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Technique, rapidité, efficacité, puissance, pas de doute possible, on est bien sur l’album d’un groupe allemand. Mais quand la batterie fracassante rencontre des guitares avides de mélodies et que ce mélange est secoué à la sauce power métal ça donne du Brainstorm. En effet, mon sang n’a fait qu’un tour lorsque la promo est arrivée et je me suis précipité outrageusement sur cet album que je convoitais tant. Downburst arrive donc trois ans après un Liquid Monster d’une qualité indéniable et le départ du bassiste Andreas Mailänder. Cependant la formation menée d’une main de maître par Andy B. Franck parait encore très peu connue malgré un registre composé de bons morceaux, que dis-je des hits ! Le combo allemand sait parfaitement composer des titres entrainants, énergiques et fédérateurs généralement marqués par un rythme quasi mécanique.  Le groupe démarre donc son album par « Falling Spiral Down » qui fait l’effet d’une bombe : des riffs percutants, une rythmique soutenue et quel refrain ! Nos allemands paraissent survoltés et n’hésitent pas à mettre le paquet afin de s’inscrire dans la lignée de son prédécesseur.  La puissance de Brainstorm est toujours reconnaissable et ce qui a fait la renommée du combo transparait au fur et à mesure de l’écoute. Vous le découvrirez, cet album regorge de surprises et de subtilités dissimulées tout au long des titres. Comment ne pas être hypnotisé par les refrains martelants « Fire Walk With Me » et « Surrounding Walls » ? Le chant ‘Andyesque’ de dernière génération respire la puissance et la sensibilité à pleins poumons (« End In Sorrow », « All Alone ») et conserve son petit charme. Le talent et la maîtrise sont des qualités indiscutables que l’on ne peut pas lui enlever. Le chant colle parfaitement aux ambiances et que ce soit de la tristesse ou de l’entrain la justesse de la voix est sans faille. Malheureusement, le merveilleux Andy ne s’aventure que très peu dans des modulations vocales extrêmes comme il a eu tendance à faire dans les précédents opus tels que « Weakness sows its seeds » (Metus Mortis). Pour autant, et malgré un léger manque d’audace, le frontman sort le grand jeu.  La formation démontre, comme à son accoutumée, une grande technique (comparé aux standards du heavy allemand) mais aussi, et c’est là que ça devient intéressant, une bonne dose de spontanéité apparait dans la composition. Ce nouvel élément prend une place prépondérante sur les parties musicales les rendant ainsi plus libres permettant de faire sortir une originalité d’un carcan bien défini (« Stained With Sin »). Les guitaristes expérimentés restent toujours aussi fascinants : rapidité et précision sont maîtrisées ce qui permet aux compères Loncaric et Ihlenfeld de créer des riffs caractéristiques et des mélodies complètement addictives (« How Do You Feel », « Protect Me From Myself »).Les univers que le groupe propose de survoler sont mis en évidence d’une manière impeccable. Des instruments complémentaires sont utilisés pour leurs sonorités et l’ambiance qu’ils confèrent. Le témoignage du clavier sur « Frozen » ou « Stained with Sin » illustre bien cette démarche volontaire.  Par contre le combo assure un minimum mais l’effet n’est pas maximum, en effet Downburst montre des signes d’essoufflements. Une inégalité s’instaure entre les pistes, certains morceaux ne sont pas assez pêchus. Le travail effectué sur la composition (basée principalement sur les harmonies) génère un déséquilibre au niveau de la rythmique. Par rapport à ce que Brainstorm a l’habitude de faire, une baisse de régime dans la puissance se ressent. Principale responsable : la batterie plus calme et plus timide sur la double pédale. L’ensemble parait édulcoré et manque cruellement d’ardeur. Les soli de guitares qui auraient pu être tonitruants sont dilués dans un flux harmonique et compact perdant ainsi de l’importance et de l’intérêt (« Redemption in Your Eyes »). Dernier point, la composition suit une logique déjà utilisée, en effet, par rapport au précédent album, on retrouve la configuration musicale : micro-intro suivi d’un titre percutant et on termine par un titre chargé en émotions. Finalement on croirait plus avoir affaire à un Liquid Monster bis qu’à un album à part entière.  Au final, Brainstorm maintient une place confortable dans l’univers du métal puisque le groupe arrive tout de même à captiver l’attention de l’auditeur durant presque 44 minutes. Mais en tant que fan, je reste un peu sur ma faim. En effet, le groupe a su adapter son style à un power mélodique moins fougueux, cependant le renouvellement du groupe n’est pas à la hauteur pour permettre de se déchainer durant tout l’album. Ne soyons pas non plus trop exigeants car Downburst reste très bon et fait preuve d’une maturité qui reste appréciable. Cet opus propose un éventail mélodique oscillant entre un power endiablé et du heavy mélancolique qui permettront d’initier et de convaincre le profane ou tout amateur du style.  HD

0 Comments 08 janvier 2008
Whysy

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