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Chronique - Vicinity, Recurrence

Mighty Music, 2017

[Note dans le salon] Première écoute … bonne question ! /10


Vicinity est un groupe de metal progressif norvégien dont le dernier opus remonte à 2013, Awakening.  Le groupe revient donc dans les bacs après 4 ans de réflexions autour du prochain album. Recurrence se veut être un concept album autour « de la nature cyclique de l’humanité », sur sa capacité à apprendre de ses erreurs et sur les conséquences de ses actes sur le monde qui l’entoure. Un vaste programme en somme.

Vous vous demanderez probablement pourquoi il me fut impossible d’évaluer l’album à la première (ainsi qu’aux quelques suivantes par ailleurs) écoute. La réponse est simple : l’album m’est apparu au premier abord très cyclique voire redondant par moments. Cet album est une pure galette de metal progressif, et pour quiconque est un peu novice en la matière, cela peut être assez déroutant.

Qu’à cela ne tienne, les écoutes suivantes, avec une oreille plus attentive, permettent de cerner davantage toutes les subtilités des 6 morceaux structurant l’album. Si vous êtes un amateur de morceaux complexes, aux sonorités fines et sophistiquées, alors prenez le temps d’écouter ce Recurrence.


D’un point de vue global, sur la partie vocale, Alexander Lykke propose une bien belle performance, sa voix étant très égale sur l’ensemble de l’album. Tenant quelques notes bien hautes,le vocaliste ne fait aucune fausse note et ne tremble aucunement sur tous les titres. Sa diction est précise et compréhensible. De ce côté, c’est très bien exécuté et sa voix amène un groove agréable, intense et qui suscite l’envie de continuer l’écoute.

Une fois n’est pas coutume, cet album se composant de 6 morceaux, un petit track-by-track se prête très bien au jeu. Ce sera l’occasion de rentrer davantage dans les compositions dont les subtilités sont le cœur de cet album. Les transitions entre ces quelques morceaux ont été très bien soignées, il faut le noter.

L’album débute par« Unwritten Manifest » qui attaque pied au plancher sur un riff bien maitrisé et alerte.  Cette entrée en matière est un des morceaux les plus directs de l’opus et le plus« lisible » par des novices en prog. Paradoxalement, sa structure mélodique est aussi la plus conventionnelle. Le synthé est très présent, comme en témoigne le petit solo en milieu de morceau, et les rythmes se succèdent plutôt bien, notamment entrainés par une batterie marquée. Le refrain reste bien en tête et la guitare de Kim-Marius Olsen est précise et efficace.

Dans le style direct, l’élément le plus représentatif de l’album est incontestablement« Extinction ». Le titre le plus court de l’opus se veut plus puissant car plus condensé que les autres. De nombreux changements de rythmes à la batterie pour Frode Lillevold bien maitrisés et des couleurs de voix variées pour Alexander Lykke. Le titre fonctionne bien. Prenant, une belle étreinte musicale !

« Phoenix » propose une structure non linéaire et une intensité croissante tout au long du morceau. Un beau solo ouvre le titre et quelques autres se succéderont avec efficacité et un côté plus rock que sur les autres morceaux. Un interlude très marqué (près de 40 secondes !) et empreint d’un sentiment d’apaisement fait croire à un changement de track : le renouveau du phoenix, sa renaissance au milieu de ses cendres ! En bout de morceau, le final est très réussi avec un petit coup de boost bien amené. « Mountainfall » s’inscrit dans un contexte similaire à « Phoenix » mais avec des riffs plus lourds voire heavy.L’atmosphère y est plus pesante bien que l’ambiance ait des points communs avec« Phoenix », comme les lignes de chant par exemple, avec des notes bien tenues.

« Immaterial failure»présente quant à lui un tempo plus modéré voire lent par moment, permettant une compréhension des paroles plus aisée. Un chant plus accessible qui rend l’écoute encore plus agréable d’autant que le morceau est globalement plus épuré que ses petits copains, sans perdre en efficacité et gagnant même en profondeur.

L’album se termine par « The Long Goodbye » de plus de 22 minutes ! Empreint d’une teinte plus épique que les autres morceaux, les envolées vers les aiguës d’Alexander vous tiendront en haleine pendant le temps de cette compo ! Un finish puissant,intense, électrisant par moments durant lequel on se laisse très facilement porter. Un adieu… pour un nouveau recommencement !


~~~[The Final Statement]~~~


Note : 7/10


Ce Recurrence est un album complexe et subtil qui nécessite de tendre l’oreille pour en tirer toutes les couleurs. Les musiciens exécutent leur compo avec brio et le chanteur nous propose une ballade dans une thématique avec conviction. Une invitation au voyage dans ces questionnements sur la nature humaine et sa capacité de capitalisation sur ses expériences rondement menée en somme. Une belle découverte !


Tracklist

  1. The Unwritten Manifest 08:47
  2. Phoenix 10:26
  3. Mountainfall 12:19
  4. Extinction 05:25
  5. Immaterial Failure 08:11
  6. The Long Goodbye 21:52


0 Comments 15 May 2017
Langemar

Langemar

Fanatique des dualités musicales provoquées par le metal : puissance et douceur d'une mélodie, pureté d'un chant clair contrebalancé d'un growl dévastateur... Have fun & stay metal !

 
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