Des tresses partout dans les cheveux, La Tribu de Dana de Manau retentissant dans la voiture… The Inner Circle, moi-même et notre ami viking somme fin prêts pour commencer ce festival qui promet d’être un vrai rush, puisque pas moins d’une dizaine de groupes vont se succéder pendant toute l’après-midi et la soirée ! Nous entrons donc dans la salle de la Locomotive ré-aménagée pour l’occasion.
Les animations :
(Siraxta)
Chaque prestation live était entrecoupée d’animations et de jeux barbares fort distrayants, où chacun gagnait à y participer puisque même les perdants recevaient des lots (c’est là que je me suis dit que j’aurais dû essayer rien qu’une fois le bras de fer ! ) On pouvait donc tester son âme de guerrier au port d’épée, qui ne devait pas toucher la corde placée juste en dessous, tiré de corde à plusieurs, bras de fer, et autre plantage de clou. Le bon côté de ces animations, était que la plupart se passait sur la scène de la Grande Loco ou dans la fosse de celle-ci, ce qui rendit l’ensemble très ludique et ne laissait pas le public passif pour un sou ! Autres animations qui ravirent dames et damoiseaux : la danse du ventre d’une charmante demoiselle, suivie d’un combat d’épée entre deux chevaliers afin de se départager la belle Un joli spectacle de dix bonnes minutes –presque- sans faux semblants ! Magicien et sorcier animaient quant à eux le bar à l’étage, où La Taverne Médiévale avait établi ses quartiers pour faire déguster les repas de nos ancêtres. Dommage que les prix furent si élevés pour des mets pas si compliqués et originaux que ça ! De même pour l’hypocras, fort chère et coupée à l’eau et à la bière selon les dires de certains.
Outre ces animations distrayantes et reposantes, les organisateurs avaient invité des commerçants et artisans comme ceux de la boutique Rêve d’Acier, Les Ateliers du Saule, Volutes et Masques, A fleur de peau, ainsi que Holly Records. De quoi contenter les médiévistes, folkeux et metalleux présents.





Les groupes folks :
(Siraxta)
Bella sorte :
Le groupe a animé la Grande Loco lors des entre-deux. De quoi rester dans l’ambiance et d’admirer les folkeux et médiévistes présents qui exécutaient les danses d’antan. Musique médiévale pure, Bella Sorte a très bien rempli son rôle ! Dommage que les percus ne furent pas plus présentes et enjouées pour que la musique interpelle et gagne davantage de public. Ecoutant relativement souvent ce genre de groupe, je fus pour ma part conquise par ce groupe dont je n’avais pas encore entendu parler. On se plaît à laisser nos oreilles vagabonder sur les notes de la vielle et de la flûte, transposant le moment présent à des siècles en arrière.



Luc Arbogast :
Véritable ovni dans le paysage folk médiéval de notre pays, Luc Arbogast arpente les médiévales et les fêtes folks afin d’y dévoiler sa voix de soprano hors du commun. Ce fût un show pour le moins bluffant et envoûtant. Accompagné par une violoncelliste, et deux percussionnistes, Luc, quant à lui, assurait à la guitare, tapant le rythme de ses chevilles encerclées de grelots. Ses compositions piochent dans le répertoire traditionnel français, chez les compositeurs d’un autre temps, et proposent ses propres pièces. Cela donne un spectacle des plus varié, alternant morceaux mystiques et d’autres plus entraînants et entêtants. Un obscure personnage a d’ailleurs accompagné le chanteur et son groupe, offrant une « danse » frénétique, mystique, et étrange. L’ambiance tamisée, ponctuée de quelques couleurs de temps en temps, n’a fait que renforcer ce moment atemporel et inoubliable. Le clou du spectacle ira au dernier morceau où Luc a fait participer le public. Quelques vocalises à mémoriser, laissant tout d’abord le public s’exprimer aux refrains… Le tout a pris son ampleur à la fin, lorsque la foule se désinhiba davantage, et que ces voix sorties de partout sublimèrent la voix claire de Luc Arbogast. Un live magnifique qui unifia médiévistes et métalleux.




Stille volk :
Je ne vais pas le cacher, je venais à ce festival en partie pour eux. Stille Volk est un des piliers du folk français, et s’est fait rare ces dernières années. Les performances live du groupe se font rare, on s’en délecte donc d’autant plus, surtout que celles-ci annoncent la sortie d’un nouvel album ! Le temps de se hisser au-devant de la scène, le show commence de façon superbe ! Le public répond de suite présent, et c’est une guitare acoustique ainsi qu’une batterie qui viennent accompagner le duo Lafforgue-Roques. Les morceaux deviennent encore plus entraînants que sur album, grâce à l’apport de cette batterie moins folk, pour ne pas dire minimaliste. Le duo n’a rien perdu de son aura, et c’est avec leurs accents pyrénéens qu’ils ont chanté et partagé leur folk occitan, piochant dans leurs deux derniers albums excellentissimes : Maudat et Satyre Cornu, mais aussi dans leur tout premier. Le groupe nous a même offert en final une chanson inédite, qui figurera sur leur prochain album. Une chanson qui annonce un retour en force de Stille Volk, et dont les seules paroles que l’on retiendra seront « buvons !! buvons !! buvons !! » Outre les morceaux traditionnels et autre «chanson pour se rincer la gllllotte» comme dit si bien Lafforgue, Maudat fût certainement le meilleur moment du concert. Cet air est également repris dans Vent Follet de Hantaoma (side-poject folk métal du duo), c’est pourquoi toute l’assistance a repris en chœur cette mélodie devenue culte.



Itakk :
Le groupe a plutôt joué en fin de soirée, permettant aux non-metalleux de s’amuser, alors que le métal fusait de l’autre côté avec Bran Barr, Skyforger et Eluveitie. Je ne pensais pas passer voir cette formation du sud car je n’ai pas été très convaincu par les titres disponibles sur leur Myspace. Néanmoins, le son bien trop fort de Skyforger avait eu raison de moi, et c’est donc en prévision de la grosse vague que mes oreilles allaient prendre par la suite avec Eluveitie, que je me rendis dans le sous-sol de la Loco pour apprécier un peu de « calme ». Je ne sais pas si le groupe a su trouver son public pendant les gros groupes métal qui passaient juste à côté, mais la trentaine de personnes présentes sur la scène à ce moment-là, à danser et tournoyer dans tous les sens, avaient l’air d’y trouver leur compte. Pour ma part, je me suis autorisée une place assise non loin du groupe, toujours en prévision de mes suisses préférés qui allaient arriver. Itakk est une formation bien singulière, proposant un folk traditionnel avec des touches modernes et des influences arabes. C’est ainsi que les danseuses du ventre présentes furent ravies de pouvoir s’exprimer pleinement dans la fosse, pour le plus grand plaisir des yeux mâles.
C’est à ce moment-là, alors qu’une grosse partie du fest était passée, et que la fatigue commençait à se faire sentir, que j’aperçus non loin de moi une figure familière. Pensant tout d’abord à un sosie, je m’approchai pour m’assurer que ce n’était pas qu’une simple hallucination… Eh non !! C’était bien Tilo Wolff de Lacrimosa, le dieu en personne, c’était bien lui, juste là, ici, à Paris, au Cernunnos fest !!!! Je ne pus m’empêcher de lui parler un petit moment et de demander une photo souvenir Un moment qui restera à jamais gravé dans ma mémoire !! Rien que pour ça je remercie Skyforger d’avoir joué trop fort, et qui m’a poussée à descendre voir Itakk 



Les groupes folk metal :
The Inner Circle
Nilflheim :
Nilfheim est le premier groupe que nous avons vu à notre arrivée, sur la petite scène (nous avons malheureusement raté la prestation de Folge Dem Wind, qui avait démarré leur set dès l'ouverture des portes, alors forcément, le temps que tout le monde ait pu rentrer, ils avaient fini de jouer!). Cette jeune formation française officie dans le "Metal Celtico-mélodique". Vu comme cela, ça paraît plutôt alléchant. Du reste, les musiciens ont tous de bonnes têtes et sont très chaleureux avec le public. Cependant, plusieurs choses ont fait que je n'ai accroché que très moyennement à leur musique. Je n'ai pas trouvé de grande originalité dans leurs compos, qui d'ailleurs se ressemblent un peu toutes. Les mélodies ne sont pas toujours très recherchées, et au final, ça dégage un aspect très "gentillet" et assez kitsch. De plus, je n'ai pas du tout aimé la voix de la chanteuse, qui collait assez mal à la musique, mais cela n'est que mon opinion. La violoniste avait en revanche une très jolie voix, mais on l'entendait assez peu du milieu de la salle. Au final, la découverte de ce groupe sur scène fut pour moi une déception, je ne suis d'ailleurs pas restée jusqu'à la fin de leur prestation, préférant aller voir ce qui se passait du côté de la grande scène.


Aktarum :
Retour dans une petite salle encore plus blindée que tout à l'heure pour la prestation de Aktarum. Autant le dire tout de suite, je n'ai rien vu (pas facile quand on a une taille de nain... ! ). Par contre, j'ai bien écouté ! Et je dois dire que, d'oreille, j'ai beaucoup apprécié ! Pour la petite présentation rapide, Aktarum est un groupe belge de folk black metal. D'ailleurs, pour la petite anecdote, je me souviens des mots de l'un des musiciens " Hier en faisant le trajet pour venir ici, je me suis demandée ce que j'allais bien pouvoir raconter aux parisiens. Et puis je me suis dit que de toute façon vous vous en foutiez, que vous attendiez juste qu'on balance notre musique" ! Ca m'a fait bien rire. En tous cas, balancer la musique, ça ils savent le faire ! C'est pas forcément très original : juste une bonne voix de black et du gros son avec quelques sonorités folk plus ou moins prononcées selon les morceaux. Mais, et c'est très important, ça envoie, et ça fait bouger le public ! Alors tout compte fait, on n'en demandait pas vraiment plus, l'essentiel était là, pour le plaisir de mes oreilles ! Je voudrais juste vous signaler le nom de l'un de leurs morceaux : "Air Force Troll". Pas mal, non ? !


Heidevolk:
Nouveau groupe sur la petite scène de la loco : Heidevolk, du pagan folk metal venant des Pays-bas. Compte tenu de la masse de monde entassé là, je n'ai encore rien pu voir de la majeure partie de leur show, mais j'ai tout de même réussi à me frayer un petit passage pour pouvoir observer la scène durant quelques morceaux. Rien de très exceptionnel dans leurs morceaux, mais chacune de leurs compos est sympatique et entraînante, et l'on entend parfois de très beaux passages épiques. Ajoutons à cela une très bonne énergie de la part de chacun des membres du groupe. Ca bouge bien, avec notamment pas mal de cheveux ! . Alors forcément, on apprécie, et cela donne envie de partir en guerre armé de bonnes grosses haches de vikings ! Une bonne découverte !
Bran Barr:
Que dire de ce groupe, sinon que leur Celtic War Metal à tendance Black était très efficace ?! Avec cela une très bonne prestance scénique. Dommage qu'il y avait quelques soucis techniques durant leur show, mais bon, cela arrive ! Encore un groupe que j'ai découvert sur place, alors je n'ai pas vraiment les moyens de m'étendre dessus, mais il suffit de dire que toute leur prestation m'a fort enthousiasmée ! Notons en prime la présence de John Poc de Naheulbeuk qui jouait du bod rhan et de la cornemuse . Et de nombreux autres guests, notamment les membres de Stille Volk sur une reprise d'un air traditionnel, ainsi que Amduscias de Temple of Baal.





Skyforger :
Viennent ensuite les musiciens de Skyforger, groupe letton de Pagan Black Metal. Excellente surprise pour moi de la part de ce groupe, dont l'écoute ne m'avait pourtant pas vraiment emballée. Mais sur scène, on peut dire que ça dépote ! Beaucoup d'énergie de la part de tous, et peut-être même parfois un peu trop. Mais en tous cas, ça a filé la patate à une bonne partie de la salle! Cependant, le volume du son carrément trop élevé a gâché une bonne partie du plaisir. C'était vraiment à la limite du supportable, et la plupart du public l'a vivement regretté.


Eluveitie :
(Siraxta)
Alors que j’étais encore toute excitée d’avoir vu mon idole suisse, je me suis glissée encore une fois devant la scène pour profiter de mes autres suisses préférés… Eluveitie ! aucune intro, mais simplement une posture figée de l’ensemble du groupe, comme en recueillement, avant que Bloodstained Ground ne démarre et qu’une douce folie s’empare du groupe… Et du public !! Je fus étonnée de voir qu’il y avait un peu moins de monde que pour Skyforger, mais qu’importe, l’ambiance fût chaud-bouillante !! Bien que l’on entendait moyennement la vielle, le son était vraiment bon. Chrigel maîtrise encore mieux le chant death qu’avant, et les autres membres trouvent davantage leurs marques. En même temps, comparé à la boîte à sardine qui leur servait de scène l’année passée, ce n’est guère difficile de faire encore mieux ! Les morceaux étaient tous plus puissants les uns que les autres, d’autant plus que les autres membres du groupe appuyaient Chrigel au chant lorsque cela était nécessaire. Meri la violoniste nous a même fait part de ses talents de chanteuse… death ! L’excellentissime Tegernakô demandée plusieurs fois par le public avant même que ses premières notes retentissent, mais aussi Uis Elveti, Your Gaulish War, Of fire, Wind and Wisdom, Lament… Tous les tubes du groupe y sont passés ! Bien sûr, pas mal attendaient des titres du prochain album à paraître mi-février… et ils ne furent pas déçus, puisque c’est quatre titres de Slania qu’a joué Eluveitie. De l’énergique Bloodstained Ground en guise d’ouverture, à Inis Mona qui reprend l’air de Tri Martelod, un hymne français que la foule s’est empressée de chanter dès qu’ils l’eurent reconnu. Elembivos, la magnifique chanson de conclusion de Slania quasiment instrumentale, prend toute son ampleur en live, puissante et émouvante à la fois. Enfin, la douce instrumentale Giamonos en guise de début de rappel, avant que le groupe ne conclut sur Uis Elveti. Dommage que le temps imparti était écoulé, car il était certain que le public en voulait encore !!
Un superbe show dont seul Eluveitie a le secret, une conclusion à ce Cernunnos Paganfest puissante et inoubliable…






Ambiance générale :
The Inner Circle)
Un très bon festival qui a rassemblé beaucoup de monde, parfois avec de superbes costumes. Une excellente animation était assurée entre chacun des groupes durant l'après-midi (jeux divers et variés). Bref, une organisation impeccable de la part des Acteurs de L'Ombre. Bravo à eux ! En revanche, j'ai été sidérée par le prix assez exceptionnel de la bière (5 euros la canette de Heineken, voilà qui ne donne pas envie d'en reprendre deux fois). Et la déception de ne pas avoir pu goûter à la boustifaille. On a eu la malchance d'arriver juste quand les casseroles étaient vides. Et ensuite, on n'a pas eu le temps de retourner voir (Skyforger et Eluveitie obligent!). Nos estomacs criaient un peu famine à la fin de la soirée, mais comme on est devenus de vrais warriors avec tout ce son, on a survécu !!!
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ce fest devait vraiment être terrible. ça fait envie en tout cas
Le 21 Décembre 2007