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Entré dans l’histoire du heavy comme « le premier groupe d’André Matos », Viper fait aujourd’hui figure de revenant. Un premier album sorti en 1987, une discographie muette depuis 10 ans (si ce n’est un best of et un DVD anniversaire, deux sorties vraiment anecdotiques), tout laissait croire que Viper n’était qu’histoire ancienne. C’était sans compter sur son fondateur Pit Passarel, qui semble vouloir rentabiliser la renommée de Viper acquise à posteriori grâce à ce cher André Matos, et en récolter aujourd’hui les fruits. All My Life refait même l’histoire en nous offrant notre chanteur brésilien préféré en guest. Sachez, pour la petite histoire, que ce dernier insuffla à Viper une certaine maestria empruntée à la musique classique. Avec sa fougue mélodique et ses arrangements novateurs, Theatre Of Fate, le deuxième album de Viper, n’était que prémices, ceux de la naissance d’Angra, qu’André Matos s’en alla former sitôt après.

Comme on pouvait s’en douter, exit le style punk hardcore développé par la suite, Viper nous la joue « retour aux sources », histoire de capitaliser un maximum l’époque « André Matos ». Et pour couronner le tout, le nouveau chanteur Ricardo Bocci est un clone vocal (un de plus !) de notre brésilien préféré. Je peux bien sûr comprendre la démarche, mais encore faut-il que l’album soit irréprochable. Et à mon avis ce n’est pas vraiment le cas, car à trop vouloir en revenir à ses racines, Viper s’est quelque peu fourvoyé et en a oublié un peu trop l’essentiel.

Je vais donc commencer par les mauvais points. Album de heavy speed mélodique avec un chant très aigu, All My Life m’a fait penser à Soldier Of Sunrise, le premier album du groupe. Mais malheureusement il en reprend aussi les défauts. Si à l’époque les maladresses musicales de Viper furent compensées par leur audace à réinventer un nouveau style, avec arrangements et mélodies originales pour l’époque, j’avoue avoir du mal aujourd’hui à entendre (ou plutôt réentendre) un peu trop sur cet album ces riffs simplistes et ces lignes de chants réchauffées qui se ressemblent toutes. À croire que le chanteur se sent obligé de faire systématiquement les montagnes russes dans les aiguës, parfois au détriment d’être agréable aux oreilles de l’auditeur. Solos de guitares sans folie, jeu de basse impersonnel et refrains trop moyens, voici le lot de certains titres de cet album, tels que do it all again, qui s’avèrent aussi prévisibles et ennuyeux qu’un épisode de Maigret.

Avant de passer aux bons côtés du disque, laissez-moi vous préciser que vous n’y trouverez ni musique orchestrale ni symphonique, tout juste quelques arrangements se font entendre. Vous aurez même droit à des titres bien directs à l’instar de come on come on, dont le break acoustique vous permettra de bien digérer ce titre carrément rock. Je trouve d’ailleurs que c’est sur les passages les plus lents et sur les ballades que le groupe s’en sort le mieux. J’ai apprécié par exemple les forts jolis morceaux not that easy, violet ou love is all, des morceaux assez doux qui dénotent dans le bon sens du terme. Pour continuer à caresser All My Life dans le bon sens du poil, je peux aussi vous parler de miracle et dreamer, deux titres assez réussis qui tirent l’album vers le haut grâce à des envolées bien efficaces et surprenantes à la fois, ou quelques breaks émotifs enchaînant sur de bonnes montées en puissances.

Voici donc un album mi-figue mi-raisin. Avouez que dans le style on a quand même fait bien mieux que All My Life ces dernières années. Si Viper faisait figure de précurseur à ses débuts, cet album-là n’aura pas un tel impact mais pourra vous faire passer d’assez bons moments tout de même. Ne le loupez pas si vous êtes vous un nostalgique de l’époque « André Matos ».
[right]Chris[/right]

0 Comments 24 septembre 2007
Whysy

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