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Chronique - Rhapsody of Fire, Legendary Years

Heavy/speed symphonique / AFM Records / Mai 2017


Note technique : 7/10
Note morale : -3/10

Un nouvel album de Rhapsody !

On aurait dit ça il y a quinze ans, on aurait eu comme réponse "Cool ! Écoutons ça !". En 2017, la réponse c'est "Cool, mais on parle de quel Rhapsody déjà ?". Retour en arrière.

A l'origine un groupe mené par Alex Staropoli et Luca Turilli du nom de Thundercross qui rapidement devint Rhapsody. Rhapsody tout court. Bon vous suivez ? Eh oh, on a vécu notre adolescence avec ces mecs là donc écoutez un peu !

Bref, après cinq albums qui butent leur race, écrivant une joli saga et en initiant une deuxième, il fallut changer de nom pour pas se retrouver avec un procès aux fesses de la part de quelqu'un qui détenait des droits sur l'appellation "Rhapsody".

"Merde, faut changer de nom, qu'est-ce qu'on fait ?

_ On appelle ça Rhapsody of Fire !!!

_ Mais pourquoi ?

_ Parce que mon deuxième nom est Fuego !

_ Mais on est italien, pas espagnol, t'es con !"

Et puis, Rhapsody continua, le "Fire" en plus dans le nom, le "Fire" en moins dans la musique,  livra un album fort honorable, se mit en sommeil CAR C'EST LA VOLONTE DE NEKRON LE FILS DU DIEU DES ENFERS et en ressortit pour péniblement accoucher de deux albums supplémentaires et de refermer leur deuxième saga. Et de se séparer.

Oui, de se séparer ! Cette ville est trop petite pour tout ce "Fire" ! Donc ils décidèrent d'envoyer trois membres du côté de Staropoli et quatre du côté de Turilli (avec le batteur qui visiblement savait gérer le "Fire" et était dans les deux) et d'appeler chaque nouvelle entité "Rhaspsody of half a Fire". Se rendant vite compte que c'était la pire idée depuis l'invention du code pour vérouiller les autoradios, on eu "Luca Turilli's Rhapsody" et "Rhapsody of Fire"...

"Ben Alex, t'as pas mis ton nom ?

_ Ben non, tu l'as fait en premier, je garde le nom du group du coup.

_ Mais c'est pas sympa !

_ Eh oh, ça va, en Angleterre ça se siffle pas !"

Du coup chacun a fait son chemin. Et là suivez bien, ça va aller vite. Les gens se sont barrés de "Rhapsody of Fire" qui devenait officieusement "Alex Staropoli's Rhapsody of Fire". Faut les comprendre, jouer devant trois personnes et un chien, ça ne remplit pas le porte-monnaie. Et puis les gens partis sont allés se rabibocher avec Turilli pour faire "Rhapsody Reunion", ou "Everyone but Staropoli's Rhapsody", si vous voulez. Une tournée où ils ne jouent que des morceaux de la première saga, du temps où le groupe s’appelait juste "Rhapsody". Et Staropoli, qu'est-ce qu'il fait ?

Et bien il sort un album. De réenregistrements. De morceaux de la première saga. "Ah oui, vous les jouez sur scène ? Et bien comme moi, personne ne vient plus me voir sur scène, donc je vais faire pareil mais sur cd !"

Avec un line-up tout différent du coup. Laissez place à "Alex Staropoli's Rhapsody of Fire's Rhapsody" !

Et voilà l'album dont nous sommes en train de parler. "Legendary Years" qu'ils ont appelé ça.

Et franchement, si vous avez le droit à cette longue et stupide intro c'est parce que "mais bon sang de bonsoir, qui en veut de cet album ?". Non mais franchement. Si on devait résumer ça serait "oui mais ya pas Fabio".

Alors oui, le son est meilleur, moderne, plus puissant, l'interprétation est solide, le chant est de qualité. Des morceaux comme "Knightrider of Doom" ou "Land of Immortals" sont avantageusement revitalisés mais...mais...si on veut écouter du Rhapsody, on réécoute les anciens. C'est une chose en live, mais en studio, je ne veux pas entendre quelqu'un d'autre chanter "Holyyyyy Thunderfooooooorce". Et puis le chant articule mieux. Qui veut de ça ? Chanter en anglais yaourth par dessus les morceaux nous allait très bien comme ça !

Sinon, les morceaux sont respectés à la note près, les soli en sweeping sont un peu moins fluides que ceux de Turilli mais on tablera sur la volonté de De Micheli d'appliquer son style tout en conservant la ligne originale. En fait, c'est même trop fidèle. On écoute un tribute band de Rhapsody dont l'invité exceptionnel est Alex Staropoli aux claviers. Et le morceau d'entre les morceaux "Emerald Sword" a perdu toute sa mystique, tout ce qui faisait que, même sans avoir été conseillé, le fait d'entendre pour la première fois ce morceau nous poussait à saisir son épée et partir pourfendre les méchants trolls.

Au final, que dire ? On a l'impression de voir la dernière tentative d'un Staropoli de relancer la machine Rhapsody et de donner signe de vie. La tracklist est judicieuse, un peu best-of mais pas que, résumant plutôt bien la saga "Emerald Sword". Si vous n'avez jamais écouté Rhapsody , "Legendary Years" est un point d'entrée de qualité. Si vous êtes bien familiers avec le groupe, épargnez-vous un uppercut dans vos souvenirs dorés d'adolescence et profitez-en plutôt pour vous replonger dans la magnifique discographie de ce groupe. Et bien évidemment, tout ce qui est sorti sous le nom de "Rhapsody of Fire" après le split ne compte pas hein.

L'album dans une coquille de noix : Notice me, Senpai !


Tracklist :

01. Dawn Of Victory

02. Knightrider OfDoom

03. Flames Of Revenge

04. Beyond The GatesOf Infinity

05. Land Of Immortals

06. Emerald Sword

07. Legendary Tales

08. Dargor, ShadowlordOf The Black Mountain

09. When Demons Awake

10. Wings Of Destiny

11. Riding The WindsOf Eternity

12. The Dark Tower OfAbyss

13. Holy Thunderforce

14. Rain Of A Thousand Flames

0 Comments 25 May 2017
Spade

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