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Solid State, retenez bien ce nom. Sous ce patronyme se cache un de ces rares groupes dont on ne devine l'origine française qu'après être allé faire un tour sur leur site web. Car, à une époque où beaucoup de groupes français ont du mal à trahir leurs racines, il est toujours agréable, sans pour autant faire un excès de chauvinisme, de tomber sur un tel groupe, de plus originaire de la côté d'Azur, et le voir livrer un album qui ferait rougir n importe quelle formation d'outre-manche et outre-atlantique. Expliquons-nous. Cet album, "So Solid" de son nom, deuxième effort du groupe réussit l'exploit de brasser une quantité impressionnante de styles et influences différents, tout en gardant une grande cohérence, malgré la forte hétérogénéité se dégageant de l'ensemble.

Car il faut l'avouer, aux premières écoutes, "So Solid" déstabilise. D'une intro symphonique sautillante, on passe directement à un métal rock rentre-dedans pouvant rappeler "The Lightseekers" avec A Night at the Opera, opener parfait s'il en est, pour rebondir sur du mid-tempo très hard US (For All Mankind), voire du rock "à la Offspring" sur A Place in Your Life, et chaque fois avec talent, sens de la mélodie et exécution irréprochable. Et ces titres demeurent malgré tout les plus conventionnels, car Solid State a beaucoup de cordes à son arc, se révèle à l'aise pour les ballades et ira même nous offrir un festival de cuivres pour le déjanté Sweet, sorte d'improbable morceau rock semblant venir d'îles éloignées, fort pourvu en percussions diverses.

A ce point là, on en vient à se demander "Mais c'est quoi ce groupe ?". Il faut avouer que cet album pourrait bien être un recueil de reprises que ça ne choquerait personne. Mais, en prenant un peu de recul, on entend un groupe qui s'éclate, qui mélange tout et n'importe quoi et le fait bien, ceci étant peut-être bien leur marque de fabrique. Après tout, si deux éléments sont bons, il n'y a pas de raison pour que le mélange des deux soit mauvais, non ?

Car, quand on chante "I hate you, bitch !" sur un morceau bien remuant à grand renfort de trombones, ou que l'on nous emmène dans le désert de la Vallée de la Mort avec Vegas Legacy, ajoutant en bonus des claquettes et des guitares hispanisantes, il faut savoir faire preuve d'éclectisme et l'assumer fièrement. Et c'est ce point qui fait la force de cet album : Solid State ratisse large mais ne se perd jamais en route, parvenant à être crédible dans tous les styles abordés et à y adapter son jeu, tel un caméléon. D'ailleurs, il faut remarquer l'excellente prestation de Pit Ljunggrenc, vocaliste passe-partout, ne montrant jamais un signe de faiblesse, et ce malgré l'explosion stylistique en vigueur ici. C'est donc là qu'il faut souligner la prestation du groupe, parvenant à faire mouche à chaque morceau, même quand il se la joue folk tzigane avec Band on the Road, narrant les aventures d'un groupe, et y incluant violons et banjos, donnant une touche "country" et décalée au morceau, preuve de la volonté de diversifier le propos en permanence, quitte à rajouter des invités.

En définitive, un album très surprenant, voire déroutant au premier abord, qui s'avère être une grande réussite, faisant preuve d'une grande originalité, sans pour autant révolutionner quoique ce soit, possédant un son à la qualité exemplaire et gardant le cap de l'excellence peu importe les mers où il navigue. Moi je dis bravo.

0 Comments 01 septembre 2010
Whysy

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