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Putain 20 ans...

Vingt années de chef d’œuvres, de réussites et d'échecs, de changements de personnel, de retours et de départs: en 2016, Borknagar fête ses 20 ans. Le bel âge.

Son mastermind, guitariste et principal compositeur Oystein G. Brun, a réussi, une fois de plus après Urd, à réunir une dream team proprement hallucinante, et surtout, et c'est là l'exploit, à les faire ressembler à une véritable équipe. C'est donc tout naturellement qu'il est difficile de distinguer qui a écrit quoi, et qui chante quoi exactement, ou presque.

On ne va pas se cacher plus longtemps, Winter Thrice est une réussite presque parfaite, qui frise le monumental. Varié, puissant, mélodique comme jamais, la place de chaque instrument, chaque chœur, chaque ligne de chant est soigneusement étudiée et travaillée sur cet album. Fidèles à leur réputation, les membres du groupe sont au sommet: Baard Kolstad, le batteur, est à un niveau technique qui efface presque Asgeir Mickelson; Brun, le patron, a su cette fois mettre ses tics de composition soit en sourdine, soit habilement en exergue; Jens Ryland, le fidèle et toujours efficace, n'est pas en reste, et le trio  de star mélodiques (Vortex, Vintersorg et Nedland) est cette fois-ci en véritable osmose, alternant les parties de chant au sein des mêmes morceaux.

Ces morceaux, justement, sont au pire excellents (Panorama, When Chaos Calls, Erodent), au mieux exceptionnels (The Rhymes Of The Mountain, et les autres). Fait rare, aucun d'entre eux n'est passable, dans chaque morceau on distingue aisément des moments de bravoure, des sursauts d'orgueil, conséquence de la grande variété des structures. Seul point négatif, récurrent dans l'écriture de Brun, l'enchainement de ces structures semble parfois un peu forcé, mais c'est un moindre mal.

Au rayon des chefs d’œuvre, quatre pièces sortent nettement du lot. L'original Noctilucent, presque instrumental, presque rock, répond à Cold Runs The River, avec sa production eighties du meilleur effet et son refrain incroyablement épique. Pour les deux autres (Winter Thrice et Terminus), Brun a sorti le grand jeu en invitant son ancien chanteur et actuel leader d'Ulver, le magique Garm, et le résultat, s'il est magnifique sur Winter Thrice, est carrément merveilleux pour Terminus, même si sa fin légèrement abrupte symbolise les défauts précédemment évoqués. Mais ce cri ("Terminuuuuus"), en réponse à la voix chaude de Kristoffer Rygg, parfait pendant aux stridences de Vintersorg et Vortex, ce cri est magistral, et ce morceau est tout simplement génial.

Pour fêter ses 20 ans, Borknagar a réussi l'exploit de proposer un album magnifique et original, rempli de perles et de pépites, meilleur que Urd (déjà somptueux), et qui laisse espérer vingt années de bonheur supplémentaires. En conclusion hors-sujet, un dommage collatéral à noter, en ce qui me concerne: la frustration de réaliser que Garm, malgré la vénération que je lui voue, est un meilleur chanteur de black metal que de post rock-ambient expérimental-drone sixties. Même si j'adore le post rock-ambient expérimental-drone sixties. Ecoutez donc Terminus, et dites-moi qu'on a pas l'impression qu'il est fait pour ça.

0 Comments 15 janvier 2016
Whysy

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