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Vous savez ces pièces que vous entendez à la radio et que vous détestez instantanément ? Ces pièces de Hard/fm tournant sur le pop que vous jugez destinées à un public de moutons avec peu d’esprit critique ? Ces pièces qui, à ce moment même où vous les jugez avec si peu de vergogne, s’incrustent dans votre tête pour ne plus en ressortir? : I don’t wanna close my eyyyes !

C’est par cette analogie, certes exagérée, que je croyais bon de débuter la chronique de ce sixième album des Italiens d’Elvenking. Si Red Silent Tides n’est tout de même pas comparable à Aerosmith ou à Brian Adams, il faut dire que le groupe emprunte cette fois-ci une démarche musicale beaucoup plus "soft" que celle expérimentée sur The Scythe. Alors que ce dernier album régulier du groupe versait dans un Power beaucoup plus agressif et beaucoup moins orienté Folk que ses prédécesseurs, Elvenking semble avoir décidé de faire marche arrière. Ainsi, Red Silent Tides, sans retrouver ses influences folkloriques, au grand dam de votre serviteur, aurait pu se situer entre The Winter Wake et The Scythe. Tout en restant essentiellement un album de Power Metal, l’accent pris ici est décidément plus axé vers le Hard FM que vers le Death Melodique. Fini les tentatives de chants macabres à la Dani Filth, Damnagoras fait place à un style lyrique (et vestimentaire) beaucoup plus … ‘agréable’ pour l'auditeur moyen.

Ce qui accroche instantanément, et d’où l’origine de cette analogie aux grands (sic) du Hard Fm, c’est l’indiscutable explosion d’une des marques de commerce du groupe : créer des airs et des refrains entraînants, accrocheurs et facilement mémorisables. Silence de Mort, The Cabal, Those Days, What’s Left of me, autant de pièces aux refrains explosifs que vous vous surprendrez à fredonner par inadvertance. Les harmonies vocales supportant la voix de Damna rehaussent à merveille l’effet, qui est d’ailleurs amplifié par une production supérieure. Les solos d'Aydan sont généralement efficaces, les airs entraînants et empreints de positivisme bref, Red Silent Tides a, à premier abord, tout ce qui faut pour plaire à un public élargi.

Évidemment, ce constat ne va pas sans revers de la médaille. L’orientation généralement plus ‘soft’ de la musique s’accompagne par un abandon total des éléments plus risqués qui avaient été expérimentés par le passé. Abandon évidemment des quelques growls qui pouvait être entendus ici et là par (partis avec Jarpen semble-t-il), mais abandon aussi de structures de pièces plus développées ou plus longues. Elvenking joue ici la carte de la facilité et cherche à garantir son succès chez un plus grand nombre d’auditeurs en se contentant de répéter ce qu’il sait faire de mieux, en omettant l’aspect folk de sa musique. En effet, alors que le violon et les structures musicales traditionnelles étaient à l’honneur sur les excellents albums qu’étaient Wyrd et The Winter Wake, on assiste ici à un abandon de ces sonorités qui avaient fait la gloire du jeune groupe italien. Certes, le violon est toujours présent, mais il sert plus souvent qu’autrement à appuyer les lignes de guitares en suivant une structure rythmique qui n’a plus rien de folk. Ainsi, les fans des premières heures, tout en fredonnant les entêtants refrains comme tout le monde, risquent d’être déçus. Pas de On the Morning Dew, de Disillusion’s Reel, de Poem for the Firmament. À leur place, une ballade mielleuse ( Possession ) et tout ce qui a de plus déjà vu, jusque dans son solo que l’on a déjà entendu un nombre incalculable de fois. Notons toutefois l’utilisation de guitares classiques en intro de Runereader et de This Nightmare will never end, et la contribution remarquable du violon dans cette excellente Runereader, sans contredit la pièce la plus réussie avec son break épique et particulier.

Red Silent Tides est un album décidément difficile à jauger. D’un côté, l’expérience et la maturité acquises d’Elvenking leur ont permis de créer un monstre de mélodies explosives et de refrains accrocheurs. La balance entre des pièces plus soft et l’Identité Power est bien réalisée et l’accroche est immédiate. D’un autre côté, le groupe n’a pas pour ce faire pas cru bon de conserver ce qui le rendait original. Sa musique est plus simple, plus homogène et moins extravagante. Un album qui ira chercher beaucoup de nouveaux fans, mais à ce rythme, le Power / Folk d’Elvenking n’aura bientôt de folk que le nom...

0 Comments 07 octobre 2010
Whysy

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