Un temps grisâtre et froid, une grosse journée de boulot… le moment n’était pas propice pour savourer comme il se devait un concert folk ! Mais rater une telle affiche unique en France, c’était vraiment inconcevable !! Alors votre inconditionnelle du folk a pris son gilet, ses piécettes, et s’est dirigée non sans mal jusqu’au Lyon’s hall, taverne quelque peu étroite et excentrée de Lyon. Alors que le monde commence à s’amasser devant la petite porte, je me suis rendue compte que parier sur la ponctualité de l’organisation fût une erreur. C’est donc une heure après, alors que la folkeuse -mais pas valkyrie- commençait à trouver le temps long avec son petit t-shirt et les 8° ambiant que moi, Mag, et notre accompagnateur ( ) avons franchi l’entrée. Emerveillement et curiosité sont les premières impressions qui me sont venues devant la scène minuscule, et la tonne d’instruments en tout genre : bagpipes, bombardes, énormes percussions… Bref cela ne prévoyait que du bon !!

THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT
De nationalité hongroise, le groupe officie dans un style folk assez calme, empreint de ces sonorités de l’Est qui donnent au groupe toute son identité. Je connais The moon and the nightspirit depuis un an et j’avais hâte de les voir sur scène, d’autant plus que ce genre de groupe ne passe pas souvent par ici.

Gratifié de deux musiciens de plus pour assurer les percussions, le duo entame le show avec une splendide intro très aérienne et mystique. Alors que l’album est assez doux, les morceaux sont bien plus dynamiques en live. Les percussions résonnent bien plus et cela est tout à leur avantage. La voix de la douce Agnes s’épanouit parfaitement, même si l’ensemble a moins d’ampleur. En effet, l’album est basé sur pas mal de passages où des voix multiples se superposent, alors cela rend forcément moins bien avec une voix unique. Mais la belle s’en sort plutôt bien, quelques fois aidée par le guitariste Mihaly. Cela fait plaisir de voir qu’ils n’ont pas cédé à la tentation des samples. La set-list est très bien équilibrée entre morceaux entraînants, d’autres plus ambiants. Ils enchaînent les morceaux de leurs deux albums, en mettant l’accent sur leur dernier opus qui est un vrai petit bijou.
Je ne sais pas si on peut parler d’une présence scénique, vu l’exiguïté de la scène. Etant donné que les musiciens avaient à peine la place pour ne pas se marcher dessus, l’ambiance passait plutôt par la musique, et la bonne humeur du groupe.
Seul point noir au tableau : le violon de la demoiselle que l’on entendait très peu. Même en connaissant plutôt bien les morceaux, j’ai eu du mal à retrouver certaines mélodies.
Ce fut donc un moment très agréable, où la voix apaisante d’Agnes, accompagnée de guitare, guimbarde et tambours, rendaient honneur au folk hongrois.
Set-list :
Intro
Szarvaslélek
Pagan
Regö Rejtem
Rögböl Elet
Örökké
Egi Tàltos
Föld Szive Dobban
Ejköszöntö
Secret path (ha van rà idö)


CORVUS CORAX
Après une pause de vingt minutes, où ceux qui le souhaitaient pouvaient se désaltérer, Corvus Corax entre sur scène. Le show commence très fort, et on voit de suite que l’on a affaire à un groupe qui a quelques années d’expérience de live derrière lui !!
De lourdes percussions s’enchaînent, les bagpipes résonnent, et l’ambiance est déjà au rendez-vous !! Le public s’échauffe très vite, encouragé par le groupe dont les membres sont de vrais front men. C’est donc très vite que je me lève de ce qui me servait de siège pour accompagner la salle déjà bouillante. Les rumeurs comme quoi Corvus Corax est un groupe géniallissime se sont vérifiées de suite !!

Le groupe alterne les morceaux très rapides avec des airs plus mi-tempo, où le public est convié à chantonner aux rythmes des bombardes et des Pipes. On a même le droit à des morceaux chantés par un des musiciens, avec une voix très agréable et taillée pour ce style de musique : c’est-à-dire puissante, rauque…. Allemande !! Il nous a fait comprendre avec son anglais très allemand que l’un des morceaux était une ballade française entre autre . La set-list est plutôt homogène et pourrait ressembler à un best-of (le combos a tout de même plus d’une dizaine d’albums studio à son actif !). J’étais donc plus que ravie d’entendre certains de mes morceaux préférés comme In Taberna, Ductia, Saltarello et Plasterpiel qui furent de très grands moments.
La petitesse de la scène n’est pas un obstacle pour que le groupe entonne ses petites chorégraphies. Un tour par-ci, un changement de place par-là, des vieilles têtes pour narguer le public, des ronds de jambes… même si on connaît très peu le groupe ou que l’on trouve certains morceaux redondants, on ne peut s’ennuyer devant ces musiciens qui ont de l’énergie voire de la folie à revendre.

Histoire de varier, le groupe entier s’est même mis à faire des percus pendant 5 bonnes minutes, donnant l’impression que la salle entière s’était transformée en une grande fête estivale avec la liesse et la bonne ambiance qui va avec. Les trois bonshommes derrière leurs gros tambours avaient beau être plus statiques, ils dégageaient une grande énergie, et ont également beaucoup joué avec le public lors d’un « solo de percus » vers la fin. Alors que l’on attendait le rappel avec impatience -histoire de s’égosiller et de sautiller encore un peu- les voilà de retour avec de curieux instruments de cuivre, accompagnés de trompes énormes. L’effet très grandiloquent n’a fait que renforcer la puissance du show.

Je me suis donc plus que délectée de ce moment privilégié, entre la set-list parfaite, un groupe surexcité qui n’a pas fait la mine devant la petite salle dans laquelle ils jouaient (ils ont quand même fait plusieurs fois le Wacken), et l’atmosphère joviale qui a régné tout le long du show. Bien que n’excédant pas les 150 personnes, le public a été plus que réceptif. J’espère que le bon accueil que le groupe a suscité ouvrira de nouvelles portes pour la venue d’autres formations, voire un retour de Corvus Corax dans notre hexagone. 
Set-list :
Bibit Aleum
Urmawi
Mazedonischer
Balade De Mercy
Venus Vina Musica
Feralis/Pack
Nominalto
Titenka
Albanischer
In Taberna
Sanyogita
Ductia
Plasterpiel
Saltarello
Dam Dam (solo de percus)
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Suam Elle Ires
Fili Neidhardi
Chou Chou Sheng
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Lamentatio






-SiraxtA-
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Le 10 Novembre 2007