d’un succès qui lui a permis de remplir l’Elysée Montmartre pour cette tournée (dixit les infos sur le myspace). Le personnage est tout frétillant, sorti de la douche, il dissimule derrière ses lunettes de soleil les séquelles d’une nuit trop courte qu’il essaye de compenser avec un bon café/clop, alliance classique. C’est avec naturel que tout se passe, je profite de cet agréable personnage jusqu’à ce qu’on me l’enlève vers 15H10 pour les balances. Le bougre a l’air bon et sa batterie sonne terriblement bien.

Mais ce n’est pas tout il me faut encore redescendre dans le centre pour pouvoir assurer en compagnie de Siraxta le Show acoustic que Steve Hogarth (chant), Pete Trewavas (basse) et Steve Rothery (guitare) ont choisi d’offrir aux nombreux fans français de Marillion. Et bien autant vous dire que, oui ils sont nombreux, et je vous avoue avoir été pris au dépourvu, si bien que je n’ai pas demandé de pass pour le show acoustic qui aurait pu me permettre de devancer la file de fans. J’accomplis donc avec quelques regrets mon devoir de journaliste, photos, quelques flyers en nombre insuffisants. J’engouffre encore un hamburger et une glace de cette saleté de fast food capitaliste pro américain à cause de la faim qui est revenue.

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La seule chose que nous verrons du groupe sera des coucous au public français, des « bonjour Lyon » et pas mal de blagues. Steve Hogarth fera fi de sauter du balcon. Mais le comique n’est pas le seul apanage des britanniques, les français y vont aussi de leur naturel très comique car ils seront nombreux à se demander quel groupe attire tant de monde. La réponse Marillion provoque systématiquement un « ah d’accord » plus ou moins convaincu. A croire que tout allait de manière étrange ce jour-là, première interview, un groupe que j’écoute provoque une queue incroyable dans Bellecour et maintenant un homme ressemblant à James Labrie passe à quelques mètres de moi. Sa crinière laissera échapper la même réflexion d’une personne derrière moi, on reconnaît là les gouts sûrs.

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Il me fallait oublier cette déception et par-dessus tout venger l’affront du fast-food clownesque. Ce fût le cas (ce n’est pas une faute mais un jeu de mots) avec un petit demi de bière dans un bar dissimulé au dessus d’un magasin de BDs. Incognito, le barman ne nous avait pas repérés, pourtant je sentais qu’il attendait quelqu’un, un regard en coin bizarre qu’il nous adressa me fit dire qu’il était temps de mettre les voiles, moi et Siraxta vers le Transbordeur où allait arriver Revontulet.

Autant vous dire que les fans étaient déjà présents suffisamment nombreux pour écarter le spectre traumatisant du concert dans le transbo club. Quelques minutes après ce sera un nombre quasiment équivalent que pour Within Temptation qui se massera devant la salle de concert, soit de quoi la remplir, pas à craqué mais pas loin. Le public n’est pas le même, les métalleux clairsèment la faune marillionesque. Mais pouvais-je me douter que les obstacles n’étaient pas tous évités ? Et oui, Siraxta nous quitte et va retrouver un Tiamat sur Lyon nous laissant à la fouille. Et comme par hasard la malédiction heavylaw a tenté de me frapper. Le vigile tilta tout de suite lorsqu’il a vu mon attirail, dictaphone, appareil à photo, certes je n’avais pas le profil ni la prestance du professionnel mais je lui assurai avec suffisamment de fermeté que je pouvais rentrer avec tout ça qu’il vérifia avec mon contact pour l’interview qui me reconnut au premier coup d’œil. « oui les dictaphones sont interdits mais pour lui non. » Croyez-moi ou non ça fait plaisir d’être au dessus des règles parfois.

Je rentre alors dans la salle. Je ne le savais pas encore mais j’allais passer une des attentes les plus longues de ma jeune vie. Le suspense d’une hypothétique première partie ne plana pas longtemps au bout de 20 minutes de soupe musicale irritante, cet espoir s’était envolé. Il a sûrement fallut devoir attendre encore deux fois plus longtemps, soit 40 minutes de plus avec une patience de fer qu’une jolie fille à côté de moi semblait avoir en plus grande dose que moi. Fan de Marillion elle resta impassible tandis que j’essayais de lier conversation avec elle et les gens qui m’entouraient pour ne pas faire une crise à l’audition de toute cette musique. On essayait de me dissuader de faire mon boulot ça c’est sûr. Mais solidaire, mon compère et moi, nous nous ne sommes pas laissé abattre si facilement réservant cette extériorisation au moment où les lumières s’éteindraient. Pendant un temps je me suis demandé si ce n’était pas une stratégie du groupe pour qu’on trouve le show génial. Sans doutes, mais pas sûr.

Et oui le show fut génial et tout cela je vais aussi vous le raconter. Il ne faut pas longtemps pour me convaincre du goût des britanniques. Le son est nickel bien qu’assez fort, la batterie sonne toujours aussi bien, Pete fait retentir sa basse à moins de dix mètres de moi et je ressens toutes ces vibrations tandis que claviers et guitare délivrent un son d’une pureté et d’une clarté bien Marillionesque. Le chanteur n’est pas oublié côté son, il lui arrive également de nous jouer un petit peu de clavier.
Si une chose est sûre c’est que les britanniques, durant leur longue carrière, ont eu le temps de cultiver leur sens du show et c’est donc un show explosif que nous délivrera Pete Trewavas, incarnation de la joie de vivre et de jouer. Le « bassiste kangourou » (copyright à Flore) s’en donne à cœur joie et shootera avec plaisir dans les ballons géants que le groupe lâchera sur le public et qui enchanteront la salle de leurs vols gracieux avant de rebondir sur la scène où le groupe les renvoie avec plaisir. Vous l’aurez compris le bassiste est dynamique.

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Ce sera encore plus le cas du chanteur (guitare et claviers aussi parfois) Steve Hogarth, showman par excellence venant concurrencer un Tobias Sammet. Le bougre ne se contente pas d’avoir une voix fidèle au studio, il met encore plus en relief ses capacités sur scènes où il gesticule dans tous les sens et donne une interprétation physique de ses textes qu’il semble vivre et transmettre à un public en pleine contemplation. S’il se contentait d’être bon, ce brave homme, ce serait bien beau. Mais plus encore, Steve répond aux invectives du public avec un humour excellent. Il arrive à faire de ses connaissances sommaire du français un argument de plaisanteries qui vont d’ailleurs bon train. Steve nous avouera, devant l’émerveillement d’un fan, que sa veste lui a été offerte par Jean Paul Gauthier, il remerciera d’ailleurs ce dernier. Son gilet serait par contre sa propre œuvre. Il feindra un strip tease suivi par les membres du groupe avec une musique appropriée. Il bénira également les membres du groupe et le public avec une sorte de maracas.

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Mais le personnage sait aussi être grave, fidèle à ses convictions, soulignant des problèmes de la faim dans le monde et plus largement du train de vie de notre planète où l’humanité semble vivre son dernier siècle. Ce sont les sujets de Voice From The Past et Last Century For Man issus de leur dernier album Somewhere Else, ce soir-là à l’honneur puisque le groupe jouera le title-track et encore Thank You, Whoever You Are.

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Le jeu assez théâtral du chanteur n’a d’équivoque que les paroles qu’il a écrites. Ce Verbe est alors porté par des mélodies souvent très atmosphériques et en toutes finesse, émanant des claviers de Mark Kelly et de la guitare de Steve Rothry impressionnant de feeling. La section rythmique ne déroge pas à la règle avec des rythmes subtils à saisir dans tous les détails mais suffisamment continus pour ne pas brusquer l’aspect planant de beaucoup de chansons du répertoire de Marillion.

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Le groupe chantera aussi Fantastic Place, Man of The Thousand Faces,[b]Beautiful et beaucoup d’autres que je ne connaissais pas mais qui m’ont fait dire qu’il faut que je perce l’œuvre de Marillion à jour. J’avais peut-être une exigence ce soir-là, c’était d’entendre un des titres longs de l’album Marbles et quelle ne fut pas ma joie quand retentirent lors du deuxième rappel les notes de piano de Neverland. Cette conclusion de 13 minutes m’arracha quelques larmes et je pense que je ne suis pas le seul vu les yeux du public à la fin du concert.

Le moment fut magique, pour sûr, mais la redescente fut brutale, à savoir encore cette soupe musicale en sono. Certain qu’elle provenait de la mauvaise foi de cet inconnu qui a tenté de m’empêcher, pendant toute la journée, de mener à bien ma mission, je décide donc de quitter la salle plongé dans des souvenirs assez magiques. Mon seul regret est le show acoustique raté, j’espère juste qu’ils n’y ont pas joué The Invisible Man ou Ocean Cloud.
C’est sûr, si Marillion repasse, je vais les voir.

Splintering Heart; You're Gone; Thankyou Whoever You Are; Easter; Fantastic Place; A Voice From The Past; Afraid Of Sunlight; Somewhere Else; The Last Century For Man; Man Of 1000 Faces; An Accidental Man; Separated Out; Between You and Me; King

Beautiful; The Release

Neverland



Vous trouverez aussi d'excellentes photos sur un autre Website c'est par ici.
Membre
Comment t'as craqué!! :D

Super report!! Au vu de ce que j'ai entendu de Marillion, je suis bien dégouté de ne pas avoir entendu le show accoustique également :(


Le 30 Avril 2007

Membre
Doux jésus! mais c'est un excellent report que voici, bravo t'as pas chaumé :)
Concert très classe, du monde (je ne m'y attendais pas), un son irréprochable, des musiciens de grand talent et un Steve Hogarth fort sympathique! que de bonnes choses donc (a part cette attente....qui peut faire peter un petit cable pour les moins patient).
Et pour finir Neverland, du grand plaisir, quelle merveille.

Le 30 Avril 2007

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