HeavyDragon
J'étais rentré dans la salle de la Loco que je connais plutôt bien maintenant, accompagné de Laetis, Holy Messiah et Phoenix. Ce dernier avait opté pour la salle en fosse et avec les autres nous nous étions mis de côté sur les sortes de rampes près de l'entrée des artistes. De cette manière, je savais que nous pourrions profiter pleinement du spectacle sans être ennuyés par les pogos.
DreamSlayer
Après le Pagan Fest et Nightwish, c’est mon troisième concert en ce mois d’Avril. Si je n’ai pas cette fois acheté mon billet plus de 3 mois à l’avance, cette date est cependant entourée en rouge dans mon agenda depuis belle lurette : enfin, je vais voir Samael ! Au programme figurent également les Suisses de Sybreed, les Norvégiens de Gothminister, et la surprise du chef, les russo-franco-américains de Ayin Aleph.
Ayin Aleph
HeavyDragon
Ce fut la surprise de la soirée. Je m'attendais à une affiche partagée par trois groupes, mais (malheureusement) ce groupe devait faire la première partie de la soirée. Je ne vous cache pas que la russe a fait un bide. Le groupe ne s'est pas présenté mais nous avions compris qui ils étaient. En effet, Ayin Aleph c'est avant tout une chanteuse (vous me connaissez, j'aime pas ce genre de musique). J'ai quand même essayé de passer outre... Cependant comme je voyais que les autres personnes dans la salle semblaient peu intéressées je me suis dit que je n'étais peut-être pas dans le faux. La chanteuse est une espèce de Catherine Ringer mais sans le talent scénique, avec une voix de cantatrice et une robe rouge fendue laissant apparaître sa cuisse emballée dans un bas couleur chair (Même Doryan n'aurait pas aimé !). Honnêtement, je suis resté de marbre et pour chauffer une salle il y a mieux. En tout cas, la formation a essayé, c'est pas si mal. Je pense que le choix de ce groupe n'était sûrement pas approprié par rapport à l'affiche de la soirée.

DreamSlayer
J’avais également compris qu’il n’y aurait que trois groupes ce soir, Ayin Aleph a peut-être été ajouté à l’affiche à la dernière minute… et je m’en serais bien passé. Ceux qui lisent mes reports de concert depuis septembre doivent savoir que je n’ai vraiment pas pour habitude de descendre les groupes, même si je n’ai pas aimé… il faut bien une première à tout. La voix de la chanteuse était absolument insupportable, j’ai vraiment lutté pour rester jusqu’au bout, par pure conscience professionnelle. Certes, la musique proposée par Ayin Aleph était fort originale, mais l’originalité n’équivaut pas toujours au génie, loin de là ! Musicalement, je ne retiendrai que l’appréciable jeu de guitares (mais que l’on n’entendait que lors des passages instrumentaux salutaires à mes oreilles).

Au niveau de l’image renvoyée par le groupe, c’est encore pire : la chanteuse était vêtue d’une longue robe rouge pailletée fendue jusqu’à la cuisse, gratifiant au passage le public de ses bas et de sa cellulite… Je n’aime déjà pas quand des groupes comme Epica surexploitent les charmes de leur chanteuse pour allécher le metalleux, alors quand ça tombe franchement dans le vulgaire (et que la chanteuse n’est même pas attirante)… Pour les derniers morceaux du set, la demoiselle a revêtu un vieux drap maculé de faux sang, du plus hideux effet !

Finalement, le plus incompréhensible est tout simplement la présence d’un aussi étrange concert, oscillant entre le grand-guignol et le grand ridicule, en amuse-gueule d'une soirée placée sous le signe de l’indus ! A voir les mines dubitatives, ou au mieux amusées, des spectateurs des premiers rangs, mon avis devait être partagé…

Sybreed
HeavyDragon
J'étais venu du fin fond de Boulogne-Billancourt pour venir voir expressément Sybreed ! J'ai déjà eu l'occasion de voir ce groupe auparavant et j'avais envie de retenter l'expérience (sans mon TeRyX ). Les Suisses sont absolument gigantesques sur scène ! Rien à redire ! Quel bonheur ! Les mots ne sont pas assez précis pour exprimer ce que j'ai pu ressentir. Et à chaque fois c'est pareil, Sybreed me met en transe. Et ce qui est marrant, c'était de voir les gens qui ne connaissaient pas le groupe rentrer dans leur jeu de scène et les mélodies. Car la plupart sont restés interloqués, comment avaient-ils pu rater ça?

Ben a interprété ses morceaux avec brio, Drop comme à son accoutumée était survolté et le jeune Kevin à la batterie reste percutant et devient de moins en moins timide. Pour le morceau Isolate, Ben a invité le guitariste du groupe précédent pour l'aider à faire les backing vocals. Sybreed j'adore ! Je suis fasciné par leur musique et j'ai pu faire dédicacer mon album par le groupe ! Quel pied ! Un seul regret : pas assez long !!!

DreamSlayer
Après une date à l’automne avec Zonaria et Pain, qui m’avait laissé dubitatif quant au culte que portent mes collègues TeRyX et HeavyDragon au combo Suisse, Sybreed est de retour à La Loco. Il est vrai qu’ils avaient souffert d’un son franchement mauvais, ce qui ne sera cette fois pas le cas. Soit ils étaient à l’époque dans un mauvais soir, soit ils ont beaucoup progressé en l’espace de 6 mois, mais en tout état de cause c’est un tout autre groupe qui monte sur la scène après une petite pause.

En effet, le bassiste et le guitariste sont très carrés et encore plus agités que dans mes souvenirs, et Ben est bien plus impliqué, malgré sa tendance à se la jouer poseur. Surtout, il communique abondamment avec le public, ce qui est bien la moindre des choses pour un groupe international francophone ! Sa voix est toujours aussi incroyable, je n’arrive pas à saisir ce qui tient de son chant et ce qui tient du filtrage… La salle ne se pose pas ce genre de questions, et les pogoteurs, sans doute frustrés par la performance de Ayin Aleph, s’en donnent à cœur joie !

Côté setlist, nous avons droit aux mêmes morceaux qu’à l’automne, dans l’ordre, exception faite de Synthetic Breed, remplacé par Isolate. Pour ce morceau, l’un des guitaristes d’Ayin Aleph (et de Sisters of Mercy ?) vient d’ailleurs prêter main forte à Ben. Vu le look androgyne des deux comparses et le petit clin d’œil malicieux du Suisse pour remercier son invité, on pourrait suspecter quelque chose entre ces deux-là ! 

Agréable moment que ce concert, qui a fait monter le groupe dans mon estime, à défaut de me faire succomber à la Sybreed-mania !
Setlist Sybreed
- Emma-0 (Antares)
- Twelve Megatons Gravity (Antares)
- Re Evolution (Slave Design)
- Isolate (Antares)
- Ego Bypass Generator (Antares)
- Bioactive (Slave Design)

Gothminister
HeavyDragon
Je ne connaissais pas Gothminister. Et ce fut une belle découverte. Le groupe ressemble aux premiers abords à une bande de black metal : peinture noire sur le visage, équipement bizarre et doués pour faire des titres expéditifs ce qui sur scène rend très bien. La foule déjà bien mise en effervescence par Sybreed fut chauffée à blanc par Gothminister.

Personnellement pour moi ce fut une petite découverte. Officiant dans un métal cyber/indus dans le thème de la soirée, les esprits ont communié et les pogos se sont déchaînés. En tout cas ce fut intense. Le leader de la formation du haut de ses 2m et avec ses new rock taille 52 sait comment gérer un public et lance de nombreux appels avec ses mains. La réponse est immédiate et la musique entraînante, en gros les artistes et l'audience étaient en symbiose.

DreamSlayer
Place maintenant à une totale découverte: Gothminister, un pur groupe d’indus, comme son nom ne l’indique pas ! Au vu de la clameur qui accompagne leur arrivée sur scène, une large frange du public s’est visiblement déplacée spécialement pour les Norvégiens. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces messieurs savent faire le spectacle ! Ils arborent tous des corpse paints à faire pâlir d’envie le plus evil des groupes de black de Bergen et trimballent avec eux un immense escabeau, au sommet duquel se perche le chanteur et leader du groupe, Gothminister, pour haranguer la foule. Le bonhomme étant déjà très grand et chaussé d’imposantes New Rocks, l’effet est réussi !


Très charismatique, il sait se mettre rapidement le public dans la poche. Ses musiciens ne sont pas en reste, la palme revenant à l’un des deux guitaristes : c’est bien la première fois que je vois un metalleux (et plus généralement, un être humain ) avec à la fois un corpse paint et des rastas blondes !

Les effets de lumière et la fumée sont en parfaite harmonie avec l’indus martial et énervé distillé par Gothminister, qui déchaîne le public de La Loco. Groupe très singulier donc, qui vaut vraiment le coup d’œil en live ! Je vais essayer de me procurer leurs albums, histoire de voir si leur musique tient le choc sans le show qui l'a entourée ce soir…


Samael
HeavyDragon
Le clou du spectacle ! Pour l'événement, la salle de la Loco a été agrandie et améliorée : deux écrans sur le fond de la scène, des spotlights disposés de chaque côté de la scène. En tout cas pour le travail à faire afin de mettre le tout en ordre, on peut dire que l'équipe de la Loco a été efficace.

Lorsque le groupe est entré en scène ce fut un tonnerre d'applaudissements et d'admiration. Je n'avais jamais vu Samael sur scène et à écouter leur musique j'avais un peu l'appréhension du résultat. Mais il n'en est rien, la scène ne détériore pas le travail fait en studio. La formation est incroyable, une maîtrise parfaite, un choix dans les titres ingénieux.

Samael a lancé une vague de fébrilité au travers de la fosse : pogos à la chaîne et on a même vu un Phoenix s'embraser et renaître sur le pied de micro de Vorph ! Faute de temps car le spectacle avait pris du retard, le rappel n'a pas été abrégé et le peu d'énergie qui restait en chacun de nous fut utilisé dans un dernier élan pour accompagner les musiciens vers la fin de la soirée. En toute franchise, je garde un bon souvenir de cette formidable soirée.

DreamSlayer
La sortie des maléfiques Norvégiens est suivie d’une très longue pause, que je mets à profit en effectuant une petite sieste sur un des canapés attenant au bar, les deux groupes précédents n’ayant fait qu’amplifier mon état de fatigue (dur dur la vie en école d’ingénieur ) !

L’acclamation saluant le lancement de l’intro du concert de Samael me sort de ma torpeur, et je me dirige vers les premiers rangs de la fosse – non sans peine (La Loco s’est bien remplie par rapport aux premières parties) ! Le set débute logiquement par le premier morceau du dernier album, Solar Soul, réchauffant instantanément un public qui avait largement eu le temps de se refroidir. Grosses rythmiques, chant et « grognements » rocailleux de Vorph, tout y est ! Les Suisses enchaînent directement sur un de mes titres préférés : Reign of Light. Le volume sonore a encore monté d’un cran, et je plains vraiment les imprudents qui n’ont pas pris de protections auditives : outre des acouphènes assurés, le son est assez brouillon sans bouchons…

Vorph a tout simplement une classe folle, et un charisme incroyable. Sa voix, si rocailleuse qu’elle ferait passer Lemmy Kilmister pour un prépubère, se fait tour à tour menaçante, agressive, haineuse voire même mystique. Son contact avec le public est excellent, et alors que je m’attendais à un gros contraste avec son chant, sa voix est tout aussi gutturale lorsqu’il parle. J’en viens à me demander si l’animal a des cordes vocales humaines ! Son français n’est par ailleurs aucunement teinté d’accent suisse, dommage ! L’homme au chignon et à la guitare rouge se démène comme un beau diable, comme en témoignent les gouttes de sueur qui s’amoncèlent sur son front dès la fin du premier morceau !

N’oublions cependant pas les autres musiciens, car Samael en live, c’est loin d’être un one-man-show ! Le guitariste soliste Makro, très classe, et le bassiste Masmiseim, tous sourires, semblent sous ecstasy et headbanguent comme si leur vie en dépendait, et le batteur/percussionniste/claviériste/programmeur Xy est époustouflant, retranché derrière ses claviers et toms de batterie. Débordant d’énergie, il s’agite en lançant les samples et en gérant les claviers, complétant régulièrement la boîte à rythme avec sa batterie. Non seulement joue-t-il debout (peu commun pour un batteur), mais il saute pour malmener son kit en le frappant d’une baguette tenue à deux mains, et sans perdre le rythme – il faut le voir pour le croire !

Le long temps de transition s’expliquait notamment par l’installation de deux écrans de part et d’autres du « bunker », qui diffusent des clips et des ambiances en parfaite harmonie avec l’esprit et le tempo des morceaux - une sorte de Windows Media Player amélioré en somme. Bonne idée !

La setlist se focalise essentiellement sur les deux derniers albums et sur le culte Passage, avec un clin d’œil aux fans de la première heure avec un morceau de la période black metal de Samael : Baphomet’s Throne, forcément retouché par rapport à la version studio. Il en résulte une sorte de « techno black » de très bonne facture ! Je perds complètement le contrôle de moi-même sur Rain, me jetant joyeusement dans des pogos d’une violence inouïe, oubliant ma fatigue – jusqu’à ce qu’une bonne mandale dans la gueule me fasse voir quelques chandelles ! On retiendra également l’hypnotique et légèrement malsain Inch Allah, un Ave !dédicacé par Vorph aux fans les plus fidèles et un enchaînement dévastateur On Earth (sur lequel Vorph peine à garder le rythme, mais comment lui en vouloir après une telle débauche d’énergie ?) - Slavocracy.

Le groupe sort de scène pour souffler deux minutes avant d’attaquer le rappel, constitué des géniaux Jupiterian Vibe et The Cross (sur lequel Makro fait preuve d’un groove remarquable), suivis de My Saviour, un chouïa mollasson pour conclure un concert aussi intense !

Samael salue le public sous un tonnerre d’applaudissements, qui se prolonge pendant toute la durée d’un morceau électronique programmé par Xy, dans l’espoir d’un second rappel - en vain. Les écrans feront encore clignoter pendant quelques minutes l’image de Baphomet avant de s’éteindre.

Soirée fabuleuse, qui avait mal commencé avec un groupe qui n’avait clairement rien à faire sur cette affiche, mais qui finit merveilleusement bien – je dois être presque aussi trempé que Vorph !

Setlist Samael
- Solar Soul (Solar Soul)
- Reign of Light (Reign of Light)
- Valkyries’ New Ride (Solar Soul)
- Rain (Passage)
- Baphomet's Throne (Ceremony Of Opposites)
- Inch Allah (Reign of Light)
- Ave! (Solar Soul)
- The One Who Came Before (Passage)
- On Earth (Reign of Light)
- Slavocracy (Solar Soul)
- Jupiterian Vibe (Passage)
- The Cross (Eternal)
- My Saviour (Passage)


Photos Bonus:







Photos et mise en page: DreamSlayer |
Le 26 Mai 2008