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"Krasser Mix aus Soilwork, Devin Townsend und Meshuggah!"

A la lecture de la fiche de Textures sur le site de Nuclear Blast, j'avoue que je n'avais pas trop envie de m'intéresser à ce groupe. Car si j'aime Soilwork et Devin Townsend ("sans blague ???"), j'ai vraiment horreur de la musique pratiquée par Meshuggah.

Mais tombé sous le charme de la magnifique pochette du disque, j'ai finalement franchi le pas. Alors ?

Hé bien, si de Soilwork il n'est décidément point question (je me demande franchement où ils ont été chercher ça chez Nuclear Blast), force est de reconnaître que les influences Townsendiennes et Meshugguesques sont présentes tout au long de l'album.

Le disque est divisé en deux parties bien distinctes. Si la première est éminemment technique et assez agressive, la deuxième se montre bien plus tempérée et, au final, beaucoup plus intéressante, car faisant la part belle à des envolées atmosphériques qui ne sont pas loin de vous prendre à la gorge tant elles contrastent admirablement avec d'autres plus brutes de pomme et polyrythmiques à souhait !

"Polyrythmiques ? Kesako ???"

Hé bien, en gros, la musique de Textures, tout comme celle de Meshuggah, fait la part belle à des cassures de rythme qui interviennent toutes les... 10 secondes !!! Autrement dit une musique assez déroutante qui rend vaine toute tentative de taper du pied aux thrashers invétérés pour suivre le rythme, étant donné que celui-ci change constamment !

Reste alors la solution du recueil pur et simple afin de s'imprégner de la musique du groupe mais, là encore, la tâche s'avère ardue et déroutante, l'auditeur étant constamment surpris par ces cassures de rythme incessantes !

On se pose dès lors la question: ce genre de musique ne s'adresse-t-il donc qu'aux musiciens, qui seront beaucoup plus réceptifs à ce qui ressemble plus à de la démonstration qu'à une succession de mélodies inspirées ? En temps normal, comme pour Meshuggah, j'aurais tendance à dire oui, surtout que les titres les plus techniques sont les trois premiers de l'album, comme si le groupe semblait déclarer: "Avis aux non-initiés ou aux non-matheux: cassez-vous !!!". Sauf que là, les Hollandais ont pris soin d'intégrer ce qui fait cruellement défaut à ce style de musique: l'émotion !!!

Car c'est bien là qu'elle se fait sentir, l'influence de Devin Townsend, à travers des ambiances plus calmes, bien plus atmosphériques, parfois même jazzy (si, si !!!), en totale adéquation avec la pochette du disque, et qui mettent ainsi davantage en valeur le côté technique de l'affaire, et inversement, car conférant énormément de chaleur à un ensemble qu'on aurait pu craindre plus clinique. Certains passages semblent même sortis tout droit des albums Ocean Machine ou Terria du Canadien, dès la fin du troisième titre "Denying Gravity", pour être précis (sans doute le titre le plus époustouflant d'un strict point de vue technique, la batterie suivant à la perfection les incessantes variations de rythme de la guitare, et non l'inverse), mais également sur "Upwards", où l'on a l'impression que Dame Nature se réveille aux premières lueurs du soleil, le long et varié "Touching the Absolute" ou encore le très bel instrumental "Surreal State of Enlightment", dont on aurait aimé pour le coup qu'il soit plus long et varié.

Mais il ne faut surtout pas oublier l'apport essentiel d'un chanteur visiblement fort impliqué dans ce projet. En effet, si Eric Kalsbeek se révèle furieusement hardcore dans les titres les plus rêches et techniques de l'album, c'est dans les morceaux plus apaisants qu'il fait réellement des merveilles, sa voix pouvant même rappeler par moments celle de... Mike Patton, ex-Faith No More et actuellement chez Fantômas, notamment sur le titre "Regenesis".

Toutefois, malgré ces nombreuses influences, il reste indéniable que le groupe est en train de se construire sa propre personnalité, l'ensemble des sonorités n'appartenant définitivement qu'à lui-même. Précisons qu'il s'agit seulement du deuxième album de Textures et c'est également le premier qui intronise Eric au poste de chanteur. De même, la production est ici absolument exemplaire ! Entièrement autoproduit par le groupe, le disque dispose en effet d'un son résolument organique, chaleureux et, n'hésitons pas à le dire, tout simplement parfait, particulièrement au niveau des guitares et encore plus de la batterie ! Franchement, bravo !

Au final, Drawing Circles est un album déroutant donc, mais dans le bon sens du terme, car il invite sans cesse l'auditeur à en découvrir toujours plus au fil des écoutes. Gageons que le troisième album de Textures sera celui qui leur fera prendre leur envol !

0 Comments 15 novembre 2006
Whysy

Whysy

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